Faches-Thumesnil : le maire LFI décroche le portrait d'Emmanuel Macron pour contester sa politique climatique

Ce jeudi 11 mars, Patrick Proisy, le maire la France insoumise de Faches-Thumesnil a décidé de retirer le portrait du président de la République, Emmanuel Macron. Un geste pour dénoncer le "vide" de la politique climatique du gouvernement actuel. 

Faches-Thumesnil : Patrick Proisy, le maire, décide de décrocher le portrait d'Emmanuel Macron pour contester sa politique climatique "inexistante"
Faches-Thumesnil : Patrick Proisy, le maire, décide de décrocher le portrait d'Emmanuel Macron pour contester sa politique climatique "inexistante" © Page Facebook Patrick Proisy, maire LFI de Faches-Thumesnil

"La ville s'est déclarée en urgence climatique en septembre dernier. On a voulu laisser un espace libre en décrochant le portrait d'Emmanuel Macron pour symboliser le vide de sa politique écologique", explique Patrick Proisy, maire la France insoumise de Faches-Thumesnil.  

C'est après le conseil municipal de ce mercredi 11 mars que Patrick Proisy a décidé de faire ce geste : "Cette action n'est pas bien méchante", se justifie-t-il. "Quand je vois les retours sur les réseaux sociaux, j'ai l'impression d'avoir fait un crime de lèse-majesté, mais j'ai juste déplacé le portrait du président de la République pour le mettre dans la salle des mariages, aux côtés des autres président de la Ve République."

Son mécontentement contre la politique climatique s'appuie sur les conclusions rendues par la Convention citoyenne pour le climat. Celle-ci avait été constituée en octobre 2019 par le Conseil économique, social et environnemental. Elle regroupe 150 citoyens tirés au sort parmi la population française pour "définir les mesures structurantes pour parvenir dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % d'ici 2030 par rapport à 1990."

Dans un rapport, cette Convention formule 149 propositions qu'Emmanuel Macron s'engage à soumettre au Parlement ou par réferendum, à l'exception de trois d'entre elles.

"Un sacré pied de nez", selon le maire insoumis. "Le président a rejeté les trois quart des propositions ou les a tellement modifiées qu'elles ne correspondaient plus.C'est un signe que la politique du gouvernement n'est pas la hauteur alors que les scientifiques tablent actuellement sur un réchauffement climatique de 3 degrés.

Coup de communication ou réelle utilité ? "C'est de la politique. Je pense que les maires doivent avoir des engagements politiques et des positions un peu courageuses pour amener sur le devant de la scène certains sujets. Sinon, nous ne sommes plus que des administrateurs ou des gestionnaires."

Une action pour soutenir Gaspard Fontaine

Lors de son action, Patrick Proisy a invité le militant écologiste Gaspard Fontaine pour décrocher le portrait du président. Début mars, ce jeune Amiénois avait déjà décroché le portrait présidentiel, à Amiens.

En théorie, cet acte est interprété par la loi comme un acte de "rébellion" contre l'Etat et est passible de 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Gaspard Fontaine comparaît ainsi devant le palais de justice d'Amiens le 23 mars prochain.

Le militant de 19 ans a expliqué son geste sur le site du mouvement populaire et non-violent pour relever le défi climatique ANV-COP21 : "Amiens, c'est la ville où a grandi [Emmanuel, ndlr] Macron, dans un milieu privilégié, tandis que les enfants qui y grandissent actuellement n'auront pas les mêmes chances, surtout si on leur laisse un climat dévasté."

Patrick Proisy, en tant que maire, ne risque rien pour son geste. Ce qui n'est pas le cas des militants écologistes contre qui mairies et pouvoirs publics ont porté plainte.

Une jurisprudence favorable

Pourtant,  le 27 octobre 2020, pour la première fois, un tribunal a prononcé une relaxe à l'encontre de militants décrocheurs du portrait du président de la République

Le tribunal correctionnel d'Auch s'est effectivement basé sur le fondement de l'exercice de la liberté fondamentale d'expression "dans l'hypothèse où l'action en premier lieu révélant une protestation politique/militante poursuivie pénalement s'inscrit dans un débat d'intérêt général, en deuxième lieu qu'elle soit nécessaire au travers d'une action contextualisée non violente et très limitée dans le temps, en troisième lieu, qu'elle soit strictement proportionnée et enfin que les sanctions pénales encourues ne puissent être considérées comme proportionnées."

Au total, une trentaine de procès consécutifs à la campagne de désobéissance civile "Décrochons Macron" du ANV-COP21 ont déjà eu lieu ou sont programmés dans les jours à venir. 

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