Nord : l'association Les ch'tites cocottes sauve les poules pondeuses de l'abattoir en les faisant adopter

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Écrit par Yacha Hajzler

Après 18 mois de service, la plupart des poules pondeuses sont envoyées à l'abattoir. L'association nordiste Les ch'tites cocottes opère des sauvetages massifs, et propose aux particuliers d'adopter une poule rescapée.

Qu'est-ce qui a des plumes, deux pattes, et qui ne vivra que 18 mois ? Il s'agit malheureusement des poules pondeuses. Après un an et demi à produire des oeufs, elles sont envoyées à l'abattoir, et remplacées au sein de l'élevage par un nouveau lot de volailles. On parle alors de "poules de réforme", comme un militaire relevé de son obligation de service. 

Ces poules sont pourtant loin de la vieillesse : les individus de l'espèce vivent entre 5 et 10 ans, et pondent même activement jusqu'à la fin de leur troisième année. Mais après 18 mois, elles deviennent plus coûteuses pour un élevage : mue, fatigue, pause entre les périodes de pontes... 

Chez Les ch'tites cocottes, le sauvetage à grande échelle

C'est pour offrir une nouvelle vie à ces animaux d'élevage, considérés comme jetables par le système industriel, que l'association Les ch'tites cocottes & cie a vu le jour en 2018, à Mazinghien. La présidente Nadège Pauwels, et son mari Pierre Pauwels, recueillent aussi des lapins, des hamsters, des chèvres, tous abandonnés ou maltraités. Leur refuge, à la frontière entre le Nord et l'Aisne permet aussi à Nadège Pauwels, ancienne éducatrice spécialisée, d'organiser des "médiations par l'animal" auprès des personnes âgées ou de personnes en situation de handicap.

Mais l'activité la plus spectaculaire reste le sauvetage des "cocottes" : à chaque fois, Nadège et Pierre Pauwels en ramènent plusieurs centaines. "Notre but ? Sortir un maximum de poules pondeuses lors des vides sanitaires des élevages professionnels pour leur offrir la vie qu'elles méritent vraiment", en les faisant adopter par des particuliers. 

Pour les poules, la retraite et rien d'autre

Et attention, pas question de faire n'importe quoi de ses cocottes adoptées. L'association s'assure d'abord que vous pouvez accueillir plusieurs poules, deux étant le minimum pour adopter. Il vous faut un terrain suffisant, car chaque poule a besoin de 20m² à elle, et un poulailler en bonne et due forme. Et surtout, il faut se souvenir que ces poules ont bien mérité une retraite ! Pas question de les exploiter, de les manger, de les revendre, l'adoptant doit s'y engager. Accueillir une cocotte est un sauvetage, pas un investissement. 

Sur le groupe où les nouveaux parents des cocottes s'échangent des astuces, l'association se veut également très claire sur la création d'un élevage, même miniature. "Tous les conseils demandés concernent la reproduction des poules et l’élevage de poussins seront systématiquement refusées. Il y a tant de poules à sauver que nous jugeons absurde de vouloir les faire reproduire. C'est comme si vous alliez demander sur un groupe qui gère un refuge de chats et chiens abandonnés comment on procède pour faire naître une portée !"

Pour les intéressés, l'association annonce systématiquement ses prochains sauvetages sur son site internet et sa page Facebook. Les ch'tites cocottes se déplacent ensuite de ville en ville à la rencontre des adoptants dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Ain et la Somme.