Perpétuité confirmée pour Sid-Ahmed Ghlam après le meurtre d'Aurélie Châtelain : "ça ne nous redonnera pas notre fille"

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Écrit par Baptiste Mezerette avec Myriam Schelcher
Sid Ahmed Ghlam condamné à la réclusion criminelle à la perpétuité, jeudi 28 octobre, pour le meurtre de la Caudrésienne Aurélie Châtelain, en avril 2015.
Sid Ahmed Ghlam condamné à la réclusion criminelle à la perpétuité, jeudi 28 octobre, pour le meurtre de la Caudrésienne Aurélie Châtelain, en avril 2015. © AFP

La prison à perpétuité a été confirmée jeudi 28 octobre à l'encontre de l'étudiant algérien Sid-Ahmed Ghlam, jugé en appel pour un projet d'attentat et le meurtre de la Caudrésienne Aurélie Châtelain, en avril 2015 à Villejuif. "Ça a été des semaines éprouvantes", a réagi le père de la victime.

"Maintenant, nous voulons nous reposer". Ces mots sont ceux de Jean-Luc Châtelain, après le verdict prononcé jeudi 28 octobre par la cour d'assises spéciale de Paris, lors du procès du meurtrier de leur fille Aurélie Châtelain.

La réclusion criminelle à perpétuité a été confirmée à l'encontre de l'assassin, l'étudiant algérien Sid-Ahmed Ghlam, jugé en appel pour un attentat avorté et le meurtre de la jeune Caudrésienne, le 19 avril 2015, à Villejuif (Val-de-Marne).

"La perpétuité, ça nous réconforte"

"Qu’il soit condamné à 30 ans ou à la peine de mort, ça ne nous redonnera pas notre fille. Mais la confirmation de la perpétuité, ça nous réconforte", a déclaré Jean-Luc Châtelain. Le fait qu’il n’ait pas eu gain de cause pour grappiller quelques années est une bonne chose."

L'étudiant de 30 ans, "en état de stress", selon la présidente de la cour d'assises spéciale Emmanuelle Bessone, a refusé de se présenter à l'audience pour l'énoncé du verdict. "Qu’il refuse d’assister à l’énoncé du verdict, je trouve ça ignoble", a réagit, amer, le père d'Aurélie Châtelain. "Cela démontre la lâcheté de cet individu qui s'est révélé finalement incapable d'affronter la famille d'Aurélie Chatelain", a ajouté Me Antoine Casubolo-Ferro, l'avocat de la jeune femme assassinée.

La cour s'est finalement montrée moins sévère que les réquisitions des avocats généraux du parquet national antiterroriste (PNAT) qui avait réclamé la peine maximum prévue par la loi à l'encontre de l'accusé.

En effet, si Ghlam écope, comme en première instance, de la perpétuité, il n'est plus soumis à une peine de sûreté de 22 ans. En revanche, son interdiction de territoire à l'issue de son emprisonnement a été confirmée.

"Notre pardon, il ne l'aura jamais"

A l'ouverture de l'audience, Sid-Ahmed Ghlam avait demandé "pardon" à la famille de la jeune femme, mère d'une petite fille de 4 ans à l'époque des faits. "Notre pardon il ne l’aura jamais. C’est un lâche, un assassin, un terroriste, assure Jean-Luc Châtelain, père de la jeune femme tuée. Il a changé de version, il a menti. Si il avait dû demander pardon il aurait du le faire dès le début et pas mentir pendant des années."

Plusieurs avocats y compris de la défense ont critiqué l'attitude de Sid-Ahmed Ghlam reconnu coupable de l'assassinat d'Aurélie Chatelain ainsi que de la tentative d'attentat contre une église de Villejuif.

Ghlam a nié la responsabilité de l'assassinat

Au cours de son procès en appel, Ghlam, a reconnu s'être rendu en Syrie en octobre 2014 et février 2015 pour y rencontrer des cadres de l'Etat islamique et prêter allégeance à l'organisation islamiste. Il a également admis qu'il comptait bien commettre un attentat meurtrier contre une église de Villejuif.

Mais, il a nié être l'assassin d'Aurélie Châtelain, une mère de famille de 32 ans, tuée sur un parking de Villejuif le 19 avril 2015. Au cours des audiences, il a simplement admis porter "une part de responsabilité" dans la mort de la jeune femme.

Comme en première instance, Sid-Ahmed Ghlam a soutenu qu'un mystérieux complice, dont les enquêteurs n'ont trouvé aucune trace, avait tué Aurélie Chatelain. Seuls le sang et l'ADN de Sid-Ahmed Ghlam ont été retrouvés sur la scène de crime, ont rappelé les enquêteurs au cours du procès.

Après l'assassinat, M. Ghlam s'était accidentellement blessé à la cuisse en remettant son arme à la ceinture. Cette blessure l'a contraint à renoncer à son projet d'attentat contre une église.

Autre concession de l'étudiant algérien, il a admis pendant son procès en appel que son plan était bien de tuer des paroissiens dans cette église et pas seulement de leur "faire peur" comme il l'avait affirmé lors de son premier procès.

Des peines réduites pour les co-accusés

Les trois principaux co-accusés de Sid-Ahmed Ghlam ont vu leurs peines réduites par rapport au jugement de première instance.

Rabah Boukaouma, considéré par l'accusation comme le "logisticien en chef" de l'opération a été condamné à 25 ans de réclusion contre 30 ans en première instance. Comme Ghlam et les autres co-accusés sa peine n'est pas assortie d'une période de sûreté.

Avant la sentence, il avait salué "le courage et la dignité" de la famille d'Aurélie Chatelain. "Je n'ai jamais voulu la mort de personne ni d'Aurélie Chatelain ni de paroissiens", a-t-il dit. "Je ne suis pas complice d'un projet de tuerie", a-t-il soutenu tout en reconnaissant "un manque de discernement".

Ami et "bras droit" de M. Boukaouma, qu'il a accompagné lors de plusieurs déplacements en lien avec l'affaire, Farid Brahami a vu sa peine passer de 25 à 18 ans de prison.

Des co-accusés qui expriment de la compassion pour la famille Châtelain

Abdelkader Jalal, contacté par M. Boukaouma pour fournir des gilets pare-balles et un véhicule volé qui a servi de "cache" pour les armes, a été condamné, pour association de malfaiteurs terroriste, à 13 ans de prison. En première instance il avait écopé d'une peine de 15 ans de réclusion assortie d'une période de sûreté des deux-tiers.

Délinquant multirécidiviste de son propre aveu, M. Jalal n'a eu de cesse de clamer qu'il n'était "pas un terroriste".

La famille d'Aurélie Chatelain a réconforté les accusés à l'issue de l'audience. Contrairement à Ghlam, tous avaient exprimé de la compassion et condamné sans réserve le meurtre de la jeune femme.

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