Lille : les commerçants et le déconfinement, l'important c'est d'y participer

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Écrit par Martin Fort
Dans la boutique Culture Denim, ce mercredi 19 mai.
Dans la boutique Culture Denim, ce mercredi 19 mai. © Martin Fort / France Télévisions

Les commerçants des boutiques de vêtements du Vieux-Lille ne croulaient pas sous les clients ce mercredi 19 mai, jour de leur réouverture et du déconfinement. Mais ils étaient quand même heureux d'y participer. 

Parait-il que le bonheur est contagieux. Et ce mercredi 19 mai, celui qu'affichaient les restaurateurs et leurs clients du Vieux-Lille, heureux de retrouver le chemin du café, du plat du jour et de la bière en terrasse, s'était propagé à tous les commerçants du quartier. Même à ceux des boutiques de vêtements, satisfaits de travailler à nouveau et de participer à cette journée symbolique, sans pour autant bénéficier d'un succès d'audience identique pour le jour de leur réouverture.

"On les attend, nos clients !", rapportait en une formule Sophie, de la boutique pour femmes Antoine et Lili, rue de la Monnaie. Elle était imprégnée de sentiments mélangés : "nous sommes contents évidemment mais nous voulons travailler et les gens semblent encore être sur la réserve. Ils ne pensent pas forcément à venir dans les boutiques de vêtements. Vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Vous aviez envie d'en acheter aujourd'hui ?". Réponse par le biais de Valérie, responsable du magasin Marco Serussi, une marque qui vend des chemises et des cravates, notamment : "les gens ont préféré aller dans les restaurants. Tout le monde ne parlait que de ça ces derniers jours". Malgré sa boutique vide de clients, elle ne paraissait pas désoeuvrée et tenait à le montrer : "j'ai beaucoup de boulot, je suis débordée. Nous avons eu des livraisons dernièrement et je dois les intégrer au magasin". Valérie affirmait attendre le week-end et son lot de clients belges avec impatience : "le Vieux-Lille, c'est un quartier touristique, on fait beaucoup de ventes grâce à eux le week-end"

"Le click and collect permettait de ne pas déprimer et de garder un lien avec les clients. Mais cela restait minime en termes de chiffre d'affaires"

Plus prompt à compter les jours que les clients, Sam, patron de la boutique indépendante de vêtements Culture Denim, relevait que cela faisait 67 jours, soit depuis le 19 mars, que son magasin était fermé. Une situation qui ne pouvait plus durer. "Il fallait bien que ce déconfinement arrive un jour. Lundi et mardi, on était chaud ! Nous avons tout remis en ordre dans la boutique pour la mettre sur son 31", explique-t-il, réjouit. Il assure : "ça a bien commencé ce matin, comme si nous étions un samedi" et dresse le portrait de clients enthousiastes, "contents de nous revoir".

Marie, de la boutique de vêtements pour femme Poupette, se veut également positive malgré son magasin vide à l'instant T : "y'a eu du monde ce matin", lâche-t-elle derrière son masque sans plus de précisions. Soulagée d'être autorisée à recevoir à nouveau des clients, elle mesurait bien le changement que cela représentait financièrement et moralement : "le click and collect permettait de ne pas déprimer et de garder un lien avec les clients. Financièrement, c'était mieux que rien mais cela restait minime en termes de chiffre d'affaires"

Pour trouver des flâneurs avec un passé d'acheteur, il fallait regarder les adolescents, déambulant en bande dans les rues de la ville, le temps d'un mercredi après-midi vacant de cours en ligne. Souvent, on y trouvait à leur bras des paquets estampillés de logos de grandes chaînes. Mao et Célestine, collégiennes de 15 ans, assises au pied de l'opéra et entourées de paquets Zara, Bershka et Stradivarius, en témoignaient : "j'ai économisé plein de sous avec le Covid !", confiait la deuxième en énumérant ses achats. Ce mercredi 19 mai, certains avaient bien choisi de consommer pour se consoler.

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