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FOOTBALL LEAKS. VAFC : Jean-Raymond Legrand et l'AS Monaco, petits arrangements entre amis

Jean-Raymond Legrand, Vadim Vasilyev et Nicolas Isimat-Mirin : trois acteurs du transfert qui sauva Valenciennes en 2013. / © MaxPPP
Jean-Raymond Legrand, Vadim Vasilyev et Nicolas Isimat-Mirin : trois acteurs du transfert qui sauva Valenciennes en 2013. / © MaxPPP

L'ancien président de Valenciennes, Jean-Raymond Legrand, a pu compter à deux reprises sur l'aide de l'AS Monaco pour sauver son club, en 2013 et 2014. Il n'a pas hésité, en retour, à jouer un rôle d'informateur pour le club de la Principauté, en plein conflit fiscal avec la LFP.
 

Par YF avec Sylvain Morvan (Mediacités), Mediapart et l'EIC

Les supporters valenciennois se souviennent-ils encore de Nicolas Isimat-Mirin ?  Il a aujourd'hui 27 ans et joue à Besiktas, en Turquie, très loin du Hainaut où ce défenseur central s'était révélé footballistiquement au début de l'actuelle décennie.

Il y a six ans, son transfert à Monaco, juste avant un rendez-vous capital à la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG), avait offert un peu d'oxygène à Valenciennes, financièrement exsangue (mais encore en Ligue 1), ainsi qu'à son président et actionnaire majoritaire de l'époque Jean-Raymond Legrand. "Avec une vente aux alentours des 4 millions d’euros, on devrait être à l’équilibre", avait déclaré ce dernier à l'AFP, à quelques jours de son passage devant le "gendarme financier", le 18 juin 2013. C'est exactement l'offre que proposera le club de la Principauté pour s'offrir les services du jeune Isimat-Mirin.
 
Nicolas Isimat-Mirin, en stage avec Valenciennes, en juillet 2011. / © MaxPPP
Nicolas Isimat-Mirin, en stage avec Valenciennes, en juillet 2011. / © MaxPPP

Grâce aux Football Leaks, ces millions de données confidentielles recueillies par le magazine allemand Der Spiegel et analysées avec ses partenaires de Mediapart et de l'EIC (European Investigative Collaborations, voir encadré), nous levons le voile, avec le site régional d'investigation Mediacités, sur les coulisses de cette transaction, notamment la curieuse correspondance entre un Jean-Raymond Legrand pressé d'obtenir de l'argent frais et des dirigeants monégasques en quête d'alliés dans le conflit fiscal qui les opposait alors à la Ligue.
 

Intermédiaire monégasque 


Retour au printemps 2013. Nicolas Isimat-Mirin, alors âgé de 22 ans, est un jeune défenseur central prometteur, arrivé dans le Hainaut par la petite porte de l'équipe réserve, en provenance du centre de formation de Rennes. Après trois sélections en Bleu chez les Espoirs, il éveille déjà beaucoup d'intérêts d'autres clubs, y compris à l'étranger.
 
Le 21 mars 2013, le joueur signe un contrat avec Jess Group, une société de gestion de contrats sportifs, implantée à Monaco. Son fondateur est un certain Jean-Marc Goiran, un intime du Prince Albert, qui va tout faire pour l'amener sur le Rocher.
 
Jean-Marc Goiran (à droite) aux côtés du propriétaire de Monaco, le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev. / © MaxPPP
Jean-Marc Goiran (à droite) aux côtés du propriétaire de Monaco, le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev. / © MaxPPP

Le 25 mars, il écrit à Vadim Vasilyev, vice-président de l’AS Monaco (ASM), pour lui signaler qu'Isimat-Mirin est devenu une cible prioritaire pour l'OL et le LOSC. Le club monégasque observe, lui aussi, avec intérêt, les performances du défenseur valenciennois mais tarde à se décider. Le 9 mai, Jean-Marc Goiran relance Vasilyev avec d’autres arguments. Il ne s’agit plus de vanter les qualités de Nicolas Isimat-Mirin, mais d’insister sur l’intérêt stratégique d’une telle vente. Voire politique...

