Lille : le camp de Roms de Pont-Royal évacué à cause de la braderie ?

Il restait quelques caravanes ce matin, dans le camp déserté de Pont-Royal. / © France 3 Hauts-de-France
Il restait quelques caravanes ce matin, dans le camp déserté de Pont-Royal. / © France 3 Hauts-de-France

Le père Arthur Hervet 

Par France 3 Hauts-de-France

Le campement Rom installé Porte d'Ypres à Lille, au niveau de l'échangeur de point Royal, a été évacué mardi matin, dès 7h30.

Une décision de justice

Environ 70 personnes logeaient ici, elles ont été averties à l'avance de l'opération et la plupart des familles avaient déjà quitté les lieux la veille au soir.

Le site vide, l'opération s'est donc déroulée dans le calme. Le matériel abandonné, quelques caravanes notamment, sera stocké par la MEL le temps de permettre aux éventuels propriétaires de réclamer leurs biens.

Cette évacuation répond, selon la préfecture, a une décision de justice prise le 8 février. La décision autorise la ville de Lille et la MEL, qui en ont fait la requête, à déloger tous les véhicules, baraquements et habitants du camp. 


Selon les autorités, le camp présentait notamment un danger pour la sécurité routière. / © France 3 Hauts-de-France
Selon les autorités, le camp présentait notamment un danger pour la sécurité routière. / © France 3 Hauts-de-France

 

 

Les quelques caravanes restantes ont été déplacées et stockées. / © France 3 Hauts-de-France
Les quelques caravanes restantes ont été déplacées et stockées. / © France 3 Hauts-de-France


La braderie de Lille mise en cause


Pourquoi expulser maintenant les habitants, quelque six mois après la décision de justice ? Officiellement, la mairie invoque un risque pour la sécurité routière. 

Mais selon le père Arthur Hervet, qui gère l'association Père Arthur, ami des pauvres et qui vient en aide depuis dix ans à la communauté Rom du Nord, il y a une raison évidente.

"Il va y avoir la braderie, soupire-t-il. Ils ont bradés les enfants pour la braderie de Lille. Je suis allé les voir avant-hier soir, ils se sont parqués au rond-point pasteur. Ils seront chassés un jour ou l'autre. C'est une vraie chasse à l'homme, je ne peux plus le supporter..."

Aujourd'hui, le père Arthur ira distribuer des chapelets aux enfants qui le lui ont demandé. "Je vais leur remettre cette décoration, pour montrer ce n'est pas normal. Ce ne sont pas des rats, ce sont des enfants d'Homme, qui voudraient aller à l'école, et surtout être considérés comme des êtres humains." 

Le père Arthur Hervet dans l'un des camps Rom de Lille, en 2013 / © DENIS CHARLET / AFP
Le père Arthur Hervet dans l'un des camps Rom de Lille, en 2013 / © DENIS CHARLET / AFP

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