Covid-19 : isolement, tests, classes fermées, mails aux parents... On fait le point dans le Nord et le Pas-de-Calais

De nombreuses écoles sont d'ores et déjà confrontées à la gestion du Covid-19. Faut-il fermer des classes ? Faire tester massivement ? Repérer les cas contact ? Voici quelques exemples dans le Nord et le Pas-de-Calais. 
Dans une classe à Strasbourg, le 1er septembre 2020
Dans une classe à Strasbourg, le 1er septembre 2020 © FREDERICK FLORIN / AFP

Des cas suspects ou confirmés de Covid-19, il y en a forcément beaucoup en cette rentrée 2020. De nombreux établissements sont d'ores et déjà concernés et doivent prendre des mesures, informer les familles, être vigilants. Des tests, des avertissements aux parents, des fermetures... On sent bien que le protocole prévu par la Direction Générale de la Santé demande beaucoup de discernement et de "cas par cas"...

La règle est la suivante : "Au moindre symptôme, (toux, et/ou fièvre, et/ou troubles digestifs) les enfants doivent être testés" et "en cas de test positif, l'exclusion de la classe est de 7 jours, durée pouvant être prolongée", souligne la DGS. "Le dépistage d'une classe entière n'est justifié que dans deux cas de figure : si le professeur ou 2 enfants sont testés positifs. La classe peut être fermée si au moins 3 enfants sont positifs", poursuit-elle. Comment est-elle appliquée concrètement en cette période de rentrée ? Voici quelques exemples. 

A Leforest, 5 enseignants placés à l'isolement et remplacés

A Leforest dans le pas-de-Calais, la réactivité de l'Inspection d'Académie a été testée dès la rentrée. Une agent municipal du service scolarité a été testé positif le week-end dernier. Dans la foulée, un autre agent et deux enseignants ont reçu le même verdict. Résultat : deux enseignants placés à l'isolement et même cinq puisque l'Inspection académique a décide de ne prendre aucun risque et de demander aux trois autres enseignants de ne pas revenir tout de suite.
Covid-19 : mise en quarantaine de 5 enseignants dans une école de Leforest
Cinq remplaçants ont donc été envoyés dans l'école.  "Pour protéger les 3 autres enseignants, même s’ils étaient négatifs, il s’agit de prendre le maximum de précaution", a expliqué lundi en conférence de presse Joël Surig, inspecteur académique du Pas-de-Calais. 

A Lille, au lycée La Salle : un élève positif vient en cours

Dans ce lycée du quartier Vauban à Lille, un étudiant en BTS 1ère année est venu mardi matin en cours pour la rentrée. Il avait pourtant des symptômes du Covid-19 et avait passé un test. L'après-midi, ce dernier s'est révélé positif.

De quoi obliger le chef d'établissement à écrire un mail de rappel des règles de bon sens aux parents. Il s'y dit "consterné" de cette attitude de la famille qui aurait dû ne pas envoyer le jeune étudiant. "J'ai voulu redire qu'il faut avoir du bon sens, explique Philippe Delvallée, chef d'établissement. On ne vient pas en cours quand on a des symptômes. Il faut agir de manière responsable."

Le rectorat a été informé et il a répercuté le souci à l'ARS. Elle n'a pas préconisé de mise en place de tests dans la ou les classes concernées. "Ils m'ont dit que le risque était minime dans la mesure où les gestes barrière ont été respectés. On peut s'en étonner mais c'est la procédure. Je ne peux pas décider de faire des tests, c'est aux autorités de santé de décider."

A Montreuil-sur-mer, Hem, Lille-Hellemmes, Nouvelle-Eglise et Sorrus : 5 classes fermées

Dans le Pas-de-Calais, secteur de Montreuil-sur-mer (Pas-de-Calais), la décision de fermer des classes a déjà été prise deux fois depuis la rentrée. A Sorrus, une élève de CM1-CM2 a été testée positive. On ignore combien de temps la fermeture de classe va fermer. Même situation dans une classe de maternelle à Montreuil même.

A Hem (un élève de CM2), Nouvelle-Eglise (une institutrice) et Lille-Hellemmes (un élève), 3 cas confirmés de Covid-19 ont aussi incité les autorités à fermer les 3 classes concernées.

A Lille, au lycée Notre-Dame-de-la-Paix : des cas suspects et des élèves isolés


Le lycée Notre-Dame-de-la-paix à Lille a aussi communiqué auprès des parents dès ce mercredi autour de cas suspects. "Certains élèves n'ont pas pu faire leur rentrée, écrit la direction. Nous remercions les parents qui nous ont indiqué qu'ils faisaient tester leurs enfants au COVID et que ceux-ci ne réintègreraient le lycée qu'à l'issue d'un test négatif." Certains élèves en contact avec les cas suspects sont cependant venus en cours. Le lycée leur a demandé de ne revenir qu'après un test négatif. Un rassemblement au Touquet ces derniers jours serait à l'origine d'un "cluster jeune".

Selon nos informations, des cas positifs ont également été détectés au lycée du Collège de Marcq (Nord) et La Croix Blanche (Bondues).

A Cappelle-en-Pévèle, une école fermée

Dans ce village de la Pévèle, c'est toute l'école élémentaire qui a été fermée ce vendredi. Une dizaine d'animateurs du centre de loisrs et un élèves ont été testés positifs.

A Fenain, 14 profs remplaçants

Une enseignante de l’école Joliot-Curie de Fenain (Nord) a été testée positive au Covid-19 ce mercredi. "Cet enseignant n' a jamais eu de contact avec les enfants sans port du masque comme le prévoit le strict protocole sanitaire", précise la mairie de Fenain. Par précaution, ses 13 collègues ont été placés en quatorzaine. Ils ont été remplacés par 14 enseignants.

Seule la classe de CP est fermée jusqu'à nouvel ordre. 
Et en France ?
Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé ce vendredi que 22 établissements scolaires étaient fermés (10 en métropole, 12 à La Réunion) sur un total de 60 000. De plus, "une centaine de classes" sont fermées, "ça varie évidemment chaque jour", a ajouté M. Blanquer, précisant qu'environ 250 protocoles pour des suspicions de cas étaient déclenchés quotidiennement. 

Le Premier ministre, Jean Castex, a reconnu aussi qu'il y avait plusieurs fermetures de classes scolaires en raison de cas avérés de Covid-19, "mais ce n'est absolument pas généralisé", a-t-il souligné, en marge d'un déplacement à Châlons-en-Champagne. "On ne peut pas dire qu'il y a de plus en plus d'école qui ferment. Il y a des endroits localisés - mais c'était tout à fait prévu - où l'on constate que des enfants et des personnels ont le virus", a fait valoir le chef du gouvernement.
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