Écologie : 5 astuces insoupçonnées pour s'y mettre, grâce à une blogueuse du Nord

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Marie Petit est directrice d'école et enseignante en CM1, installée à Curgies (Nord). Cette maman de trois enfants a fait de l'écologie sa priorité, au point de raconter son expérience dans un livre-témoignage.

Blogueuse et conférencière, ambassadrice du zéro déchet sur le territoire de Valenciennes Métropole, Marie Petit avait 30 000 abonnés sur son compte Instagram "Les petits écolos" lorsque plusieurs éditeurs l'ont contactée pour écrire un livre.

Hors de question pour cette trentenaire de sortir "un énième guide de l'écologie", plutôt un témoignage, celui de sa transition écologique. "Bien sûr, je raconte comment avec mon mari Mathieu nous avons commencé par le zéro déchet, après être tombés sur le blog d'une famille qui était à fond !"

"Mais je dis aussi mes doutes, ajoute-t-elle, mes remises en question. Comme quand les enfants sont nés, d'abord Marcel, 7 ans aujourd'hui, puis les jumeaux Victor et Suzanne, 4 ans... Quand ils étaient bébés on a dû lever le pied, sans culpabiliser, avant de nous y remettre et de  changer complètement notre façon de vivre."

Ces doutes, Marie en est sûre, il ne faut pas les mettre sous le tapis. "Mon idée, c'était que les gens puissent se reconnaître et se projeter."

Une bonne idée, puisque son livre Colibri, et après ? publié aux éditions Leduc s'est déjà vendu à 2 000 exemplaires depuis sa sortie en novembre dernier et part en réimpression. L'instragrameuse qui a depuis gagné 20 000 abonnés y raconte comment elle a placé l'écologie au centre de sa vie.

"La moitié de mon livre, raconte Marie, traite des petits gestes simples à accomplir, réduire ses déchets, faire un potager, prendre son vélo plutôt que la voiture, une douche plutôt qu'un bain… Les gestes du colibri comme on les appelle."

Elle décrit comment, petit à petit, elle s'est mise à la cuisine, à faire le marché, à la couture et même à fabriquer des meubles avec de vieilles palettes… "Au départ, mon livre devait s'appeler "La pilule verte". Parce que l'écologie, c'est un peu comme une drogue. On a toujours envie d'en faire plus !"

Alors pour en faire plus, Marie Petit vous livre cinq conseils pour faire chuter votre empreinte carbone. "Des tips d'écologie insoupçonnés… et très impactants !"

  • Changer de banque

Marie a choisi de placer son argent dans ce qu'on appelle une banque verte. Pour elle, c'est un geste très facile, qui "prend une heure de paperasse et c'est tout".

"Chaque euro placé pendant un an dans une banque qui soutient des secteurs polluants comme le pétrole ou l'aviation a une empreinte carbone."

Avec sa nouvelle banque, elle reçoit une fois par an la liste de tous les projets que la banque a soutenus, "un agriculteur qui passe en bio, une école alternative de type Montessori… des projets durables, qui ont du sens pour le monde de demain."

  • Changer de fournisseur d'électricité

Là encore, la manipulation est assez simple. Après avoir fait une simulation sur Internet, Marie et sa famille ont changé de fournisseur pour une électricité garantie produite en Europe à partir d'éoliennes et de panneaux solaires.

En parallèle, ils ont réduit leur consommation d'électricité.

  • Lutter contre la pollution numérique

Dans le livre, on apprend que consommer des contenus sur les réseaux, publier une vidéo de chats, charger une vidéo Youtube, regarder Netflix ou tout simplement scroller pendant une heure, ça pollue.

"Chaque mail stocké pendant un an avec une pièce jointe, c'est comme de laisser une ampoule allumée pendant 24 heures, détaille Marie. L'envoi d'un mail c'est déjà 20g de CO2. Imaginez toutes les personnes décédées qui ne pourront jamais supprimer leur compte !"

