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Cinq choses à savoir sur la punaise diabolique dont la présence a été signalée dans la métropole lilloise

La punaise diabolique est une espèce très invasive et dangereuse pour les cultures. / © Aurelien Morissard/MAXPPP
La punaise diabolique est une espèce très invasive et dangereuse pour les cultures. / © Aurelien Morissard/MAXPPP

La population de punaises diaboliques a de fortes chances d'exploser dans les années à venir en France. Signalé dans la métropole de Lille, ce nuisible qui hiberne dans les habitations présente un grand danger pour l'agriculture. Voici ce qu'il faut savoir pour réagir au mieux.

Par Margot Desmas

Elle ressemble à s'y méprendre à sa cousine européenne, mais en bien plus invasive. La punaise diabolique, ou Halyomorpha halys, est en pleine période de reproduction et sa population pourrait bien exploser en France. On compte déjà plus de 2 000 signalements depuis fin 2018, alors qu'elle n'a débarqué en Europe qu'au début des années 2000.

Un foyer a notamment a été signalé en métropole lilloise, selon Jean-Claude Streito, spécialiste de cette espèce, qui s'est exprimé auprès de France 3 Grand Est. Un chiffre pas franchement alarmant par rapport aux nombre de signalements reçus à Strasbourg, Bordeaux ou Paris, mais il pourrait bien aller en s'accroissant.

Voici ce qu'il faut savoir sur cet insecte venu d'Asie (et surtout comment s'en débarrasser) si vous découvrez tout juste son existence.

 

Est-elle dangereuse pour l'Homme ?


Dans l'immédiat, pas vraiment. Etant donné la population actuelle, les risques pour la santé sont limités, estime l'Anses. Le problème pourrait prendre de l'ampleur si la population venait à croître car "Halyomorpha halys [est] capable d’induire une sensibilisation allergique avec des effets cliniques significatifs : rhinites et conjonctivites."
 

"Le risque pour la santé humaine est donc potentiellement important en cas de fortes pullulations", poursuit l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail dans son étude. Mais rappelons-le : l'insecte est inoffensif même lorsqu'il dégage une odeur nauséabonde. Par ailleurs, il ne cause aucun dégât aux biens, aux denrées alimentaires ou aux animaux domestiques.

En clair, pas de panique pour le moment. Très peu de pics d'allergies ont encore été signalés en Europe, même dans les plus importants foyers de punaises diaboliques.

 

Que peut-on craindre ?


Le problème principal vient de sa capacité à se reproduire (très) rapidement. "Il est probable que l’invasion se poursuive en France et le suivi de sa progression est important", commente l'INRA sur son portail e-phytia qui recense les signalements d'animaux nuisibles. Après un hiver passé bien au chaud dans les habitations, Halyomorpha halys sort de son sommeil au début du printemps pour se préparer à sa période de reproduction.

Elle peut faire des petits sur toute la période estivale avec une moyenne de quatre à six pontes par saison et 20 à 30 oeufs par ponte, rapportent encore nos confrères de France 3. Mais quels sont les risques avec une population décuplée ? Le plus à craindre serait des ravages sur les cultures.
 

Gerard Lorriaux

La punaise diabolique (halyomorpha halys), encore appelée punaise marbrée envahit notre région. Elle sent très mauvais quand on l'écrabouille. Elle se nourrit de tous les végétaux. Photo de mon...


L'analyse de l'Anses a conclu qu'il s'agissait d’un insecte qui, potentiellement, pouvait infliger de lourdes pertes à de nombreuses productions agricoles parmi les plus importantes pour la France, aussi bien dans l'arboriculture, la viticulture, que le maraichage. "Il existe très peu de mesures de gestion disponibles, efficaces et dont la mise en place soit envisageable pour contrôler l’invasion d’H. halys en France", relève également l'Anses.

Aucune solution n'a été trouvée pour stopper la progression de cet insecte hautement nuisible ou même éviter de nouvelles introductions sur notre territoire. "L’éradication n’est plus envisageable de même que le confinement", estime l'agence. Pour l'heure, l'évolution de la population est surveillée de près et des moyens d'information de la population ont été mis en place. Pourtant recommandé par le rapport de l'Anses, aucun programme de recherche européen n'a encore été mis en place pour trouver des solutions durables.

 

A quoi ressemble-t-elle ?


Au premier coup d'oeil, pas évident de distinguer la punaise diabolique de sa cousine européenne. Il faut se pencher de près sur le petit insecte pour le reconnaître. Le plus simple : observer ses antennes. Si elles comportent deux marques blanches, c'est une punaise diabolique. S'il y en a trois, c'est une punaise européenne.
 
© INRA
© INRA

Plus généralement, le nuisible mesure entre 12 et 17 millimètres de long. De couleur brun-jaunâtre tirant parfois sur le rougeâtre, il est densément marqué de points sombres, parfois verdâtres par endroit.

 

Comment s'en débarrasser ?


Pas si simple de faire décamper ce nuisible. Première des choses : "garder son calme !", recommande l'INRA. Elle rentre dans les maisons uniquement pour hiverner donc pas de panique. Et pour s'en débarrasser, l'insecticide n'est pas le meilleur moyen : "les insectes arrivant de l’extérieur, un traitement tuera les punaises présentes mais n’empêchera pas l’entrée de nouveaux arrivants, précise le document. Un traitement insecticide présente plus de risque pour la santé qu’une infestation par la punaise diabolique."
 

Donc le plus simple est d'aspirer l'insecte avec un aspirateur au fur et à mesure qu'il pénètre dans la maison. Ils peuvent être ensuite éliminés avec les déchets ménagers ou tués en les noyant ou brûlant les sacs. Mais l'écraser serait une très mauvaise idée : la punaise émet une mauvaise odeur qui empesterait la maison.

Par contre, il n'existe pas de moyen efficace d'empêcher leur arrivée. "Fermer les fenêtres et les ouvertures, ou mettre des moustiquaires réduit le nombre d’insectes qui peut entrer", propose e-phytia.

 

Que faire si vous en trouvez ?


Après vous être séparé des nuisibles, vous pouvez signaler leur présence en utilisant l'application Agiir de l'INRA. Elle permet de reconnaître plusieurs insectes invasifs afin de déclarer leur présence et d'évaluer leur population. Pour cela, deux possibilités vous sont offertes.

Vous pouvez vous inscrire gratuitement sur le site ephytia via l'onglet "inscription". Une fois connecté, l'onglet "Ajouter une observation" apparaît et vous pouvez accéder à la page déclarative et rajouter une observation et une photo si nécessaire. Sinon, téléchargez l'application sur Google Play ou l'Apple Store.

 

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