A Lille, les policiers mettent menottes à terre parce qu'ils se sentent "insultés"

Les policiers réagissent aux déclarations du ministre de l'Intérieur, dans un contexte de relance des manifestations contre les violences policières et d'accusations de racisme.

Menottes à terre, ils chantent la Marseillaise et scandent "Castaner démission"... Devant le commissariat central, quelques dizaines de policiers ont manifesté ce jeudi soir. Une réaction de colère face aux déclarations de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur. 

"L'objectif est de montrer à la France qu'on ne baisse pas les bras malgré une grosse démotivation. Aujourd'hui, les collègues se sentent insultés, en colère, c'est pour ça qu'ils ont décidé de sortir et de mettre leurs menottes à terre", a expliqué Xavier Leveau du Syndicat Unité SG Police.

A Lille, les policiers mettent menottes à terre parce qu'ils se sentent "insultés"

Si, selon Unité-SGP, Christophe Castaner a concédé une "erreur" en évoquant lundi l'hypothèse d'une suspension d'un agent en cas de "suspicion avérée" de racisme, les causes du courroux sont plus larges : l'interdiction de recourir à la "clé d'étranglement" comme technique d'interpellation, ce qui équivaut, selon les syndicats, à les laisser sans moyen pour arrêter des personnes violentes, ainsi que la "tolérance zéro" pour les faits de racisme dans la police, vue comme une accusation générale. 

Mais aussi, le contexte, celui de la mort de George Floyd aux Etats-Unis sous le genou d'un policier, qui a ravivé en France les accusations de violences policières et de racisme. Accusations emmenées par le comité Adama Traoré du nom d'un jeune homme noir décédé en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes.

 

Licornes

Le matin, des policiers de Roubaix et de Tourcoing avaient aussi manifesté avec des licornes bisournous et des deguisements sur la tête.

"Les flics de France ne considèrent plus Christophe Castaner comme le supposé premier flic de France. Il nous a lâchés lundi, nous a jetés en pâture lundi. A lui de regravir l'Everest de la confiance", a tonné Yves Lefebvre, secrétaire général de Unité SGP Police, qui a appelé ses collègues "à ne plus interpeller, à ne plus intervenir".

A l'appel de ce syndicat, des rassemblements ont eu lieu en fin de journée dans de nombreuses villes de France, comme à Saint-Etienne, Marseille, Nice, Bordeaux, Bobigny, Toulouse... "Je vois dans ces images la marque et les témoignages de l'amertume, de la tristesse et de la lassitude" des policiers qui ont "le sentiment d'être victimes d'amalgame", a réagi dans la soirée sur BFMTV Michel Lavaud, porte parole de la police nationale.

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a apporté son soutien aux policiers : "Il ne faut pas créer de présomption de culpabilité ou leur faire de faux procès, mais tout simplement les respecter. Ils ont tout mon soutien".

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
police société sécurité