Naufrage à Calais : les corps de quatre afghans rapatriés par leurs proches

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Écrit par Yacha Hajzler et Léo Marron
Au moins 200 personnes étaient présentes devant le parc Richelieu de Calais pour rendre hommage aux 27 migrants décédés en mer mercredi 24 novembre.
Au moins 200 personnes étaient présentes devant le parc Richelieu de Calais pour rendre hommage aux 27 migrants décédés en mer mercredi 24 novembre. © © Martin Vanlaton / FTV

Après le naufrage qui a coûté la vie à 27 personnes au large de Calais le 24 novembre, les familles peuvent enfin venir rapatrier les corps de leurs proches décédés. C'est le cas à Lille, où quatre victimes afghanes ont été mises en bière.

"Le jour des funérailles, c'est très important. Ici on n'est pas nombreux, mais le jour des funérailles en Afghanistan, on verra au moins 500 000 personnes." C'est très ému que Wali Zia, président de l'association afghane des Hauts-de-France, prend la parole. 

"Ils sauront où est la tombe de leur fils"

Ce 16 décembre, son association est venue faciliter le rapatriement des corps de quatre afghans, âgés de 24 à 40 ans. Ils sont décédés dans le naufrage qui a coûté la vie à 27 personnes au large de Calais, le 24 novembre. La mise en bière a eu lieu à l'Institut médico-légal de Lille dans la matinée, en présence des proches. Une cérémonie funéraire a ensuite eu lieu à la mosquée de Lille-Sud. Un poignée d'entre eux, famille ou amis, vivant en Europe, ont pu être présents. Le cortège a ensuite pris la route pour l'aéroport Charles de Gaulle.

"C'est très important que la tombe soit en Afghanistan, pour que les parents, les frères, les soeurs, puissent au moins y aller, et faire leurs prières. Ils sauront où est la tombe leur fils" conclut gravement Wali Zia.

Safi Naymafullah est venu de la région parisienne pour rendre hommage à son oncle, Mohammad Naeem Mayar. la dernière fois qu'il l'a vu, c'était en octobre. Une grande partie de sa famille ignore encore le décès de leur proche. 

Toutes les victimes identifiées

L'identification des victimes a été effectuée par l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) et le service de médecine légale du Centre hospitalier universitaire de Lille. Le "Groupe Décès", composé de "membres individuels, de membres de Médecins du Monde (MdM), d’Utopia 56, du Secours Catholique et de Solidarity Border", s’est également efforcé de faire le lien entre les autorités administratives et les proches des personnes décédées.

Ce 16 décembre, la dernière des 27 victimes a été identifiée, une personne de nationalité vietnamienne. 17 défunts d'origine kurde devraient également être rapatriés prochainement. Parmi les autres victimes, au moins l'une d'entre elle, de nationalité somalienne, sera inhumée sur le sol français.

Le ministre de l'Intérieur avait annoncé le 30 novembre que l'Etat prendrait à sa charge l'inhumation des défunts, mais ne financerait pas le rapatriement des corps vers les pays d'origine. Le retour de ces quatre jeunes afghans sur la terre de leurs parents a été financée par l'association Tahara.

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