VIDÉO. Quand les films d'entreprise étaient tournés par les patrons, en 1950, dans une usine de Tourcoing

Dans les années 50, les patrons d'une usine de l'industrie lainière de Tourcoing filmaient la fête la Saint Louis, à laquelle ils conviaient leurs ouvriers chaque année. Choucroute, chapeaux de carnaval et flonflons donnent toute la saveur à ces archives, à la fois familiales et de l'entreprise.
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La rue de la Blanche Porte à Tourcoing est depuis plus d’un siècle la Mecque, le Vatican, la Jérusalem de l’industrie lainière. Et en ces années 1950, le petit peuple obstiné des ouvriers cardeurs, carboniseurs, peigneurs et laveurs de laine fête encore la Saint Louis.


Le filmeur de la Saint Louis (La séquence du filmeur 14/40)

Quand les films d'entreprise étaient tournés par les patrons, en 1950, dans une usine de Tourcoing ©REAL PRODUCTIONS, ARCHIPOP et PICTANOVO

écrit et réalisé par Olivier Sarrazin


Saint Louis, c'est aussi le patron des coiffeurs, comme le vénèrent parfois les moutons après une tonte joliment réussie. Mais ici, point de gigot. C’est une plantureuse choucroute, accompagnée des entraînants flonflons d’un orchestre bavarois, composé de musiciens belges.

On a fait taire les bruyantes machines et on s’amuse à rivaliser avec l’insupportable vacarme des jours de travail.

Les grands organisateurs de cette belle journée sont messieurs Dupont, Marcel et Dominique. Ce sont les patrons de l’usine, et ce sont également nos filmeurs.

Dominique a rapporté de Lille ces “bios capios” qui coiffent tout le monde, et Marcel passe de table en table pour témoigner son affection aux ouvriers. C’est important que chacun se sente appartenir à "la grande famille de l’Usine".
 
Parfois, la Saint Louis se déroule dans le parc de la résidence secondaire des Dupont, à Conty, dans la Somme. Le personnel s’y rend en autocar et la collection des voitures de luxe de M. Marcel reste au garage.
 
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Mais à chaque fois, il y a ce rituel de la photo de famille. Monsieur Dupont père, se tient bien au centre du tableau. Le regard vissé sur l’avenir, qui verra le déclin de l’entreprise dès le premier choc pétrolier, et le licenciement économique des 580 ouvriers, jusqu’à la fermeture définitive de l’usine, en 1996.

 
La séquence du filmeur
L'épopée des Trente Glorieuses, au travers de films amateurs, racontée par François Morel.

Une série d’histoires originales, drôles, décalées et poétiques, fondées sur des films d’archives familiales inédits, sauvegardés par l'association Archipop (Beauvais). 
Ecrit et réalisé par Olivier Sarrazin et Corine Zongo-Wable
Avec la voix de François Morel


François Morel vous raconte l’histoire de filmeurs amateurs des années 1930 à 1970 qui ont capté les moments forts de leur vie familiale, leurs loisirs ou leur métier, et qui sont aussi des bouts de l’histoire collective de la région.

Une coproduction REAL PRODUCTIONS, ARCHIPOP et PICTANOVO
Avec la participation de FRANCE TELEVISIONS et TV5MONDE
Avec le soutien de la région Hauts-de-France et du CNC

▶ tous les jours sur le site http://hdf.france3.fr, sur Facebook et Youtube
▶ tous les dimanches à la fin du JT 19/20 à 19h25 sur France 3 Hauts-de-France

 Si vous aussi êtes en possession de films amateurs, films de famille, films d'entreprise, vous pouvez contacter l'association Archipop au 03 44 22 50 55  ou via contact@archipop.org 
 
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