Lille : pour leur centième action, les “Déboulonneurs” s'en prennent à cent panneaux publicitaires

Le collectif lillois des Déboulonneurs mène des actions de barbouillage des panneaux publicitaires depuis 2006. Ils fêtent ce dimanche leur centième action. / © MAXPPP
Le collectif lillois des Déboulonneurs mène des actions de barbouillage des panneaux publicitaires depuis 2006. Ils fêtent ce dimanche leur centième action. / © MAXPPP

Le collectif anti-pub des Déboulonneurs mène une action coup de poing ce dimanche 25 mars à Lille. Pour sa centième action, le mouvement compte recouvrir cent panneaux publicitaires à Lille. 

Par Mahaut Landaz

Ils défendent un droit de "non-réception" de la publicité. Les Déboulonneurs, ce collectif lillois antipub, orchestre ce dimanche 25 mars le barbouillage d'une centaine de panneaux publicitaires à Lille. "La plus grande action antipub jamais tentée" dans la ville, indiquent-ils sur leur site internet.  

Pour ceux qui souhaitent venir apporter leur pierre à l'édifice, rendez-vous a été donné en début d'après-midi place du marché aux chevaux, à deux pas de la station de métro République-Beaux Arts.

Pour la journée mondiale contre la publicité, le collectif propose cinq parcours de barbouillage, dont un à vélo et un autre adapté aux personnes ayant du mal à se déplacer.


Dans la soirée du samedi, certains panneaux publicitaires lumineux avaient été recouverts dans le métro.

Samedi 24 mars dans la soirée, plusieurs publicités avaient déjà été recouvertes à la station République-Beaux Arts. / © Mahaut Landaz
Samedi 24 mars dans la soirée, plusieurs publicités avaient déjà été recouvertes à la station République-Beaux Arts. / © Mahaut Landaz


Ce dimanche on pouvait voir des panneaux barbouillés à la bombe de peinture d'inscriptions telles que "Légitime réponse", "Moins de pub, plus de place", "M... à la pub", "Aliénation mentale". Avec des traits d'humour, comme ce "La pub nous soûle" sur une publicité pour un alcool. 

"Faites l'amour, pas les magasins", peut-on lire sur ce panneau à deux pas de la Grand Place. / © Lou Kisiela
"Faites l'amour, pas les magasins", peut-on lire sur ce panneau à deux pas de la Grand Place. / © Lou Kisiela


Nous ne sommes pas des délinquants. C'est un ultime recours, car nous avons déjà essayé de changer la loi. 

Une action que le collectif décrit comme de "la désobéissance civile assumée, non-violente et conviviale". "Nous ne sommes pas des délinquants. C'est un ultime recours, car nous avons déjà essayé de changer la loi, mais il y a beaucoup d'argent derrière ce marché de la pub", précise Camille, porte-parole du mouvement. 

Pour les Déboulonneurs la pub est un danger pour la société 

"La liberté d'expression ne veut pas dire qu'on a le droit d'imposer son message à tout le monde. Aujourd'hui nous sommes dans une situation où un très petit nombre d'annonceurs, parce qu'ils ont de l'argent, sont en mesure d'imposer leur message", défend Camille. 

Les publicités pour des alcools forts sont souvent situées aux abords des collèges et des lycées


Pour les membres du collectif, la publicité représente un danger pour la société, de par son abondance et son hypervisibilité dans l'espace public"Par exemple, les publicités pour des alcools forts sont souvent situées aux abords des collèges et des lycées", affirme-t-elle. 

Limiter l'affichage publicitaire à 50 par 70 cm 

Le point de départ des parcours, c'est là où est né le collectif il y a déjà 12 ans. Depuis, les Déboulonneurs ont mené 88 opérations de barbouillage et ont démonté trois panneaux publicitaires.


Concrètement, ils réclament un durcissement de la réglementation sur la pub dans l'espace public. "Notre action ne s'arrêtera que lorsque les pouvoirs publics limiteront l’affichage publicitaire à 50 par 70 cm, comme l'affichage associatif et politique, avec une contrainte stricte de densité et l'interdiction absolue de tout écran lumineux", peut-on lire sur leur site internet.

"Comme ça, ceux qui veulent lire les pubs pourront s'approcher et les autres n'y seront pas contraints", conclut la porte-parole. 





Sur le même sujet

Marcq-en-Baroeul : une minute de silence en hommage au gendarme Arnaud Beltrame

Près de chez vous

Les + Lus

Les + Partagés