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Ascoval Saint-Saulve : accord sur le financement, la balle est dans le camp de la justice

Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, le 10 décembre 2018. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, le 10 décembre 2018. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Le gouvernement et le groupe franco-belge Altifort ont trouvé lundi un accord sur un plan de financement "solide" pour la reprise de l'aciérie d'Ascoval (Nord), avec près de 300 emplois en jeu, deux jours avant une audience cruciale à Strasbourg.

Par AFP

"Toutes les conditions sont aujourd'hui réunies pour que le plan de reprise soit validé", s'est félicité le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand, après une réunion à Bercy avec le ministre des Finances Bruno Le Maire, ainsi que les représentants syndicaux, d'Altifort et d'Ascoval.

"Les principaux obstacles à la réussite du projet de reprise sont désormais tous levés grâce à la mobilisation de l'ensemble des parties prenantes et notamment des salariés", a renchéri M. Le Maire dans un communiqué.
 

Selon Bercy, la réunion a bouclé "le plan de financement du projet de reprise" : l'Etat s'engage à apporter 25 millions d'euros, soit l'équivalent de l'investissement d'Altifort, pour la reprise de cette aciérie placée en redressement judiciaire.

Valenciennes Métropole contribue également avec 10 millions d'euros et la région Hauts-de-France à hauteur de 12 millions. "Nous sommes dans la dernière ligne droite. Les feux sont au vert", a affirmé Cédric Orban, le patron d'Ascoval à la sortie de la réunion.

En revanche, le délégué CGT Nacim Bardi, s'est montré moins enthousiaste : "On ne peut pas vraiment dire que nous sommes satisfaits parce qu'il y a encore pas mal de points à régler d'ici mercredi, il y a des conditions suspensives qui ne sont pas levées", a-t-il déclaré.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg doit statuer mercredi sur l'offre de reprise d'Ascoval.


Des débouchés commerciaux 


"Ce que l'on souhaite avec les représentants du personnel, c'est que cela soit validé très très vite et que l'on ait la réponse définitive en décembre", a affirmé M. Bertrand, laissant entendre que la décision pourrait ne pas tomber mercredi.
 
"Le 12, ce serait l'idéal, mais si c'est quelques jours après, les salariés peuvent le comprendre", a expliqué le président des Hauts-de-France. "Ils n'ont pas envie d'attendre encore et encore et de passer cette fin d'année sans avoir de décision", a-t-il souligné.

Selon Bercy, l'audience du tribunal "permettra d'étudier le projet avec une décision définitive attendue dans les jours suivants". "Il y a un plan de financement solide et il reste un ou deux sujets techniques à traiter et qui le seront dans les prochaines 36 heures, ce qui nous laisse confiants sur l'issue du tribunal", a déclaré le ministre de l'Economie, selon des participants à la réunion. 

De son côté, le cabinet d'experts indépendants Roland Berger, missionné par le gouvernement pour étudier la viabilité du projet de reprise par Altifort, a estimé lors de cette rencontre que "le financement est compatible avec les besoins de relance".

"Aujourd'hui, il y a des questions qui restent posées sur l'attitude de Vallourec, mais on prendra les problèmes les uns après les autres", a affirmé M. Bertrand. "Lorsque la décision du tribunal sera rendue, je dirai ce que j'ai sur le coeur", a-t-il ajouté, restant volontairement vague sur ses intentions. 


281 emplois en jeu


M. Bardi a été plus explicite, pointant du doigt Philippe Crouzet, président du directoire : "M. Crouzet a un comportement honteux, inacceptable, intolérable, on devrait même le débarquer: il n'a rien à faire dans une entreprise française comme Vallourec", a réagi le syndicaliste. 

"Vallourec nous ajoute un nouveau problème à chaque fois", a-t-il ajouté. Devenue Ascoval en 2017, l'aciérie de Saint-Saulve attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, à qui Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes.

Les 281 salariés de l'entreprise attendent désormais la décision judiciaire sur le projet de reprise déposé par Altifort.     L'offre de départ d'Altifort impliquait que Vallourec maintienne pendant un an et demi son niveau actuel de commandes, mais le sidérurgiste a refusé, obligeant le gouvernement et le groupe franco-belge à travailler sur une proposition alternative avec des sources de financement et des clients supplémentaires.
 

 

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