Une grève de la faim comme dernier espoir pour protester contre la fermeture d'un pressing familial à Bergues

Ce samedi 4 mai 2024 se tenait une mobilisation contre la fermeture d'un pressing à Bergues (Nord). Depuis un an, Greg Baruzzi vit sous la menace d'une fermeture administrative de l'entreprise familiale. Le père de Greg et ancien propriétaire, a entamé depuis quatre jours une grève de la faim.

Devant le soutien des habitants de Bergues (Nord), Greg Baruzzi a les larmes aux yeux. Ils étaient une dizaine à se rassembler, samedi 4 mai 2024, pour protester contre la fermeture du pressing du centre-ville.

Une dizaine de voisins et habitués sont venus soutenir la famille Baruzzi, propriétaire de l'établissement depuis 24 ans. Le père de l'actuel propriétaire, Jean-Louis a entamé une grève de la faim depuis 4 jours. Il espère ainsi faire pression pour régler un problème administratif qui traîne depuis un an.

"On est tracassé par l'avenir de notre fils. S'il perd tout, que va-t-il faire ?", se désole-t-il. "J'ai investi ma vie dans ce magasin. J'y passe 15 heures au quotidien et aujourd'hui on nous menace de devoir faire de travaux qu'on ne peut pas supporter financièrement", explique Greg, le gérant.

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Un commerçant en grève de la faim pour empêcher la fermeture de son pressing ©France Télévisions

Menacé de fermeture depuis un an

L'origine du problème est purement administratif. En 2018, les anciens propriétaires, les parents de Greg anticipe un changement de réglementation interdisant l'usage du perchloréthylène, un solvant nocif utilisé pour le nettoyage à sec de tissus. Ils décident de renouveler tout leur matériel, coût total de l'opération : 35 000 €.

Les ennuis commencent en mars 2023, quand une inspectrice de la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (Dreal) vient contrôler le pressing berguois. Elle indique dans son rapport que la préfecture n'a aucune trace de ce changement.

À l'époque, Christine et Jean-Louis Baruzzi auraient dû demander un certificat gratuit auprès de l'administration. Il faut désormais débourser près de 7000 € pour l'obtenir, une dépense que leur fils Greg, l'actuel propriétaire, ne peut pas se permettre.

En mai 2023, il reçoit un courrier de mise en demeure. La menace de fermeture plane sur son pressing depuis maintenant un an, sans qu'aucune solution n'ait été trouvée. Les gérants estiment pourtant qu'ils ont tout fait pour se mettre en adéquation avec la loi.

La ville se mobilise

Les Baruzzi sont soutenus par le maire de Bergues Paul-Loup Tronquoy et la sénatrice Marie-Claude Lermytte, qui suivent la situation de près. Françoise Follet adjointe au maire était présente à la mobilisation, "on se bat à leurs côtés parce qu'on veut qu'il continue l'activité", assure-t-elle.

La famille peut aussi compter sur le soutien de ses clients."Je trouve ça aberrant qu'un simple papier mette en péril une entreprise", s'indigne Mélanie Lion, qui était devant le pressing ce samedi. "Ça a trop duré, il faut que ce problème se résolve au plus vite, parce qu'on a besoin d'eux" ajoute une cliente.

À une trentaine de kilomètres de là, le pressing de Gravelines a connu le même problème. Le sous-préfet avait initialement déclaré que l'affaire serait réglée si d'autres pressings n'avaient pas été soumis aux mêmes obligations administratives.

Après sa mutation, la Dreal a rouvert le dossier. La sénatrice Marie-Claude Lermytte a obtenu du préfet que des contrôles administratifs soient effectués dans tous les pressings de la région pour garantir l'équité envers les établissements de Bergues et Gravelines.

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