Car le club de la Principauté est de plus en plus isolé parmi ses camarades de jeu.  En cause : la fiscalité avantageuse dont il bénéficie sur le Rocher. A cette époque, la Ligue de Football professionnel (LFP) veut frapper un grand coup, en forçant tous les clubs évoluant dans le championnat de France à s'installer "physiquement" sur le territoire français, pour s'assurer que tout le monde soit soumis aux mêmes règles d'imposition
 

"Le président parle en faveur de Monaco" 


Bien entendu, l'AS Monaco voit tout ça d'un très mauvais oeil, car cette nouvelle règle pourrait alourdir ses charges. Dans ce contexte, il n’est donc pas inutile de pouvoir compter sur quelques alliés… "Je connais la situation et il n’est pas facile de parler d’avenir mais j’ai beaucoup de pression, en particulier de Valenciennes, à propos d’Isimat", annonce Jean-Marc Goiran à Vasilyev.

"Ils doivent se présenter devant la DNCG pour exposer leur situation financière et leur montrer qu’ils disposent de revenus concrets pour l’avenir", poursuit-il. "Ils ont actuellement 4 ou 5 possibilités minimum pour ce joueur (Lille, Fulham, Dortmund, Lyon, un autre club allemand et une grosse offre concrète d’un club russe). (…) Le président parle dans les médias en faveur de Monaco au sujet des problèmes avec la Ligue. J’ai dit que les gens du club et du Palais l’ont apprécié. Nous devons être honnêtes et clairs avec lui pour conserver cette très bonne relation à l’avenir".  
 
Vadim Vasilyev en janvier 2014. / © MaxPPP
Vadim Vasilyev en janvier 2014. / © MaxPPP

Un accord de principe est trouvé le 1er juin. Nicolas Isimat-Mirin va filer à Monaco et Valenciennes empocher 4 millions d’euros, auxquels s’ajoutent  quelques bonus : 250 000 euros si le joueur participe en tant que titulaire à au moins 20 matchs de compétitions officiels durant la saison sportive 2013-2014, et 250 000 euros supplémentaires si l’AS Monaco se qualifie pour la phase de groupe de la Ligue des Champions 2014-2015 (à condition que le joueur participe en tant que titulaire à au moins 20 matchs de compétitions officiels durant la saison sportive 2013-2014).

De quoi garantir quelques rentrées de trésorerie.
 

Lettre à Rybolovlev


Le 11 juin 2013, Jean-Raymond Legrand, le président du VAFC, adresse directement un courrier à Dmitri Rybolovlev, le milliardaire russe qui détient Monaco. Il lui rappelle l’urgence financière dans laquelle se trouve son équipe : "Comme vous le savez, notre Club doit présenter sa situation, notamment financière, à la DNCG le 18 juin prochain. Il serait donc particulièrement utile que nous puissions disposer à cette date d’un engagement ferme de votre part pour la réalisation de cette opération".

Deux jours plus tard, Rybolovlev répond à Legrand : "Je vous confirme notre accord pour opérer le transfert (…), étant précisé que nous avons trouvé un accord avec le joueur, sous réserve cependant de l’homologation du contrat de joueur et de la convention de mutation définitive entre notre deux Clubs par les services compétents de la LFP". Une première étape est franchie par le VAFC : la DNCG décide de mettre sa décision en délibéré au 1er juillet.
 
Jean-Raymond Legrand en avril 2013. / © MaxPPP
Jean-Raymond Legrand en avril 2013. / © MaxPPP

Si la stratégie de l’AS Monaco était bien, comme l’expliquait Jean-Marc Goiran à Vadim Vasilyev, de soigner les relations du club avec un allié potentiel, celle-ci a porté ses fruits. Alors qu’il boucle le transfert de Nicolas Isimat-Mirin, Jean-Raymond Legrand transfère à Tetiana Bersheda, conseillère du président de l’AS Monaco, des échanges entre plusieurs dirigeants de Ligue 1 envisageant de boycotter des matchs contre Monaco pour dénoncer les avantages fiscaux de club du Rocher. 

