• MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • SPORT
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

La braderie de Lille, un événement unique qui a traversé les siècles

Peu de changements entre 1995 et aujourd'hui, les rues de Lille sont toujours aussi bondées pour la braderie. (archives) / © THOMAS COEX / AFP
Peu de changements entre 1995 et aujourd'hui, les rues de Lille sont toujours aussi bondées pour la braderie. (archives) / © THOMAS COEX / AFP

La braderie de Lille 2016 qui devait avoir lieu le 3 et le 4 septembre est annulée. Coup dur pour la ville qui, chaque premier week-end de septembre, compte près de deux millions de "bradeux" dans ses rues. Retour sur l'histoire de cet événement qui puise son origine au Moyen-âge.

Par AFP

L'annulation vendredi de l'édition 2016 de la braderie de Lille, prévue début septembre, constitue un coup dur pour toute une région qui attend impatiemment chaque année cette festivité populaire, événement unique ayant traversé les siècles.

Ce "carnaval du commerce", devenu le plus grand vide-grenier d'Europe, puise son origine au Moyen-âge, puis ressuscite dans le sillage de mai 1968 pour devenir depuis vingt ans un événement international.

L'origine de la braderie remonte au XIIe siècle avec la "franche foire" durant laquelle "les commerçants venus de l'extérieur ont l'autorisation exceptionnelle de vendre à Lille, dont les habitants ont le reste du temps le monopole du commerce", explique Elodie De Vreyer, dans "La braderie, une histoire lilloise". Les échanges sont "francs", c'est-à-dire sans taxe.

Mais le nom de braderie apparaît plus tardivement, lorsqu'au XVe siècle des marchands commencent à vendre des volailles, rôtir se disant "braaden" en flamand. Cet événement se transforma au XVIe avec la possibilité offerte aux domestiques de vendre une fois l'an les objets usagés accumulés dans les greniers de leur maître.

Annulée entre 1939 et 1944

La braderie subsiste au XIXe siècle, où elle dure alors neuf jours, désormais avec son lot de forains. Mais dans cette ville ouvrière et en partie pauvre comme le souligna Victor Hugo dans "Les caves de Lille", la braderie permet surtout au petit peuple de récupérer quelques "vieuseries" à bon compte.

Entre le premier conflit et les années 1960, la braderie décline, ne devenant plus qu'un grand marché, alors que Lille a connu à deux reprises l'occupation allemande et son lot de destructions. Entre 1939 et 1944, la ville de Lille, occupée pendant quatre ans, renonce à sa braderie, pour la dernière fois avant l'édition 2016.

Dans le sillage de mai 1968 et de la libéralisation des moeurs,  elle retrouve de son allant, devenant un événement plus festif, comme l'explique Jacques Richir, adjoint à la mairie. "Ce sont les jeunes qui lui ont redonné du dynamisme, Lille devenant une grande ville étudiante", dit-il.

Déplacée au samedi et dimanche

L'événement prend une tournure nationale à partir de 1996 quand le maire socialiste de l'époque, Pierre Mauroy, décide de l'organiser non plus les dimanche et lundi, ce deuxième jour étant férié pour les habitants de la métropole, mais les samedi et dimanche, permettant aux "bradeux" de venir de loin.

Et depuis une vingtaine d'années, la braderie s'était fortement internationalisée avec des visiteurs danois, chinois, japonais ou italiens, sans parler des Belges et Anglais voisins.

Revers de la médaille : de nombreux Lillois estiment qu'en raison de cet afflux, la braderie y a laissé son âme et fuient leur ville et ses rues engorgées de "bradeux" chaque premier week-end de septembre.

Sur le même sujet

Luka Elsner en conférence de presse avant le match de l'ASC face au LOSC

Les + Lus