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Législatives : les députés PS Nicolas Bays et Dominique Baert renoncent à se représenter

Nicolas Bays et Dominique Baert ne retourneront pas au Palais Bourbon / © MaxPPP
Nicolas Bays et Dominique Baert ne retourneront pas au Palais Bourbon / © MaxPPP

A la veille de l'annonce des investitures d'En Marche!, deux députés socialistes "Macron-compatibles" Nicolas Bays (12e circonscription du Pas-de-Calais) et Dominique Baert (8e circonscription du Nord) ont déclaré - à la surprise générale - qu'ils ne brigueraient pas un nouveau mandat à l'Assemblée.

Par YF

Dominique Baert, 57 ans, justifie son choix par les nouvelles règles sur le non-cumul des mandats. "Je choisis de rester maire de Wattrelos : ma ville de cœur, celle dont le quotidien et l’avenir me passionne", explique-t-il sur son blog. "En l’état actuel des choses, je ne serai donc pas candidat aux élections législatives des 11 et 18 juin prochains. L’envie ne m’en manque pourtant pas. D’abord parce que je voudrai soutenir les projets d’Emmanuel Macron et la nouvelle impulsion qu’il veut donner à la France. Ensuite parce qu’il reste à faire pour nos villes de Roubaix et de Wattrelos. (...) La loi m’interdit de poursuivre cette tâche. Je le regrette, chacun le devine. Mais le choix que je fais aujourd’hui ne surprendra pas ceux qui me connaissent bien."

Dominique Baert et Emmanuel Macron à la fête des Berlouffes à Wattrelos en septembre 2016 / © MaxPPP
Dominique Baert et Emmanuel Macron à la fête des Berlouffes à Wattrelos en septembre 2016 / © MaxPPP

Député de la 8e circonscription du Nord depuis 2007, le maire socialiste de Wattrelos avait reconquis de haute lutte son fauteuil de député en 2012 : il s'était présenté en dissident contre le candidat écologiste investi par le PS et EELV ce qui lui avait valu d'être exclu de son parti. Réintégré en 2014, on le disait prêt à rejoindre En Marche!, le mouvement d'Emmanuel Macron, pour lequel il avait déroulé le tapis rouge, en septembre dernier, lors de la fête des Berlouffes. "J’ai su très vite qu’il serait notre seule chance face à Marine Le Pen. C’est l’homme le plus brillant que je connaisse", s'extasiait-il dimanche soir auprès de nos confrères de Nord Eclair, après la victoire du nouveau président de la République. Dominique Baert n'excluait pas alors d'obtenir l'investiture macronienne. "Je ne m’auto-désigne pas, mais si ce n’est pas moi, il faudra un soutien clair au président de la République. (...) J’ai pris mes responsabilités en le soutenant. Je ne lui ai rien demandé, mais je lui apporterai tout mon soutien."


Nicolas Bays jette aussi l'éponge

Député PS de la 12e circonscription du Pas-de-Calais (Liévin), Nicolas Bays semblait prêt à rempiler lui aussi. Le jeune élu de 39 ans avait de nouveau obtenu l'investiture socialiste mais semblait lorgner lui aussi le camp d'Emmanuel Macron. Le 13 janvier dernier, il avait accompagné le futur président de la république lors d'un déplacement dans le bassin minier. Le 26 avril, il était dans les premiers rangs de son meeting à Arras, lui claquant ostensiblement la bise. Mais finalement Nicolas Bays ne se représentera pas aux législatives... ni pour le PS, ni pour En Marche!.

Nicolas Bays et Emmanuel Macron lors du meeting d'Arras du 26 avril 2017 / © Capture d'écran chaîne Youtube d'En Marche!
Nicolas Bays et Emmanuel Macron lors du meeting d'Arras du 26 avril 2017 / © Capture d'écran chaîne Youtube d'En Marche!

"En 2012, j’ai été élu en tant que député socialiste et fier de l’avoir été. Mais force est de constater qu’aujourd’hui je ne me retrouve plus dans ce parti et notamment la ligne portée par Benoit Hamon lors de l’élection présidentielle", justifie-t-il dans une lettre aux électeurs postée ce mercredi sur son blog. "Certains ne se formaliseraient pas de ces désaccords et iraient solliciter une investiture sous une autre étiquette mais ça n’est pas ma conception de la politique. J’adhère aux propositions et au programme porté par En Marche! et de fait j’aurai pu être le candidat de ce parti aux prochaines élections législatives comme on l’avait évoqué directement avec Emmanuel macron. Mais ayant été désigné par les militants socialistes de la circonscription, cela se résumerait pour moi à trahir leur confiance."


Partie difficile

Curieusement, ces renoncements de Dominique Baert et Nicolas Bays interviennent simultanément à la veille de l'annonce officielle des investitures d'En Marche!, rebaptisée La République en Marche pour les législatives. Les deux députés ont-ils su qu'ils n'étaient pas retenus et ont-ils préféré prendre les devants ? Pour l'un comme pour l'autre en tout cas, la partie s'annonçait compliquée. Bien que réélu dès le 1er tour aux dernières municipales à Wattrelos, Dominique Baert aurait eu fort à faire pour ces législatives. Dimanche, sa ville n'a voté pour Emmanuel Macron qu'à une petite majorité (51,53%). Marine Le Pen (Front National) a réussi des scores très élevés qui l'ont placée en tête au 1er tour (33,92%), devant Jean-Luc Mélenchon (23,28%), arrivé premier sur la circonscription (29,60%).

Emmanuel Macron et Nicolas Bays (à droite) à Noeux-les-Mines le 13 janvier 2017 / © MaxPPP
Emmanuel Macron et Nicolas Bays (à droite) à Noeux-les-Mines le 13 janvier 2017 / © MaxPPP

A Liévin, la situation était encore plus périlleuse pour Nicolas Bays puisque Marine Le Pen a rassemblé dimanche 60,52% des suffrages dans la 12e circoncription. En 2012, le jeune député était parvenu à "sortir le sortant", Jean-Pierre Kucheida, privé d'investiture PS après sa condamnation pour abus de biens sociaux lors du procès des frais de la Soginorpa. Mais son étoile depuis a pâli. En octobre dernier, Nicolas Bays a été mis en cause dans le livre Nos très chers émirs des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot qui l'accusent d'avoir tenté d'obtenir des faveurs de l'ex-ambassadeur du Qatar en France. Plus récemment, le magazine "C Politique" (France 5) a révélé que son assistant parlementaire formait des lobbyistes à rédiger des amendements "clés en main" pour les députés. 

"J’ai été victime d’attaques personnelles par voie de presse, laissant sous-entendre que ma probité était en cause et qui sont allées jusqu’à impliquer ma famille", déplore Nicolas Bays dans sa lettre adressée aux électeurs. "Des attaques qui, sans fondements, n’ont été suivies d’aucune procédure de quelle sorte et qui ont pourtant jeté une opprobre qui laisse encore aujourd’hui des traces"

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