Confinement allégé: des clients lillois enthousiastes face à des commerçants plus nuancés

En ce premier jour de réouverture des commerces, clients et commerçants lillois étaient bien au rendez-vous. Face à l'enthousiasme des flâneurs, des vendeurs qui espèrent rattraper le mois de novembre.   
File d'attente dans les rues du Vieux-Lille.
File d'attente dans les rues du Vieux-Lille. © Jean-Marie Barféty
Les clients l’attendaient avec impatience, et nous aussi”. Autant espérée des professionnels que des consommateurs, la réouverture des commerces non essentiels, annoncée par Emmanuel Macron et déclinée localement par les préfets du Nord et du Pas-de-Calais, a bien eu lieu ce samedi 28 novembre. 

Commerce de proximité, coiffeurs, libraires, ou grande surface, les magasins ont à nouveau ouvert leurs portes, à l’exception des restaurants, bars, discothèques et salles de sport qui n'ouvriront, au mieux, que le 20 janvier.
On pouvait observer, bien avant l’ouverture, de longues files d’attente dans les rues piétonnes de Lille. Certains ont en effet préféré venir très tôt pour “éviter le monde et pouvoir flâner correctement”, comme dans ces deux cinquantenaires, venues “se faire plaisir en faisant du shopping".
 

Je veux me faire plaisir. C'est open bar !


Cette jeune femme, première cliente à franchir les portes d’une boutique de cosmétiques, a un programme très serré : “Je vais faire différentes boutiques du centre-ville, voir les nouvelles collections, m’acheter mes petits produits et me balader”. Parmi les autres clients matinaux, ce quarantenaire explique qu'il n'a “pas trop acheté sur internet ces dernières semaines”. Très enthousiaste, il précise: “Je vais me faire plaisir. C’est open bar !”.
 

Côté commerçants, c’était l’effervescence, tant avant qu'après l’ouverture. Dans ce salon de coiffure du vieux Lille, le planning est plus que complet pour les dix prochains jours.  “Le téléphone a commencé à sonner dès mardi soir, après les annonces de Macron, explique la gérante. Les clients ne sont pas que lillois, certains font même plus de vingt kilomètres pour venir chez nous”.
 

ça va être compliqué de récupérer le mois de Novembre



Le responsable clients et service d'une grande enseigne de Lille se dit, quant à lui, ravi de rouvrir ses portes, même s'il ne se fait guère d'illusion : "Les deux derniers mois de l’année représentent 20% de notre chiffre d’affaires annuel, ça va être compliqué de récupérer le mois de Novembre. On fera le point dans une semaine". Un sentiment partagé par Romuald Catoire, président de la fédération lilloise du commerce interrogé à la mi-journée, pour qui : "Ce matin, ça a été calme, mais pas catastrophique, car l'équation pour un retour à la normale n'est pas complète".

Déplorant d'une part la fermeture des bars et cafés qui "privent les clients du plaisir d'aller boire un bon café ou de manger au restaurant le midi", et d'autre part, le périmètre de 20 kilomètres limitant la zone de chalandise, il estime que : "L​​​​es clients ont été au rendez-vous, mais de manière plate et fade, car nous n'avons eu que la clientèle intra-muros : ni les Lensois, ni les Belges n'ont pu venir jusqu'à nous".
Optimiste, il souligne cependant que ces règles vont permettre aux commerçants lillois de "faire venir, et peut être fidéliser, ces clients plus locaux".

Afin de lisser un maximum les flux, d'optimiser l'affluence des clients et de garantir le respect du nouveau protocole, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont autorisé ces professionnels à ouvrir jusqu'à 21h, ainsi que tous les dimanches de cette fin d'année.    



 
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