Autre nécessité : faire le tri et se désabonner des chaînes de mails. "C'est fou le nombre de messages qu'on stocke sans même les ouvrir !"

Se faire du bien à l'esprit et faire du bien à la planète, ça va souvent de pair.

Marie Petit, auteure de "Colibri, et après ?"

Autre façon simple de faire baisser la pollution numérique : "Laisser les écrans, de côté ! Il n'est pas forcément question de se priver, mais pourquoi pas, une ou deux fois par semaine, troquer la soirée télé contre un livre ? Ça fait du bien à l'esprit et à la planète, ça va toujours de pair !"

"Je passais beaucoup de temps sur les réseaux, mais la base de l'humanité, ce n'est pas de rester des heures devant la télé ou à scroller sur son téléphone. Aujourd'hui, j'ai compris que l'écologie, c'est un retour à la vie. C'est s'enraciner."

Moins de télé et de réseaux, c'est aussi l'occasion de se reconnecter à la nature, de partir en forêt, par exemple, sans téléphone. C'est d'ailleurs ce que fait Marie plusieurs demi-journées par semaine avec ses élèves en plus d'avoir instauré, comme à la maison, le zéro déchet à l'école.

  • Diminuer les repas de viande

Aujourd'hui, on sait que manger de la viande, c'est polluant. "Ce qu'on ne sait pas, c'est la richesse d'une alimentation végétarienne. Avant, mes assiettes étaient toutes les mêmes finalement… Une viande, un féculent – pomme de terre, pâtes ou riz – et un légume, petits pois, haricots verts ou carottes."

"J'ai découvert des légumes sont je ne soupçonnais pas l'existence ! Et puis, dans une tartiflette, si on remplace les lardons par des champignons ce n'est pas moins bon."

Lorsqu'elle était étudiante, Marie travaillait dans une chaîne de restauration rapide. "Le peu que je gagnais, se souvient-elle, je le dépensais en fringues, en maquillage, en soirées… et en plats préparés pour manger vite fait. La base de l'humanité, c'est pourtant de se nourrir. C'est donc logique d'y passer du temps."

"Plus jeune, je croyais que l'écologie, c'était un truc de bobos qui voulaient se donner un genre, notamment pour l'alimentation, se souvient Marie. Jusqu'à ce que je cuisine des pâtes carbo pour ma copine Stéphanie et qu'elle m'annonce qu'elle était végane. Je ne connaissais même pas le mot."

"Quand elle m'a expliqué, je me suis dit qu'elle devait vivre un enfer. Pas de viande, pas d'œufs, pas de lait, pas de laine, un cauchemar ! Une vie vide, frustrante… Plus j'ai appris à la connaître, plus je voyais qu'au contraire elle était solaire, énergique, passionnée, vivante."

L'écologie n'est pas un régime empli de privations, c'est nourrissant au contraire !

Marie Petit, auteure de "Colibri, et après ?"

C'est à ce moment-là que Marie comprend que l'écologie n'est pas une forme de régime empli de privations. "C'est nourrissant au contraire. Je lui ai posé plein de questions, et elle avait des solutions pour tout. Elle a cassé le mythe de l'écolo bobo que je m'étais construit."

Marie conseille de commencer par ne pas manger de viande tous les jours, d'instaurer par exemple un repas par semaine sans viande, puis deux.

  • Se créer un réseau de voisins

"On ne dirait pas que c'est écolo, et pourtant, ça l'est !", s'exclame Marie, qui garde les enfants de ses voisins, s'échange des habits avec eux et pratique le troc. "Et puis, on se prête du matériel. Une visseuse, on s'en sert en tout et pour tout cinq minutes dans sa vie, dix secondes par-ci par-là. Pas besoin d'en posséder une par foyer..."

Finalement, le plus important est là. C'est le lien humain. "Etre solidaires entre nous, c'est une clé pour le monde de demain."