Nord : entre "obligation morale" et "frustration", Marie Cau, première maire transgenre, revient sur un an de mandat

Lors des élections municipales de 2020, Marie Cau était la première femme transgenre à être élue à la tête d'une commune, en l'occurence, Tilloy-lez-Marchiennes, et ses 500 habitants.

Marie Cau, en mars 2021.
Marie Cau, en mars 2021. © Bertrand Thery / France télévisions

Mars 2020. Dans le Nord, dès le premier tour des élections municipales, les habitants de la petite commune de Tilloy-lez-Marchiennes élisent Marie Cau (SE) à la tête de la commune. Un événement pour le pays entier puisqu'elle est alors la première personne transgenre à être élue maire en France. 

Durant l'année écoulée, Marie Cau a largement diffusé son histoire dans les colonnes de la presse locale, nationale et internationale. "Je reçois un ou deux messages d’encouragement par jour. Ca me donne de l’énergie, de la force et du courage d’être soutenue", juge-t-elle. "Mais cela me donne aussi une obligation morale car je suis observée et suivie". Elle conclut sur son parcours : "je montre aux gens qui sont discriminés que c’est possible d’y arriver avec de la volonté".

"Quel couvre-feu ? Ici on se couche avec les poules !"

Plus que de son rôle de pionnière de la visibilisation des personnes transgenres, Marie Cau préfère parler de ce qui l'anime, la politique. Aujourd'hui, si elle ne regrette pas d'avoir été élue ("j’ai bien fait d’y aller car il y avait beaucoup d’attentes dans le village"), le sentiment qui domine semble être "la frustration" : frustrée par l'épidémie qui perturbe la vie de la commune, frustrée par "les lourdeurs du service public et de son administration", frustrée par le fait "de devoir compter le moindre sous". Marie Cau dit être obligée de tempérer les ardeurs des citoyens : "je dois leur expliquer que refaire une rue c'est un délai de trois ans par exemple en comptant les longueurs liées aux études et à l'attente des subventions"

Comme de nombreux édiles, Marie Cau juge que la ruralité n'est pas assez valorisée : "on la perçoit comme un problème mais c’est la solution, notamment concernant l'écologie : au lieu de faire pousser des carottes en ville, remettons des gens à la campagne!". Pour gérer la pandémie, l'échelon du petit village est aussi utile selon elle : "nous sommes très peu concernés par le Covid. Nous sommes soumis au couvre-feu mais quel couvre-feu ? Ici, à 18h, tout le monde est chez soi, nous nous couchons avec les poules !"

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