A Roubaix, les victimes de violences ne peuvent plus consulter de médecin légiste

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Un médecin légiste assurait jusqu'à mi-août dernier une permanence à l'hôpital de Roubaix, notamment pour ausculter les victimes de violences. Cette consultation a été supprimée. Les patients devront donc maintenant se rendre à Lille. Une décision qui inquiète plusieurs élus. 

Par C.C

Jusqu'à mi-août, les victimes d'agression ou de violences pouvaient se rendre à l'hôpital de Roubaix. Un médecin légiste les examinait alors pour constater les blessures et évaluer leur gravité. 

Mais depuis la fin du mois d'août, ces patients doivent se rendre au CHRU de Lille pour être examinés. La direction du centre hospitalier de Roubaix a en effet décidé de supprimer son service de médecine légale qui avait ouvert en 2001.

La direction de l'hôpital explique ne plus avoir les moyens de financer le service. La médecine légale est financée par le ministère de la Justice et non pas par la Sécurité sociale. Or depuis 2010, seuls les centres de médecine légale de Boulogne-sur-Mer, Lille et Valenciennes sont financés par le ministère. Le pôle de Roubaix survivait jusqu'alors grâce à une dérogation. Chaque consultation était facturée au tribunal de Lille ce qui permettait de prendre en charge le salaire du légiste. Mais les frais annexes restaient aux frais de l'hôpital.

Une décision "absurde"


A l'annonce de cette décision, plusieurs élus ont fait par de leur mécontentement. Ils considèrent qu'il s'agit d'un obstacle pour les victimes, qui hésitent souvent longtemps avant de consulter, notamment les femmes victimes de violences conjugales. Parmi eux, Guillaume Delbar, maire de Roubaix, déplore une décision "absurde""A l'heure où la lutte contre les violences faites aux femmes est cause nationale, supprimer ce service indispensable pour faire reconnaître les faits de violence est absurde", écrit quant à lui Francis Vercamer, député UDI, sur sa page Facebook.


De son côté, le comité régional d’Europe écologie Les Verts s'est fendu d'un communiqué dans lequel ils insistent sur la nécessité d'un "suivi rapide et de proximité" des patients dans la lutte contre les violences. 

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