Legrand balance


"Je pense que nous devons unir nos clubs pour signer un doc disant que nous n’irons pas jouer a l’ASM", écrit l’un deux, le 11 juin, après avoir été sollicité par Legrand. "Au minimum VA (Valenciennes, NDLR), FCL (Lorient), Bordeaux, Reims, ASSE (Saint-Etienne), OM (Marseille)…". Message transmis le 16 juin par le patron du VAFC aux dirigeants de l’ASM. "Je ne me souviens pas avoir fait cela", nous a répondu Jean-Raymond Legrand. "Je ne suis pas quelqu’un de malhonnête !".

Le 24 juin 2013, Jean-Raymond Legrand écrit encore à la conseillère du président, cette fois pour accélérer le transfert de Nicolas Isimat-Mirin : "Je me permets de revenir vers vous concernant le dossier de notre joueur (…) si je veux survivre nous devons clôturer avant le 30 juin (date enregistrement ) Je suis en délibéré au 01 juillet . Je comprends que je suis insistant mais ce dossier est la survie de mon club et de moi !".
 
Nicolas Isimat-Mirin lors de sa présentation officielle à Monaco. / © MaxPPP
Nicolas Isimat-Mirin lors de sa présentation officielle à Monaco. / © MaxPPP


Le 26 juin, le responsable juridique de l’AS Monaco, Daniel Bique, envoie à Jean-Raymond Legrand l’avis de mutation définitive de Nicolas Isimat-Mirin. Le VAFC est sauvé. Le jeune défenseur s’engage pour quatre saisons sur le club du Rocher. Le fait que Jean-Raymond Legrand soit l’un des fervents défenseurs de Monaco dans le conflit qui oppose le club à la Ligue a-t-il eu une influence sur ce transfert ? "Je ne pense pas", répond l'ex-patron valenciennois. "L’AS Monaco espérait surtout faire une belle plus-value à la revente du joueur".

C’est raté. Isimat-Mirin ne fera que 11 apparitions sous le maillot monégasque avant d’être revendu au PSV Eindhoven en échange de 2,5 millions d’euros (+ 500 000 euros de bonus) et un pourcentage sur la plus-value d'un futur transfert (20% jusqu'à 7 millions d'euros, 25% si plus de 7 millions). 

Contrat douteux pour l'agent ?

Ce transfert vaut également au club d’être épinglé par Mediapart le 19 novembre dernier. En effet, le 22 janvier 2014, Daniel Bique écrit à Vadim Vasilyev pour s’émouvoir de l’existence de plusieurs contrats douteux passés par le club avec des agents : "Comme tu le sais, la règle impose un maximum de 10 % sur le contrat du joueur ou le montant du transfert. Depuis le dernier mercato d’été, de nombreux contrats sous seing privé ont été conclus avec plusieurs agents parce que leurs commissions dépassaient les 10 %. Selon ces accords, ils doivent rechercher des joueurs, des équipes, des sponsors à travers le monde […] Ce serait mieux si on en utilisait le moins possible ; parce que plus on en aura, plus il sera difficile de les justifier".

Dans cette liste de contrats qui posent problème au responsable juridique du club figure le nom de Jean-Marc Goiran, officiellement payé pour "identifier des joueurs" des championnats européens et d’Afrique francophone. Ces contrats couvrent en réalité le rôle de Goiran dans le recrutement du défenseur Nicolas Isimat-Mirin, pour lequel l’agent touchera 480 000 euros.
 
