Un presbytère classé à l’UNESCO en flammes à Raismes : l’acte de trop pour la commune, cible répétée d’incendies volontaires

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Écrit par Leslie Larcher .

Après un nouvel incendie volontaire dans le quartier de Raismes Sabatier, qui a cette fois ravagé le presbytère d’une église polonaise inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la commune nordiste a interpellé le gouvernement dans un courrier.

Dans le quartier Sabatier, à Raismes, les départs de feu se multiplient depuis le printemps : broussailles, détritus ou forêt incendiés, maisons minières prises pour cibles ou, paroxysme de ces actes volontaires, le presbytère de l’église polonaise Sainte Cécile, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, dévoré par les flammes dans la nuit de mercredi à jeudi 13 octobre. 

L’épisode de trop pour cette commune nordiste dont le quartier Sabatier, comptant 2 800 habitants, a connu plus d’une centaine d’actes d’incendie volontaires depuis mars 2022. Le maire de Raismes, Aymeric Robin, a donc sollicité une réaction des services de l’État : jeudi 13 octobre, il s’est adressé dans un courrier au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et au Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti pour demander une rencontre sur place : "Cette situation n’a que trop duré, elle est devenue insupportable", écrit-il. 

La symbolique de trop

Contacté au téléphone, le maire tient à souligner qu’il ne considère pas ce nouvel acte plus important que la perte d’un jardin suite aux flammes, "mais nous avons passé un cap dans l’insupportable et l’indignation, parce que c’est l’héritage des mineurs qui a été attaqué", déplore Aymeric Robin, qui ne mâche pas ses mots : "C’est une injure à la mémoire de nos anciens". 

C’est une injure à la mémoire de nos anciens.

Aymeric Robin, maire de Raismes

Car la cité minière est également inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et fait l’objet de rénovations importantes - à hauteur de 17 millions d’euros. Des investissements "remis en cause”, peut-on lire dans le courrier du maire, “par une poignée d’agitateurs qui ‘s’amusent’ à terroriser tout un quartier”. Le profil de ces individus ? Trois groupes de quatre à cinq personnes âgés de 12 à 20 ans environ, d’après Aymeric Robin. “Il y a six mois, tout a commencé comme une surenchère, c’était à celui qui allait être le plus incendiaire. Ce sont des groupes de copains qui, quand ils sont ensemble, se désinhibent sans se rendre compte des conséquences traumatisantes et financières”, réagit-il. 

Une réponse pénale jugée insuffisante

Si les auteurs des faits ont été identifiés, voire interpellés, les sanctions ne sont, pour la mairie, pas à la hauteur des espérances : “J’étais déçu parce qu’elles ne me paraissent pas adaptées aux troubles provoqués avec des mesures éducatives, avertissements judiciaires et même des relaxes”, indique Aymeric Robin. Et ce jeudi, un jeune homme a été relaxé au bénéfice du doute, selon La Voix du Nord. Deux procès ont donc déjà eu lieu et un troisième est prévu prochainement.

Nous avons l’impression qu’il y a une sorte de relève qui resurgit dix ans après.

Aymeric Robin, maire de Raismes

Face à ce problème récurrent et le sentiment d’impuissance, notamment avec une problématique similaire il y a dix ans, une réunion d’urgence de la cellule de veille du Conseil intercommunal de sécurité et de Prévention de la délinquance se réunira mardi prochain. Outre de nouvelles actions des forces de police, un couvre-feu pourrait être envisagé. “Nous avons l’impression qu’il y a une sorte de relève qui resurgit dix ans après. Mais aux mêmes maux, les mêmes remèdes”, défend, avec une pointe d’humour, le maire de Raismes. 

Avec ce courrier, qu’Aymeric Robin voit comme “un appel à la prise de conscience”, il espère une coordination dans les moyens mis en place par le gouvernement. D’autant que la cité minière “fait l’objet de toutes les attentions au titre de l’engagement pour le bassin minier et que les deux ministres concernés viennent de ce territoire”, rappelle-t-il : “De par leur compétence et leur fibre affective, il faut qu’ils viennent et discutent pour comprendre pourquoi malgré la mobilisation, nous n’arrivons pas à endiguer ces phénomènes”.

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