Journée “Fac morte” à l'université de Lille pour dénoncer le manque de moyens et la précarité étudiante

Un "Die In" organisé ce jeudi sur le campus de Villeneuve-d'Ascq. / © FRANCE 3
Un "Die In" organisé ce jeudi sur le campus de Villeneuve-d'Ascq. / © FRANCE 3

Les cours et la recherche se sont arrêtés à l'Université de Lille ce jeudi pour dénoncer les réformes en préparation ainsi que la dégradation des conditions de travail et la précarité des étudiants. 

Par YF avec AFP

Sciences Po Lille bloqué, un cortège funèbre sur le campus de Moulins, un "Die in" organisé à Villeneuve-d'Ascq avec des étudiants gisant sur le sol... les actions symboliques se sont multiplées ce jeudi sur les différents sites de l'Université de Lille pour cette journée "Fac morte".

"On fait cours face à des étudiants qui ont faim, on fait cours face à des étudiants qui n'ont pas les moyens de se soigner correctement, on fait cours mais on n'a même pas assez de salles de cours, assez de chaises, de collègues, on est obligé de recruter chaque année des hordes de vacataires pour faire - tant bien que mal - cours à nos étudiants, on est dans une situation de déni de ce service public qu'est celui de l'enseignement, de déni de tous les mécanismes de solidarité dans ce pays", dénonce Marie Glon, enseignante chercheuse en arts. "On est là pour dire non à cette situation".
 
"On fait cours face à des étudiants qui ont faim" dénonce Marie Glon, enseignante chercheuse à Lille
Entretien réalisé par Sergio Rosenstrauch

Dans une tribune publiée ce jeudi, les enseignants et les étudiants mobilisés expriment également leur opposition à la réforme des retraites, ainsi que leurs craintes sur la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) "qui s’apprête à organiser une "sélection darwinienne"".

"Ils interpellent également Frédérique Vidal, la ministre chargée de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. "Que comptez-vous faire pour améliorer les conditions de la vie étudiante ?", interrogent-ils. "Faut-il attendre un deuxième acte d’immolation de la part d’un-e étudiant-e pour vous décider à lancer un vrai plan de lutte contre la précarité étudiante ? 38% des étudiant-es sont boursier-ères à l’échelle de l’université de Lille, dont près de 50% en Sciences humaines et sociales. Ils et elles subissent de plein fouet la dégradation des conditions d’enseignement, l'insuffisance générale du montant des bourses (la plus élevée est de 5 612 euros par an, soit un revenu mensuel qui les place en dessous du seuil de pauvreté) et la réforme des APL qui un impact considérable sur leur niveau de vie."
 

Coordination nationale


"Nous exigeons la mise en place de dispositifs pérennes permettant aux étudiant-es de vivre dans des conditions dignes et de se consacrer à leurs études, le recrutement de personnels enseignants et administratifs pérennes, des budgets  dédiés et la construction de nouveaux locaux", écrivent-ils.
 
Un "Die In" organisé à l'Université de Lille pour dénoncer la précarité étudiante
Images de Sergio Rosenstrauch à Villeneuve-d'Ascq.

Cette journée d'action a été lancée par une Coordination nationale des facs et labos en lutte qui dit rassembler au moins 111 universités et écoles, 290 labos et 145 revues scientifiques. Une manifestation s'est déroulée à Paris ce jeudi : elle a réuni  8600 personnes selon la préfecture, plus de 25 000 selon les organisateurs.

La Coordination nationale se réunira vendredi et samedi pour décider les suites à donner au mouvement.  
 

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