Deûlémont : un commerçant de bateaux incarcéré pour avoir vendu des embarcations à des migrants

Un concessionnaire de bateaux basé à Deûlémont dans la métropole lilloise a été placé en détention, dans l'attente de son jugement le 2 mai prochain, pour avoir vendu des embarcations à des migrants. Dans ce même dossier, un chauffeur de taxi est également incarcéré.
L'entreprise Fluvialys à Deûlémont a été placée sous scellé.
L'entreprise Fluvialys à Deûlémont a été placée sous scellé. © Frédérik Giltay - France 3
Le gérant d'une société de commerce de bateaux de Deûlémont a été placé en détention vendredi 22 mars, sur décision du tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, dans l'attente de son jugement le 2 mai prochain pour "aide aux migrants en bande organisée". Une information de La Voix du Nord confirmée par le parquet de Boulogne et par l'avocat du prévenu, Me Mathieu Masse.

Il est reproché à l'entrepreneur d'avoir depuis début octobre vendu plusieurs bateaux pneumatiques (semi-rigides, d'une valeur d'une dizaine de milliers d'euros) à des réseaux de migrants en vue de traverser la Manche.

 


Mesure "extrêmement coercitive"


Me Masse a d'ores et déjà fait une demande de remise en liberté de son client, jugeant son incarcération "extrêmmement coercitive et complètement injustifiée". 

"Le fait d'avoir vendu des bateaux ne fait pas de lui quelqu'un qui a aidé les migrants à traverser la Manche. Il fait juste du commerce et ça le met dans une situation catastrophique", plaide l'avocat. "On ne peut pas poursuivre un concessionnaire de voitures pour avoir vendu un bolide qui plus tard servirait à du trafic de drogues", poursuit-il.

Dans ce dossier, un chauffeur de taxi a également été placé sous mandat de dépôt, accusé d'avoir transporté des migrants sur les plages d'où sont parties des embarcations pour l'Angleterre. Me Masse conteste par ailleurs la qualification de "bande organisée" : "En réalité ce sont deux personnes qui sont prévenues, un chauffeur de taxi et un vendeur de pneumatiques, mais il n'y a ni migrant, ni passeur. Pourquoi il n'y a que deux personnes ?" s'interroge-t-il. 

Selon lui, le parquet de Boulogne avait requis à l'encontre du patron de Fluvyalis un simple placement sous contrôle judiciaire dans l'attente de l'audience qui a été reportée à début mai.



 
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