Coca-Cola l’a choisi pour sa nouvelle pub aux côtés de Van Gogh, Warhol et Vermeer. 5 choses à savoir sur Aket, street artiste de Lille

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Le street artiste Aket sur le plateau de "Vous êtes formidables" le 2 mai 2023. ©FTV

Il vit un conte de fées. Aket, street artiste lillois, a été choisi par Coca-Cola pour illustrer sa nouvelle campagne de pub. Premiers spots visibles depuis mars 2023 en Amérique du Sud, avant les Etats-Unis et la Chine. Il faudra patienter encore un peu pour les voir en Europe.

Aket a toujours pensé qu’il lui arriverait "un truc dingue à 33 ans". Bingo ! Ce street artiste néo-cubiste de Marcq-en-Baroeul, à côté de Lille, signe la nouvelle pub Coca-Cola qui sera diffusée sur l’ensemble de la planète. Elle est déjà visible depuis mars 2023 en Amérique du Sud.

"J’ai été démarché via mon site internet par une agence de communication de Londres pour un de leurs clients, se souvient Aket. Le client, c’était Coca-Cola et c’était pour leur prochaine campagne de pub ! On m’a demandé des dessins évoquant l’image que je me fais de la femme parisienne."

L’artiste se met au travail, envoie des dessins qui ne font pas mouche. Il ressort en désespoir de cause une "vieille" peinture que le client adore : "L’œuvre qui a été sélectionnée, un portrait de femme, datait d’un an."

"Elle fumait ; j’ai enlevé la cigarette et agrandi le chapeau. Mon niveau en peinture était meilleur, j’ai amélioré les effets et je l’ai baptisée Divine Idyll, sans le e, en hommage à la chanson de Vanessa Paradis."

La pub est une petite merveille de créativité. De grandes œuvres d’art signées Turner, Van Gogh, Vermeer ou Munch y manipulent une bouteille du célèbre soda, volée au départ par la Divine Idylle d’Aket à la toile Large Coca-Cola d’Andy Warhol.

"J’étais au courant pour Andy Warhol, raconte Aket. Pour les autres tableaux, je l’ai su après, je ne pensais que ça partirait aussi loin !" Mais l’artiste nordiste garde la tête froide, pas vraiment impressionné de participer à cette campagne mondiale.

"Pour moi, les marques, c’est un levier, explique-t-il, un moyen de communication. Ça change beaucoup au niveau des collectionneurs, de la visibilité. Je me permets de me lancer dans des projets que je n’aurais pas fait avant, de plus grandes œuvres, comme des tableaux de deux mètres, que j’aurais eu du mal à placer auparavant et qui vont trouver preneur."

Aket fait désormais beaucoup parler de lui et sa cote ne fait que grimper. Voici cinq choses à savoir pour mieux le connaître.

1- Pourquoi Aket ?

Son vrai prénom est Anthony ; Aket est un pseudo qui date de l’adolescence, quand il réalise ses premiers graffitis. Un surnom lié à une particularité physique.

"Ça vient d’une punchline de rap, une chanson de Sniper, sourit-t-il. Ça faisait : « Je vous présente Aket, le nez pointu comme une fléchette, et vu de profil l’équivalent de la superficie d’une raquette ». Ça m’est resté !"

2- Il est autodidacte

Né le 10 octobre 1989 à Grande-Synthe, près de Dunkerque, Aket a commencé à dessiner tout jeune. Il se souvient : "Quand j’étais petit, je détestais les musées. Pour moi, l’art c’est ce qu’on voyait dans la rue, pas ce qu’on voyait au musée. Je dessinais dans mon coin, j’étais fan de graffiti."

Plus tard, il fait des études de logistique et exerce différents métiers, chauffeur routier, gestionnaire de projet, exploitant de transport ou encore responsable d’entrepôt.

"On  a beau travailler, si on n’est pas heureux, il faut poursuivre ses rêves, souligne-t-il. Moi, c’est ce que j’ai fait. Je rentrais à 18h du travail et je peignais jusqu’à 2h du matin. A 27 ans, j’ai vu un rayon de soleil sur une baie vitrée, comme un signe. Je suis allé m’acheter une toile. Ma passion est devenu un besoin et je me suis dit :  « Je veux faire ça tout le temps » !"

3- On le compare à Picasso

Cette comparaison avec l'auteur de Guernica le fait rire : "J’ai commencé beaucoup trop tard et je n’arriverai jamais au même nombre d’œuvres." Aket enchaîne, sérieux : "Picasso, bien sûr, j’admire ses dessins, comment il les a construits ou déconstruits. Parfois ça allait peut-être un peu trop loin, il y a des œuvres surprenantes !"

"Je ne définis pas mon style forcément comme cubiste ; moi, c’est vraiment des formes isométriques, géométriques qui s’emboîtent. Le but, c’est de venir faire une perspective 3D comme un lettrage de graffiti. Bizarrement, ce n’est pas Picasso qui m’a influencé mais Basquiat, dans l’acharnement qu’il peut mettre dans ses œuvres."

Pour la petite histoire, le chien d'Aket s'appelle ... Picasso, il lui a été offert par sa compagne pour ses 30 ans.

4- Il a customisé les baskets Air Jordan

Aket a été sélectionné avec 400 autres artistes internationaux pour présenter ses créations à la galerie Sakura en 2021 à Paris, dans le cadre de Sneakers Generation, première exposition mondiale de sneakers customisées.

Il a relooké les fameuses baskets Air Jordan. Une œuvre réalisée non pas sur la paire mais sur une seule "Air Jordan 1 Mid triple white", en taille 42, signée par l’artiste et  bien sûr pas destinée à être portée !

5- Un artiste au grand coeur

Aket n’hésite pas à vendre ses œuvres au profit d’associations qui lui tiennent à cœur. Avec son éditeur Artaetas Editions, il vient de mettre en vente l’exemplaire numéro 1 de sa sérigraphie Vertige de l’Amour au profit de l’Ecole de la Deuxième Chance Grand Lille.

"Elle permet aux jeunes en difficulté de se remettre en dynamique et de trouver un emploi par la formation ; c’est une association avec laquelle je partage des valeurs d'optimisme et d'engagement."

Une incroyable carrière qui explose pour Aket, lui qui faisait sa première expo dans un pub de Marcq-en-Baroeul en 2021, il y a à peine deux ans. Il vient de réaliser une fresque monumentale à Hautmont, avec le collectif Otonom.

On n’évolue pas en restant tout seul devant son petit bouquin à étudier les grands noms.

Aket

Street artiste

"J’aime partager mon temps avec d’autres artistes, précise-t-il. Quand on évolue dans la peinture, on évolue aussi avec les discussions et les rencontres. On n’évolue pas en restant tout seul devant son petit bouquin à étudier les grands noms."

Comme les bonnes choses n’arrivent jamais seules, Aket a aussi signé avec une galerie à Miami, paradis incontournable du street art ; il s’y rendra dans quelques mois. D’ici là, la campagne de pub Coca-Cola sera sortie en France.