Alstom incapable de livrer le nouveau métro de Lille dans les délais

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emmanuel Pall et Vincent Dupire

C'est un feuilleton plein de rebondissements. Si la nécessité de doubler les rames de la ligne 1 du métro de Lille date de 10 ans, difficile de répondre à ce besoin, essentiel aux usagers du quotidien. Un équipement pourtant plus que nécessaire à l'aube de la coupe du monde de rugby 2023 qui aura lieu en partie à Lille et des J.O. 2024.

Dernier épisode en date, le report de la livraison à juillet 2024. Initialement prévue pour 2016, la livraison a d'abord été repoussée à 2019, année depuis laquelle Alstom paye des compensations financières à la MEL pour ses retards.

Aujourd'hui, on en est à juillet 2024 pour la mise en service commerciale.  

Le président de la MEL, Damien Castelain, ne décolère pas : "Alstom me dit : on ne sait pas faire. Je n'ai pas mis 266 millions d'euros sur la table pour entendre ça ! Je me suis entretenu avec Henri Poupard Lafarge, le président d'Alstom et Jean-Baptiste Eyméoud, directeur général d'Alstom Transport France. Ils ont reconnu leur incapacité à me livrer les futures rames de 52 mètres (contre 26 mètres actuellement) et leur pilote automatique".

Apparemment Alstom aurait des difficultés à faire circuler les futures 52 mètres de rames avec le pilote automatique caractéristique du métro lillois. Pourquoi ? Problème technique ? De livraison de matériel ? Du côté de la MEL, on constate les retards et on comprend mal les reports successifs. 

Je veux que les 52 mètres roulent. Ce métro devrait fonctionner depuis 2016. Je n'ai pas embauché Alstom pour faire de la Recherche et développement mais pour me livrer un matériel qui marche !

Damien Castelain, président de la MEL

Est-ce qu'Alstom manque d'ingénieurs, de moyens ? de forces ?

Ils ne répondent pas à ces questions. Après la phase de conciliation, Damien Castelain veut mettre en oeuvre tous les recours dont il dispose, comme les pénalités de retard, mais surtout il en appelle au plus haut niveau de l'Etat pour mettre la pression sur Alstom et interpellera à ce sujet en début de semaine, Clément Beaune le ministre des transports qui sera présent dans la région : "Ils ont vendu le même système à Turin et au Grand Paris qui s'inquiètent aussi. C'est un accident industriel grave. Il faut qu’ils se mouillent, s’engagent ! C’est à eux de communiquer sur leur incompétence."

Ce qui bloque...

Alstom explique ses difficultés par communiqué. "Nos difficultés actuelles sont de 2 ordres : Il est apparu, après nos essais à pleine vitesse de novembre 2021, un facteur de complexité additionnel : l’adaptation et le réglage du nouveau pilote automatique sur les rames VAL 208 qui datent des années 70. Par ailleurs, toutes ces activités de mise au point nécessitent d’importantes phases d’essai. Elles se déroulent sur une ligne en service commercial, avec pour objectif de limiter au maximum l'interruption du trafic. Ces essais ne peuvent donc se faire que de nuit ou à l’occasion de quelques dimanches avec une fermeture de la ligne, ce qui rallonge d’autant plus la mise au point du système.

Pour faire face à ces difficultés, nous avons, en 2021, renforcé les équipes d’Alstom sur le projet, ce qui nous a permis depuis le début de cette année de finir :

  • le développement du pilote automatique pour l’implémentation sur les VAL 208
  • le nouveau système de supervision de contrôle.



Alstom se dit bien conscient de la perturbation générée du fait des retards accumulés sur ce projet et présente ses excuses auprès de la MEL et des usagers.

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