• MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • SPORT
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

VIDÉO. Quand un patron filmait ses employées dans une usine de textile des années 60

Le filmeur et l’ouvrière / © DR
Le filmeur et l’ouvrière / © DR

Dans les années 60, rare étaient ceux qui possédaient une caméra, dont les patrons d'industrie. Ces derniers n'hésitaient pas à filmer la vie de leur entreprise et leurs employés. 

Par Corine Zongo-Wable

Dans ce film, qui capte la vie d'un atelier de textile dans la Somme, tourné par l'un des patrons, tout le monde s'affaire. Le temps d'une seconde, une jeune fille s’arrête et fixe l’objectif : on ne connaît pas son nom, mais elle regarde pour toutes les autres.
 

Le filmeur et l’ouvrière (La séquence du filmeur, 9/40)

Quand un patron filmait ses employées dans une usine de textile des années 60
Dans les années 60, rare étaient ceux qui possédaient un caméra, dont les patrons d'industrie. Ces derniers n'hésitaient pas à filmer la vie de leur entreprise et leurs employés.  - REAL PRODUCTIONS, ARCHIPOP et PICTANOVO - Corine Zongo-Wable

Ecrit et réalisé par Corine Zongo-Wable 


Nous sommes dans la cour de l’usine Depape. Une usine textile du Santerre, située à l’est du département de la Somme et, comme dans beaucoup de familles industrielles de cette époque, la maison familiale jouxte l’usine.

Le filmeur, Maurice Depape, reprend la caméra de son beau-père, et la filiation est autant industrielle que filmique. Ses films passent de l’intime à la vie des ateliers, des maisons de briques rouges aux jolies ouvrières.

Notre filmeur-patron met en scène la sortie des ateliers, les jeunes femmes traversent la cour vélo à la main, souriantes…

N’oublions que c’est le patron qui tient la caméra ! Remailleuses, et bobineuses elles viennent de tous les villages environnants, elles font la route ensemble, toujours ensemble.
 


Puis dans l’usine, personne ne semble se soucier de la caméra : notre filmeur-patron s’attarde sur les différentes activités de l’atelier, mais dans quelle intention ? Un avant-goût des caméras de surveillance ? 

Ici, le regard d’une jeune fille s’arrête et fixe l’objectif : on ne connaît pas son nom, mais elle regarde pour toutes les autres.

Sait-elle que dans les cours de perfectionnement donnés aux cadres masculins on apprend que "la femme peut faire un travail fastidieux, car elle pense à autre chose" ?

Les conseils pour bien “gérer” le personnel féminin ne manquent pas. Il est vrai, qu’à l’époque, on ne parle pas encore de la charge mentale des femmes.

L’avenir de la libération féminine n’est peut-être pas encore pour demain...

 

La séquence du filmeur

L'épopée des trente glorieuses, au travers de films amateurs, racontée par François Morel.

Une série d’histoires originales, drôles, décalées et poétiques, fondées sur des films d’archives familiales inédits, sauvegardés par l'association Archipop (Beauvais). 
Ecrit et réalisé par Olivier Sarrazin et Corine Zongo-Wable
Avec la voix de François Morel

François Morel vous raconte l’histoire de filmeurs amateurs des années 1930 à 1970 qui ont capté les moments forts de leur vie familiale, leurs loisirs ou leur métier, et qui sont aussi des bouts de l’histoire collective de la région.

Une coproduction REAL PRODUCTIONS, ARCHIPOP et PICTANOVO
Avec la participation de FRANCE TELEVISIONS et TV5MONDE
Avec le soutien de la région Hauts-de-France et du CNC

▶ A partir du vendredi 16 novembre 2018, tous les jours sur le site http://hdf.france3.fr, sur Facebook et Youtube
▶ A partir du dimanche 18 novembre 2018, tous les dimanches à la fin du JT 19/20 à 19h25 sur France 3 Hauts-de-France

Si vous aussi êtes en possession de films amateurs, films de famille, films d'entreprise, vous pouvez contacter l'association Archipop au 03 44 22 50 55  ou via contact@archipop.org
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Mon corps, j'en fais vraiment ce que je veux ?

Les + Lus