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Trêve hivernale : la ville de Lille condamnée pour l'expulsion du camp de Roms de l'Esplanade

Lors de l'expulsion d'un bidonville (archive). / © Simond Colaone
Lors de l'expulsion d'un bidonville (archive). / © Simond Colaone

La ville de Lille a été condamnée mardi par le Tribunal administratif suite à l'expulsion jugée illégale du camp de Roms de l'Esplanade, en novembre dernier. L'expulsion avait eu lieu sans décision de justice et en pleine trêve hivernale. 

Par Jeanne Blanquart

L'expulsion avait eu lieu le 3 novembre dernier, au petit matin. Ce jour là, policiers et services de la ville évacuaient le camp de Roms de l'Esplanade de Lille, sans décision de justice pour les soutenir. "On était en pleine trêve hivernale", rappelle Dominique Plancke, engagé auprès de la population Rom. En tout, une quinzaine de personnes, dont 8 enfants, sont évacuées, et leurs abris détruits. 

Nous avions alors réalisé un reportage sur l'expulsion : 

Lille : le camp de Roms de l'Esplanade démantelé le 3 novembre
>> Un reportage de Simond Colaone et Alain Méry.


Ce mardi, la ville de Lille a été condamnée par le tribunal administratif, qui a jugé que l'expulsion ne s'était pas déroulée dans un cadre légal, comme l'ont révélé nos confrères de France Bleu Nord. En règle générale, les expulsions ne sont admises que suite à une autorisation de justice, ce qui n'était pas le cas. La police invoquait alors le "délit de flagrance" pour justifier l'évacuation, considérant que les familles s'étaient installées il y a moins de 48h et que la trêve hivernale ne s'appliquait donc pas.

"En réalité, et tout le monde le savait, les familles étaient présentes depuis au moins 3 semaines", précise Dominique Plancke. "Aujourd'hui on est satisfaits de cette décision dans le sens où elle reconnaît qu'on ne peut pas faire n'importe quoi, même lorsqu'il s'agit de Roms." 


"Rétablir le dialogue"


La ville de Lille, solidairement avec la Préfecture, a été condamnée à verser 2000 euros au couple de Roms qui avait porté plainte. On est loin des 10 000 euros demandés par les associations de soutien aux victimes, qui n'excluent pas de faire appel. Ils ont 15 jours pour le faire. 

"Maintenant, ce qu'on veut, c'est rétablir le dialogue avec la Préfecture et les collectivités pour trouver des solutions. Car le but, ce n'est pas de continuer à vivre dans des bidonvilles, ils faut qu'on trouve des solutions pérennes", poursuit Dominique Plancke. Les familles expulsées ce jour-là ont depuis trouvé refuge dans un autre bidonville. "On voit bien que l'expulsion n'est pas une solution. Surtout pour les enfants qui sont scolarisés et doivent soudainement changer d'école..."



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