Les salariés de Valdunes "se méfient" de la reprise par l'Allemand Navigator Group

Une société d'investissement allemande propose une reprise des deux usines Valdunes sans suppression d'emploi. Mais les salariés ne voient pas ce projet d'un bon œil, craignant une revente très rapide.

"On prend les mêmes et on recommence !" Voilà la crainte exprimée par Maxime Savaux secrétaire CGT CSE chez Valdunes après l'annonce de la reprise potentielle des deux usines par la société allemande Navigator Group.

En mai dernier, les salariés de Valdunes, spécialisés dans la fabrication d'essieux et de roues pour le ferroviaire, située à Trith-Saint-Léger, près de Valenciennes, et Leffrincoucke, près de Dunkerque, ont appris que l'investisseur chinois Ma Steel ne financerait plus l'entreprise. Après une longue période de grève, la CGT a proposé un projet de reprise par un consortium Alstom-SNCF au ministère de l'Économie. 

Mais c'était sans compter sur l'apparition d'un nouvel acteur dans la balance. Navigator Group, une société d'investissement allemande, s'est proposée pour reprendre les deux usines de Valdunes.

Ce projet ne plaît pas beaucoup aux salariés. "On se méfie de ce projet parce qu'il est dans une logique à court-terme, détaille Maxime Savaux. Une revente est déjà annoncée d'ici 3 ou 4 ans." Par ailleurs, il est reproché à Navigator Group de n'avoir "aucune expertise industrielle sur le ferroviaire".

Le groupe allemand ne dispose pas encore de plan d'investissement, mais devrait faire une proposition "d'ici la fin de la semaine prochaine", rapporte le syndicaliste. Le problème, c'est que Navigator Group envisagerait déjà de s'approvisionner chez Ma Steel, l'industriel chinois qui s'est retiré de l'investissement de Valdunes en mai. D'où le sentiment de "prendre les mêmes et on recommence".

Le projet de reprise par un consortium Alstom-SNCF avance

Si aucune suppression d'emploi n'est envisagée, la CGT craint que les salariés soient soumis "à une pression supplémentaire pour faire des bénéfices rapidement".

Mais Maxime Savaux reste confiant sur la situation : "Bercy voulait un repreneur avec des fonds propres. S'ils n'ont pas de financement, l'État ne devrait pas être d'accord pour leur fournir."

Le projet de consortium Alstom-SNCF "continue d'avancer", promet le syndicaliste. "Est-ce que ça va se faire ? On ne sait pas, mais si l'État et Bercy font en sorte que ça parte dans le bon sens, le projet pourrait être concrétisé", conclut-il.

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