Isimat-Mirin sous le maillot monégasque en mars 2014. / © MaxPPP
Isimat-Mirin sous le maillot monégasque en mars 2014. / © MaxPPP


"Les deux factures pour un total de 480 000 euros correspondent bien à l’opération Isimat", a confirmé Goiran, interrogé par Mediapart, en assurant ne pas avoir contourné la règle des 10 %. Quant au club, il a adressé cette réponse à nos confrères : "Concernant les contrats de scouting, vos suspicions à cet égard sont totalement infondées. Il s’agit de contrats de prestation de services qui sont enregistrés dans les comptes du club. Ces contrats ont été conclus principalement dans les premiers mois de la reprise du club lorsque le département scouting n’était pas suffisamment structuré. Aujourd’hui, ces contrats sont utilisés dans des cas précis quand le club a besoin d’un savoir-faire spécifique".

"Vadim, mon ami"

Les relations privilégiées entre Jean-Raymond Legrand et le club de la Principauté ne vont pas s'arrêter là. Début 2014, le patron du VAFC est une fois encore en quête d’argent pour sauver le club. Et il se tourne - encore -  vers le club monégasque et son vice-président russe, Vadim Vasilyev, le 27 janvier : "Vadim mon ami, comme je t’ai dit je suis en grande difficulté à compter du mois de février si je ne vends pas pour 2 000 000 euros un joueur au mercato d’hiver et donc avant le 31 janvier et je risque la faillite. Ce que je te dis c’est vraiment PERSONNEL ET CONFIDENTIEL je sais que je peux te faire confiance et je ne peux le faire qu’à toi dans le foot !!! […] J’ai vraiment besoin que tu m’aides une dernière fois pour sauver mon club et moi ! […] J’espère que tu vas m’aider mon ami. Il n’y a que toi pour m’aider aujourd’hui !  Merci de me donner ta réponse mon ami".

Legrand tente d’abord de convaincre son milieu de terrain Angelo Fulgini d’effectuer un essai à l’AS Monaco. Refus catégorique du joueur. "Pour rappel le joueur n'a jamais exprimé un quelconque désir de vouloir quitter le VAFC, et que cette idée d'essai "forcé" vient de vous même. (...) Le joueur n'a rien à prouver car sa valeur technique est connue de tous", répond son agent.
 
Angelo Fulgini en janvier 2015. / © MaxPPP
Angelo Fulgini en janvier 2015. / © MaxPPP


Le 13 février, le président de Valenciennes va plaider la cause de Monaco chez RMC: "Moi, je pense qu’il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes. Qui est le club star aujourd’hui à part le PSG ? Malheureusement pour le football français, c’est Monaco. Qui risque de tirer le football français vers le haut ? C’est Paris et Monaco. Aujourd’hui, on fait du spectacle grâce à ces deux clubs là donc laissons les travailler, laissons les faire". Puis il va jouer, une nouvelle fois, le rôle d’informateur pour les dirigeants monégasques.

Alors que la LFP vient d’autoriser l’AS Monaco à participer aux compétitions françaises sans déplacer son siège sur le territoire français, le 28 février 2014, Jean-Raymond Legrand transmet à Vadim Vasilyev un courrier adressé par plusieurs présidents de clubs de Ligue 1 (Bordeaux, Caen, Lille, Lorient, Marseille, Montpellier et Paris) à la LFP, critiquant l’accord entre Monaco et la Ligue et demandant l’équité sportive en Ligue 1.

Cette fidèle amitié va être encore récompensée. L’épisode suivant a déjà été raconté par Mediapart en novembre 2018 dans un article consacré au lobbying de l’AS Monaco pour s’attirer les faveurs des dirigeants du foot français. Le 4 mars 2014, Jean-Raymond Legrand envoie un mail à Vadim Vasilyev, y joignant une lettre qu’il a lui-même rédigée et dans laquelle l’ASM promet d’acheter pour 6 millions d’euros le joueur Lindsay Rose, jeune défenseur central de Valenciennes.

