L'université Lille 2 occupée en soutien aux étudiants agressés à Montpellier

Le député France Insoumise Adrien Quatennens était présent à l'Assemblée générale. / © Jeunes insoumis Lille
Le député France Insoumise Adrien Quatennens était présent à l'Assemblée générale. / © Jeunes insoumis Lille

Environ 200 étudiants se sont réunis hier vendredi 23 mars devant l'université Lille 2 avant d'occuper un amphithéâtre. Ils manifestaient leur solidarité avec les étudiants de la fac de droit de Montpellier, victimes de violences perpétrées par des groupes d'hommes cagoulés, jeudi 22 mars. 

Par M. Landaz

Alors qu'on fête les cinquante ans de mai 68, un bruit commence à gronder dans les universités françaises. Environ 200 étudiants, accompagnés de quelques professeurs, se sont réunis hier devant l'université Lille 2, avant de pénétrer dans le bâtiment et d'y occuper un amphithéâtre pour y tenir une assemblée générale, avec l'accord du doyen. 

L'amphithéâtre est toujours occupé ce samedi après-midi. Après la tenue d'un colloque sur l'anarchisme, les occupants sont actuellement en assemblée générale. L'occupation pourrait être reconduite pour la nuit, mais selon Aurélien Le Coq, militant France Insoumise présent sur place, cette option n'est "pas la plus probable", à cause de la période de week-end. 


Les manifestants ont été délogés de Lille 3 

Ils protestaient notamment contre les évacuations et interventions policières au cours des mobilisations étudiantes dans les facs et sur les campus. Eux-mêmes se sont d'ailleurs dirigés vers l'université Lille 2 après avoir été évacués de l'amphi qu'ils occupaient à Lille 3 par les forces de l'ordre, où le mouvement de protestation était initialement prévu, vendredi vers 17h. 

"L'intervention de la police dans la faculté n'a lieu que quand le président de la faculté ou la préfecture l'ordonne. Ces derniers mois, on a vu qu'il y a une répression de plus en plus systématique par les forces de l'ordre dès que les étudiants se mobilisent avec les moyens qu'ils ont", assure Pierre Beaugrand, étudiant à Lille 2.

Solidarité avec les étudiants agressés à Montpellier 


Dans tous les esprits des occupants, l'agression de plusieurs étudiants à la fac de droit de Montpellier. Dans la nuit de jeudi à vendredi, alors qu'ils occupaient un amphithéâtre suite à la journée de mobilisation contre le Plan Etudiant, des élèves ont été délogés violemment par une bande d’individus cagoulés, armés de bouts de bois et de tasers. Des images que vous pouvez voir dans le sujet réalisé par nos équipes, ci-dessous : 


Etudiants agressés à Montpellier : l'université Lille 2 occupée en solidarité



Mis en cause, le doyen de la fac de droit de Montpellier a démissionné. Si l'inspection générale de l'Education Nationale et de la Recherche a été saisie, ça n'a pas empêché de nombreux étudiants de se réunir pour protester contre ces violences, à Montpellier devant la préfecture, mais aussi à Toulouse, et depuis hier à l'université de droit de Lille. 

Les universités sont censées être des lieux sanctuaires

"C'est d'abord une mobilisation de soutien aux étudiants montpelliérains. Le message qu'on veut faire passer, c'est qu'à chaque fois que la police tentera de nous déloger, nous serons de nouveau mobilisés dans nos amphis. Les universités sont censées être des lieux sanctuaires, elles sont aussi des lieux de politisation et de lutte pour les étudiants. La police n'a pas à y venir", affirme le militant insoumis Aurélien Le Coq. 

Une mobilisation nationale prévue le 28 mars


Suite à la manifestation qui s'est tenue en début de soirée, environ 200 personnes, dont une partie de jeunes proches de la France Insoumise, ont finalement occupé un amphithéâtre et se sont constitués en assemblée générale. Une cinquantaine d'entre eux y sont restés toute la nuit. 

"Le point important c'est que les enseignants ont décidé de rester et d'organiser l'occupation avec nous", souligne Aurélien Le Coq. En effet, une dizaine de professeurs de l'université a apporté son soutien aux occupants. 



Une mobilisation nationale contre les interventions policières dans les facs est prévue le 28 mars, à l'appel de l'assemblée générale convoquée hier à Lille 2. Un appel auquel aurait déjà répondu des étudiants de Rennes, de Clermont-Ferrand, de Dijon et de Grenoble. "Je pense que la contagion va vite prendre", conclut Aurélien le Coq. 


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