"C'est d'autant plus triste qu'on n'est pas dans une concurrence directe", interdiction des foodtrucks à Euratechnologies à Lille

Le 1er octobre 2023, les foodtrucks ne devront plus travailler sur le parvis de l'ancienne usine Le Blan-Lafont à Lille. Une perte de chiffres d'affaires conséquente pour les premiers concernés. La mairie explique qu'il s'agit de ne pas pénaliser les restaurateurs qui payent des loyers, mais la pilule a tout de même du mal à passer pour les gérants de foodtrucks.

"Non aux foodtrucks toute l’année, mais ils sont bien contents d’attirer un monde de dingue pour le street food festival ! On a besoin de vous, mais seulement quand on le décide… serions-nous des pions ?!?", interroge Mathilde dans le cadre d'une pétition signée pour maintenir les foodtrucks.

Les foodtrucks... Comme celui de Claire Devianne, gérante de "Peko Peko", bruit que le ventre fait quand il a faim (en japonais) et qui est installée sur l'emplacement d'Euratechnologies depuis bientôt 10 ans. Elle a sa tournée dans la métropole lilloise tout au long de la semaine, à Wasquehal, Roubaix - Tourcoing et Lille Saint-Sauveur et vient chaque vendredi midi, pour sa principale journée en termes de chiffre d'affaires, à Lille Euratechnologies. 

Il faut dire que le site, où une ancienne usine textile a été réaménagée en incubateurs de start up, compte plusieurs milliers de salariés. Et autant d'estomacs à remplir à la pause déjeuner. 

"La colère n'est pas le sentiment qui m'anime. Je suis plutôt triste. En 10 ans on a très peu loupé de services et, au fil des années, on connaissait bien nos clients. C'est d'autant plus triste qu'on n'est pas dans une concurrence directe avec les autres restaurateurs au niveau du budget, du temps de service etc.", confie Claire Devianne, qui estime qu'Euratechnologies représente 30% de son chiffre d'affaires. Pour elle, les solutions proposées ne sont pas adaptées.

Le pont de Canteleu situé sur l'avenue de Dunkerque à Lille (à côté de la clinique du Bois) est à un kilomètre du site d'Euratechnologies et "un restaurant japonais existe déjà dans le secteur".

"Protéger les restaurateurs"

Le 1er octobre 2023, les foodtrucks qui sont sur l'emplacement public aux pieds d'Euratech devront en effet quitter l'endroit. La mairie n'a pas renouvelé son appel d'offres pour ce site car une dizaine de restaurateurs se sont plaints d'une espèce de concurrence déloyale. "Les restaurateurs ont des loyers à 3000 euros par mois, sans compter les autres charges qui n’ont pas baissé. Alors que les foodtrucks ont une redevance d’occupation à l’année de 2700 euros", explique Arnaud Deslandes, adjoint au commerce à la Ville de Lille, dans un article d'actu.fr.

Depuis le Covid-19 et la généralisation du télétravail pendant un ou deux jours par semaine, les restaurateurs auraient des baisses de chiffre d'affaires allant jusqu' à 40%. Et la ville de décider de ne pas renouveler aux foodtrucks l'autorisation de venir sur le parvis de l'incubateur.

Il nous faut des laboratoires de cuisine pour préparer à manger. Et ces cuisines nous les louons entre 1 500 euros et 2 500 euros par mois

Bruno Grost, foodtruck Thaiger

Peko Peko, qui emploie 6 personnes, et Thaiger (3 personnes) déclarent cependant, également tous les deux payer des loyers. "Il nous faut des laboratoires de cuisine pour préparer à manger. Et ces cuisines nous les louons entre 1 500 euros et 2 500 euros par mois", explique Bruno Grost, du foodtruck Thaiger. Ce dernier estime par ailleurs qu'il y a beaucoup de sandwicheries dans le secteur et pas forcément des restaurants. Clara Devianne, abonde sur le point des laboratoires. "Cela fait 2 000 euros par mois de loyer, plus la facture d'électricité, plus l'essence pour les groupes électrogènes", cela commence à faire 'cher' pour la gérante.

Si bien qu'une pétition, recueillant plus de 1 500 signatures, "Gardons nos foodtrucks à Euratechnologies" a été mise en ligne avec quelque 280 commentaires. Dont celui de Dana qui explique que "les foodtrucks nous permettent d'avoir l'option de choisir notre repas. Il n'y a pas beaucoup d'options pour les personnes en cdd qui ne peuvent pas avoir une carte specifique d'achat repas" ou celui de Cyril : "Les restaurants de cette zone ne proposent pas assez de variétés pour les végétariens / vegan. Les food trucks permettent d'élargir cette variété de produits". 

La mairie (que nous n'avons pas jointe aujourd'hui) quant à elle, propose une réévaluation de la situation dans un an.  

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