Une offre généreuse


6 millions pour Lindsay Rose ? L'offre peut paraître généreuse... "Peux-tu me faire ce courrier à en-tête de Monaco avec ça la banque me suivra jusque la fin de la saison", demande Legrand. "(...) C’est la seule solution pour pouvoir continuer la saison et ne pas être en faillite", explique-t-il, avant d’ajouter : "La banque voulait absolument les 2 millions pour AVRIL mais si tu me fais le document demandé j’espère qu’elle me suivra quand même ! Je ne peux compter que sur un club ami et un ami que je défends toujours pour m’aider. Peux-tu me faire parvenir le document que je t’ai envoyé par mail ? Merci de bien vouloir me répondre mon AMI !!!"

Vadim Vasilyev lui renvoie dans la soirée la promesse d’achat. Le joueur ne sera jamais transféré à Monaco. Il signera à Lyon en juillet pour… 2 millions d’euros, selon le chiffre communiqué à l'époque par OL Groupe.
 
Lindsay Rose (à gauche) et Jean-Raymond Legrand en août 2013. / © MaxPPP
Lindsay Rose (à gauche) et Jean-Raymond Legrand en août 2013. / © MaxPPP


Monaco a-t-il eu réellement l’intention de le recruter ? "Oui, mais le joueur s’est blessé au genou …", justifie Jean-Raymond Legrand. Vérification faite, Lindsay Rose a bien subi une rupture du ligament croisé antérieur, mais en octobre 2013, donc bien avant la promesse d’achat signée par l’ASM. Le club de Monaco ne nous a pas répondu.

Valenciennes s’est offert avec cet épisode un répit de bien courte durée. En mai 2014, le club sera relégué sportivement en Ligue 2, avant d’être rétrogradé administrativement d’un échelon supplémentaire, en National, en juin, en raison de ses difficultés financières.

En juillet, Jean-Raymond Legrand quittera son poste et laissera place à l’ancien ministre et maire de Valenciennes Jean-Louis Borloo. Le club est finalement réintégré en Ligue 2. Vadim Vasilyev, lui, a été évincé de Monaco le 14 février dernier par le propriétaire du club en raison des mauvais résultats sportifs du club. "Nous avons très peu de contact, mais je lui ai écrit pour lui redire toute mon estime et mon amitié dans ce moment difficile", nous a répondu Jean-Raymond Legrand.

Rendez-vous jeudi pour de nouvelles révélations Football Leaks liées à un club des Hauts-de-France.
 

Après une première saison en 2016, quinze journaux européens regroupés au sein du réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC), dont Mediapart en France, ont révélé en novembre 2018 la deuxième saison des Football Leaks, la plus grande fuite de l’histoire du journalisme. Plus de 70 millions de documents obtenus par Der Spiegel, soit 3,4 téraoctets de données, ont été analysés pendant huit mois par près de 80 journalistes, infographistes et informaticiens. Corruption, fraude, dopage, transferts, agents, évasion fiscale, exploitation des mineurs, achats de matchs, influence politique : les Football Leaks documentent de manière inédite la face noire du football. 
  
Comme pour la première saison des Football Leaks, Mediapart et l’EIC ont choisi de partager les documents avec France 3 Hauts-de-France et Mediacités. Nous avons aussi recueilli des documents et des témoignages inédits qui ne figurent pas dans les Football Leaks.
 
Le lanceur d’alerte Rui Pinto, principale source des Football Leaks, a été arrêté mi-janvier en Hongrie et se bat pour éviter une extradition vers le Portugal, son pays, qui le soupçonne de vol de données et de « tentative d’extorsion » (lire son interview ici). Deux mois avant son arrestation, Rui Pinto avait commencé à collaborer avec le parquet national financier (PNF), à qui il a remis 12 millions de fichiers informatiques issus des Football Leaks. Le PNF a lancé le 19 février une procédure de coopération judiciaire européenne pour partager ces documents, lors d’une réunion d’Eurojust qui a rassemblé neuf pays.

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