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Un présumé violeur lillois aurait-il torturé un co-détenu pour lui faire avouer ses propres crimes ?

(Illustration) / © MAXPPP
(Illustration) / © MAXPPP

"Il m'a forcé à écrire des courriers" pour assumer ses crimes : au procès d'Erwan Gouget, jugé pour viols et tentatives, un co-détenu est venu l'accuser de l'avoir torturé, mardi devant la cour d'assises de Douai.

Par AFP

Poursuivi pour trois viols et quatre tentatives commis à Lille, Erwan Gouget, âgé de 30 ans, est soupçonné d'avoir agi suivant le même mode opératoire : muni de gants, d'un couteau et d'un pied-de-biche, il aurait suivi des étudiantes rentrant de soirée, notamment à leur domicile.

Durant l'enquête, il a systématiquement nié les faits, arguant qu'aucune trace génétique lui correspondant n'a été identifiée, et soutenant que son co-détenu, Christopher Renault, 28 ans, condamné à 18 ans de prison pour trois viols en 2012, pourrait être l'auteur de certains faits. 

Celui-ci se présente à la barre mardi matin, coupe en brosse sur nuque rasée, barbe en collier. Avec son verbe heurté, dû à un léger handicap intellectuel, il livre un récit d'horreur, détaillant toutes les tortures qu'Erwan Gouget lui aurait fait subir pour obtenir des courriers d'aveux. "Il m'a forcé à écrire des courriers pour que je prenne les victimes sur mon dos, m'a tabassé, m'a violé en cellule", commence-t-il. "Il m'a fait manger comme un chien, m'a racketté, m'a fait faire des tatouages". Parmi les autres sévices dont il l'accuse figurent des coups au ventre et aux
testicules, des claques régulières, un viol pour gage à l'issue d'un jeu de cartes...


"Qu'il assume !" 

Plusieurs courriers ont été reçus à l'époque par le juge instruisant l'affaire Gouget, dans lesquels Christopher Renault endossait des viols pour lesquels l'accusé est poursuivi. "C'est Erwan qui m'a forcé à les écrire, pour me faire passer pour un malade", relate le témoin à la barre, pourtant cité par la défense. "Erwan faisait un brouillon, moi je recopiais sur la feuille. Puis il brûlait le brouillon, le jetait dans les toilettes et tirait la chasse d'eau".

Il finit par éclater en sanglots : "J'ai peur de lui. Je ne peux pas le voir, pas le regarder, il m'écoeure ! (...) Je veux juste qu'il porte ses coucougnettes et qu'il assume à la barre".

L'étrangeté des débats se renforce ensuite lorsqu'aux pleurs succèdent les rappels de la présidente sur les crimes pour lesquels Christopher Renault a été condamné, ou quand elle cite un expert psychologue le qualifiant de "débile vaniteux, incapable de réfréner ses pulsions sexuelles, avec une absence de sens moral".

L'avocat d'Erwan Gouget, Me Frank Berton, s'attache pour sa part à relever les incohérences et les zones de flou dans le récit, notamment des courriers écrits alors que les deux détenus n'étaient pas dans la même cellule.

Erwan Gouget, lui, s'emporte dans le box... sur un détail en particulier : "Je ne suis pas homosexuel, il n'a pas à dire ça ! (...) Je n'ai rien contre les homosexuels mais je ne l'ai jamais été et ne le serai jamais !"

Verdict attendu jeudi.

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