A Jeumont Electric, dans le Nord, la colère s'installe chez les ouvriers

Les ouvriers de Jeumont Electric sont en grève depuis le 29 juin à l’appel de la CGT. Ils réclament une augmentation générale des salaires. La direction ne leur propose qu’une prime exceptionnelle. Le bras de fer se durcit.
Les ouvriers de Jeumont Electric en grève.
Les ouvriers de Jeumont Electric en grève. © Florian Brasseur

Lundi 5 juillet matin, ils ont franchi un nouveau cap pour faire pression sur leur direction en filtrant les différents accès à l’entreprise. La centaine d’ouvriers en grève de la société Jeumont Electric affiche une détermination sans faille depuis le 29 juin, premier jour de débrayage. Leur objectif : une revalorisation générale des salaires d’un peu plus de 1%. C’est le sentiment d’avoir été trompé par la direction qui a mis le feu aux poudres selon la CGT.

"Les conditions de travail se dégradent d’année en année au sein l’entreprise, explique Florian Brasseur, élu syndical CGT. Notre concurrent Framatome débauche depuis deux ans nos meilleurs éléments avec des offres alléchantes dans les bureaux comme dans les ateliers. Résultat, nous sommes de moins en moins nombreux pour effectuer les mêmes tâches. Les heures supplémentaires se multiplient, les accidents de travail aussi."

Nouvelles actions

Conséquence : lorsque le syndicat s’est aperçu le mois dernier que les promesses faites lors des dernières négociations salariales n’allaient pas être tenues - la direction avait promis aux représentants syndicaux une augmentation générale de 2 % des salaires - les objectifs visés étant inatteignables, selon la CGT, la plupart des ouvriers ont décidé de débrayer. Et faute de contre-proposition de la direction validée par les syndicats, le débrayage s’est transformé en grève générale depuis vendredi.

"Nous avons par ailleurs un atout dans notre manche, dévoile le syndicaliste. Des moteurs qu’on doit livrer en urgence et parmi eux le moteur électrique d’une centrale, un 1300 Mégawatts de 120 tonnes, arrivé par péniche sur la Sambre, moteur qui doit être réparé et livré avant le 30 août. On joue donc sur ces réparations et cette livraison en ce moment pour faire plier la direction."

Les grévistes ne comptent pas s’arrêter là. La CGT annonce de nouvelles actions mardi 6 juillet dans la matinée.

Contactée, la direction n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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