Modernisation du métro de Lille : la justice rejette les demandes de la MEL à l'encontre d'Alstom

La Métropole européenne de Lille avait saisi le tribunal en novembre 2023 pour exiger du constructeur ferroviaire qu'il livre à temps les nouvelles rames du métro et de prévenir ainsi toute interruption du trafic en 2025. Pourquoi cette demande a-t-elle été rejetée?

La justice a tranché : la MEL, métropole européenne de Lille, ne peut pas faire pression auprès d'Alstom à propos du chantier du métro lillois. 

Les deux parties sont en contrat depuis 2012. Les travaux de modernisation de la ligne 1 ont pris du retard. Un chantier à 266 millions d'euros qui prévoit l'implantation d'un nouveau pilote automatique ainsi que l'acquisition de 27 rames de 52 mètres, deux fois plus longues que celles actuellement en service.  

Grâce à cette modernisation, une partie des rames actuelles de la ligne 1 doit être redéployée sur la ligne 2 à partir de 2025. Un remplacement indispensable car le matériel sur cette ligne est jugé obsolète.

Or, si les retards persistent, le redéploiement pourrait ne pas avoir lieu, ce qui mettrait en péril la continuité du service de la ligne 2, avec pour conséquence ultime donc : une interruption de trafic l'année prochaine. 

C'est pour "ordonner" au constructeur de s'engager sur les délais que la MEL a saisi le tribunal administratif de Lille. 

La MEL demande à Alstom de mettre en œuvre les moyens permettant de conserver la capacité totale de transport des deux lignes du métro.

AFP

Ce jeudi, le juge des référés a rejeté cette demande : "les seules obligations contractuelles de la société consistent dans la livraison des nouvelles rames et ne s'appliquent donc qu'à la seule ligne 1 du métro". Autrement dit, si la ligne 2 ne peut plus fonctionner parce qu'elle n'a pas reçu les anciennes rames de la ligne 1, ça n'est pas de la responsabilité d'Alstom.

Le tribunal administratif rappelle que le chantier a déjà subi "d'importants retards" ayant donné lieu "à plusieurs contentieux" entre la Mel et la société. Des retards sanctionnés par des pénalités versées en 2020 par Alstom.

Dans un communiqué, le constructeur indique quant à lui que "le projet se trouve aujourd'hui dans la dernière phase avant sa mise en service", sans toutefois préciser de date de livraison.