VIDEO. Coronavirus : “Quand la vague sera là, on sera prêt”, raconte un aide-soignant des urgences du CHU Lille

Thibaut P. dans le service des Urgences du CHU de Lille et devant chez lui avec une banderole "Reste chez toi" / © THIBAUT P.
Thibaut P. dans le service des Urgences du CHU de Lille et devant chez lui avec une banderole "Reste chez toi" / © THIBAUT P.

Thibaut P, 37 ans est brancardier aide-soignant au service des urgences du ChU de Lille. Il raconte comment il vit actuellement la crise du coronavirus. Entre peur, solidarité et optimisme.

Par Emmanuel Magdelaine

"Il n'y a pas de héros", commence Thibaut P. Aide-soignant aux urgences du CHU de Lille, il tient d'abord à rendre hommage à tous ceux qui continuent à travailler au service des autres. "Les applaudissements c'est pour tout le monde. Ça nous touche mais on est un peu gênés", explique-t-il en référence aux messages de reconnaissance envoyés aux soignants chaque soir à 20h depuis quelques jours. Il pense notamment aux caissières, éboueurs, routiers... "On ne les oublie pas. Ils sont avec nous".

Il a enregistré un message pour eux avec d'autres soignants du CHU de Lille. A leur tour, ils applaudissent tous ceux qui, courageusement, font vivre le pays pendant la crise. 
 
Coronavirus : le message de Thibaut P., aide-soignant au CHU de Lille


"Quand la vague sera là, on sera prêt"


Actuellement, ce brancardier originaire de Fretin (Nord) travaille à 80% dans l'unité Covid-19 des urgences du CHU de Lille. "Le personnel tourne. Certains jours, je suis dans d'autres unités. Quand la vague sera là, on sera tous prêt. On s'y attend. On voit bien ce qui se passe à Mulhouse, en Italie. On est dans les starting-blocks. On se forme. On s'informe. On sera prêt pour le jour J", assure-t-il.  
 

Thibaut P. est optimiste de nature. Et il est déterminé : "Le Covid, ça fait peur à certains de mes collègues. Ce virus, on ne sait pas bien ce que c'est. On est démunis. J'en connais autour de moi qui ont du mal. C'est normal avec tout ce qu'on voit, tout ce qu'on entend. J'ai une appréhension aussi. Mais je prends toutes les précautions. La peur permet de prendre les bonnes précautions. On n'est pas des guerriers, on est des humains, on a une famille. Mais on a la formation pour faire face". 
 

"Avant de panser les plaies, il faut juste éviter de se faire mal"


Il décrit une ambiance dans le CHU très positive, solidaire. Avec une direction (NDLR : qu'il a souvent critiquée) qui, selon lui, dans cette crise, fait tout pour les soignants. Il n'a pas constaté de pénurie de masques. "Les gens sont déterminés. Il y a un esprit de corps, une cohésion. On se motive les uns les autres. On se soutient. Dans ces situations, on sent que l'humain a besoin d'entraide. Pas de place pour les individualistes."

Thibaut fait ici allusion aux récalcitrants qui ne respectent pas strictement les consignes. "Avant de panser les plaies, il faut juste éviter de se faire mal", résume-t-il. Chez lui, il a déployé une banderole "Restez chez vous ou mettez nos blouses". "On sait de quoi on parle. Restez chez vous. Point. Ce virus peut toucher tout le monde. Le confinement, c'est un sacrifice. Mais au plus les gens le respecteront, au plus vite, on s'en sortira..."


 

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