Coronavirus : les handballeuses de Saint-Amand retrouvent la Ligue 1

Comme on l’attendait, le Handball Club de Saint-Amand-les-Eaux Porte du Hainaut (HBCSA) retrouve l’élite féminine un an après avoir quitté. Avec la ferme intention de ne plus faire l’ascenseur.

L’officialisation par le Bureau directeur de la Fédération française de handball est tombée en fin d’après-midi. Dans le communiqué, la FFHB annonce :

« Ainsi, le classement de la saison 2019-2020 sera figé à l’issue de la dernière journée complète disputée, soit la 19e journée. Le Bureau Directeur de la FFHandball a décidé de ne pas attribuer de titre de Champion de France. Les clubs de Brest et Metz sont classés premiers à égalité de points.

Par ailleurs, le Bureau Directeur de la FFHandball a également acté l’arrêt définitif du Championnat de Division 2 féminine. Ce championnat se déroulant en deux phases et la deuxième phase n’ayant pu aller au terme des matchs allers, le classement est arrêté à l’issue de la première phase.

Pour la saison 2020-2021, la Ligue Butagaz Énergie se jouera donc avec 14 équipes (contrairement à 12 cette saison). Sous réserve du respect du cahier des charges en vigueur, les 12 clubs de Ligue Butagaz Énergie de l’édition 2019-2020 seront donc au départ de l’édition 2020-2021 et les clubs de Plan de Cuques et de Saint Amand les Eaux Porte du Hainaut accèdent à la Ligue Butagaz Énergie pour la saison 2020-2021 
». 

Une décision logique     
                               

Cette montée sur le tapis vert était contestée par le club de Celles-sur-Belle, l’un des quatre clubs VAP en D2 (statut de candidat à la montée) et actuel troisième des play-offs. Devancé par Saint-Amand au point-average, le club du pays niortais a posé une réclamation, en arguant du fait que les deux équipes ne se sont pas affrontées lors de ces play-offs.

La réclamation a donc été rejetée et le règlement strictement appliqué pour le plus grand bonheur des dirigeants, joueurs, techniciens et supporters du HBCSA, à commencer par la dynamique présidente Sophie Palisse.

"Je suis bien sûr ravie par la nouvelle, même si aurions préféré aller au bout du championnat", a déclaré cette dernière. "Mais c’est bien sûr impossible avec l’épidémie. Les instances ont pris une sage décision en arrêtant les compétitions."

Quant à la contestation de Celles-sur-Belle, la présidente amandinoise affirme : "Il n’y a pas matière à polémique. Le règlement est clair en ce qui concerne l’accession en Ligue Butagaz Energie: les premiers de chaque poule montent. Je n’ai pas compris leur réaction".

 

Invaincues à la salle Maurice-Hugot


Le bilan sportif en tous cas plaide en faveur des handballeuses de la cité thermale qui possèdent la meilleure défense du championnat de D2. Elles ont encaissé 343 buts, soit 21,44 buts par match en moyenne. Loin derrière la Stella Saint-Maur, 2è avec 374 buts encaissés (23,38 buts par match) et Plan-de-Cuques, 3è (383 buts encaissés soit 23,94 par match).

Les Amandinoises ne connaissent plus la défaite à domicile en D2 ! Leur dernière contre-performance à la salle Maurice Hugot remonte au 21 avril 2018 avec une défaite 25 à 27 contre Aunis la Rochelle. Depuis plus de 700 jours, les Amandinoises ont su faire le nécessaire pour faire de leur enceinte une forteresse imprenable ! 

L’équipe dirigeante du HBCSA n’a pas attendu l’officialisation de la montée pour renforcer l’équipe de la saison prochaine. Un groupe qui sera fortement renouvelé. On peut même parler de changement de cycle.

