Le Lillois Sofiane Pamart, pianiste des rappeurs Médine, Vald et Koba LaD, prend son envol

Il jongle entre rap et classique avec la dextérité des virtuoses : à 29 ans, le Lillois Sofiane Pamart, devenu le "pianiste des rappeurs", a signé un premier album solo aux allures de tour du monde.
 

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Il arrive en jogging rose fluo, lunettes de soleil rondes, boucle à l'oreille et sacoche autour du cou, et fait instantanément danser ses doigts ornés de bagues sur le clavier d'un demi-queue. Depuis des années, le musicien hétéroclite aux ambitions affichées met ses compositions au service des rappeurs, passant progressivement de l'ombre à la lumière.

Sofiane Pamart est originaire d'Hellemmes-Lille. Aîné d'une fratrie de trois enfants, il a été élevé par des parents non musiciens. Il a trois ans lorsqu'il délie ses premières gammes. "Petit, j'étais très sensible à ce que j'entendais: je m'amusais à retrouver d'oreille les musiques de films", raconte-t-il. "Je me disais: "J'ai du flow, faut que je continue".

Entré à six ans au Conservatoire de Lille, il apprend au contact des "maîtres" les oeuvres de Debussy ou Bach. Malgré un caractère "rebelle", il ressortira médaille d'or en 2008. Le clavier est devenu son outil d'expression : "Tout ce que je n'arrive pas à dire avec des mots, je le sors avec mon piano. Tu peux te marier à n'importe quel style, c'est très riche. On ne s'ennuie jamais."

L'instrument "n'est qu'un vecteur". "Ce qu'il faut, c'est trouver l'expression juste à l'intérieur", dit-il, main sur la poitrine.

Le signal du piano est plus noble, élégant. Dans le rap, il y a quelque chose de plus sauvage. Quand tu complètes les deux, ça équilibre les forces. 

Sofiane Pamart

Les débuts sont poussifs. "Je voulais vivre de la musique, mais je ne savais pas comment m'y prendre." Après avoir donné ses premiers cours, il fait ses armes sur scène avec son groupe Rapsodie. Pour affronter la houle du business musical, il compose son "équipage" et parvient à percer quand des rappeurs le prennent "dans leur clan". Les collaborations se multiplient : Médine, Vald, Koba LaD, Laylow ... "Petit à petit, mes rêves de gosse se réalisaient: je me retrouvais à bosser avec des gens que j'écoutais enfant".

Comment allier deux genres que tout semble opposer?  "Le signal du piano est plus noble, élégant. Dans le rap, il y a quelque chose de plus sauvage (...) Quand tu complètes les deux, ça équilibre les forces."

Symbole de cette fusion, son duo avec le Belge Scylla fait chanceler les lignes au fil de deux albums. Le succès suit. "On s'est retrouvés à remplir des places assises en concert piano-voix, mais avec une ambiance de folie, une ambiance vraiment pe-ra". Leur concert à l'Olympia, en septembre, affiche complet. "C'est malade", lâche Pamart, sourire au coin des lèvres. 

A l'automne, le pianiste d'origine berbère marocaine a sorti son premier album solo, "Planet", lui qui se sent "très nomade". Le voyage nourrit ses inspirations, la balade aux accents mélancoliques et solaires arpente 11 destinations du globe. "A La Havane, il y a le côté dansant, enfumé par les cigares, des ambiances et des odeurs... A Séoul, j'ai été inspiré par les contrastes entre tradition et architecture très moderne."

"Sa musique est très visuelle, cinématographique", analyse son manager Guillaume Héritier, également réalisateur de ses clips. "On peut facilement voir des choses, se créer sa propre histoire."

Aux griffonnages de carnets, Sofiane Pamart préfère la spontanéité des morceaux nés de son imagination car "le rapport à la partition n'est pas assez rapide". "Quand l'émotion est là, je ne veux pas de frein. Il faut que ça sorte tout de suite."

S'il pouvait passer une soirée avec un compositeur disparu, il choisirait Chopin "sans hésitation" pour son "phrasé incroyable". Il rêverait de collaborer avec Booba et, sur une île déserte, emporterait "Les Marquises" de Jacques Brel, un "album parfait du début à la fin".

En attendant, sa notoriété grandissante étoffée par ses impros sur Instagram lui attire un public de "tous les âges et profils". "Les messages que je reçois me touchent beaucoup", confie-t-il avec pudeur. On prendrait presque l'ambitieux au jeu de sa sensibilité.
    

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