Sept départs sont actés. Parmi eux, ceux de Claire Vautier. L’internationale espoir, formée au club, a signé à Dijon, tout comme Elise Delorme et Maureen Gayet. La Serbe Ivana Filipovic quitte le club après cinq saisons de fidélité tandis que Manon Le Bihan stoppe sa carrière.

Ces départs seront compensés par autant d’arrivées qui représentent un vrai renforcement de l’équipe. C’est le cas pour l’internationale Amanda Kolczynski (26 ans). 16 fois sélectionnée avec l’équipe de France, cette ailière de 26 ans arrive de Besançon où elle a croisé l’entraineure amandinoise Florence Sauval. Médaille de bronze au championnat d’Europe 2016, la Bisontine a choisi le Nord pour relancer sa carrière.

Pour Florence Sauval, "avant de rejoindre le centre de formation de Besançon, Amanda a suivi toute sa formation au club du Lac de Maine (pré-nationale) et au pôle de Segré (Maine et Loire). Son ascension en terre franc-comtoise a été fulgurante et l’a propulsé rapidement au plus haut niveau. C’est une joueuse de caractère et engagée, et c’est avec beaucoup de plaisir que nous accueillons Amanda avec toute son expérience et ses valeurs correspondant à l’identité du club."

Autre recrutement notable, celui de l’internationale tchèque Marketa Hurychova (23 ans). L’arrière droite arrive du MKS Zaglebie Lubin, avec lequel elle est vice-championne de Pologne cette saison.

Ce recrutement de top niveau avait débuté en début d’année avec les signatures de trois joueuses françaises : la pivot internationale U19 Maelys Kouaya (19 ans) en provenance de la Stella Saint-Maur ; l’ailière gauche Romane Frécon (27 ans), auteure de 42 buts avec Le Havre ; et Maëlle Chalmandrier (24 ans) demi-centre polyvalente à Paris 92.
 

Un budget en hausse

Pour compléter l’effectif, le HBCSA devrait encore recruter une arrière gauche. Peut-être également une ailière droite qui pourrait être la jeune espoir de Bourg-de-Péage Manon Pellerin (19 ans), sous la forme d’un prêt.

La présidente du HBCSA continue de travailler au développement du club de la Porte du Hainaut, qui bénéficie d’un soutien croissant sur son territoire. « Nous sommes aidés par les élus locaux et les entreprises et de notre côté nous essayons de rendre au maximum en nous investissant à fond dans le tissu local », insiste la présidente, qui a monté un budget prévisionnel d’un million d’euros pour la saison prochaine, contre 800 000 euros cette saison.

"Notre objectif initial était de retrouver l’élite à la fin de la saison suivante. Mais nous sommes allés plus vite. Nous avons donc commencé notre recrutement dès le mois de décembre. Nous avons tiré les leçons de la saison dernière où nous savions que ce serait difficile. Cette fois, nous avons effectué un recrutement pointu, pour réunir un effectif homogène et du niveau de la ligue 1 féminine".

Sophie Palisse est bien consciente de la difficulté à monter ce budget dans le contexte de crise économique qui va frapper de nombreuses entreprises. "Nos partenaires privés, mais aussi publics, vont être impactés. Il nous faudra prévoir des réductions sur certains postes. Nous ne sommes pas vraiment en concurrence avec le basket, le football et le tennis ; et il y a une multitude d’entreprises sur le territoire. Mais il faut évidemment espérer une reprise de l’activité économique."

La présidente du HBCSA espère aussi que les premiers matches de la prochaine saison, qui pourrait démarrer dès la mi-août, ne se feront pas à huis clos. "Des matches sans public, ce n’est pas très glamour. De plus, la billetterie et les recettes de la buvette représentent un poste important dans notre budget".

Sophie Palisse annonce d’ailleurs une action en faveur des entreprises partenaires : un match virtuel de handball, dont la recette servira à confectionner des masques pour les salariés.

Un geste qui résume l’engagement citoyen du club.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
handball sport coronavirus santé société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter