Les 12 hommes poursuivis pour actes sexuels sur une adolescente de 14 ans, condamnés par la justice à Valenciennes

Le tribunal correctionnel de Valenciennes condamne jusqu'à 10 mois de prison ferme les douze hommes jugés pour actes sexuels sur une mineure de Bouchain. Ils avaient rencontré la jeune fille sur internet. Et notamment sur le polémique site de discussion en ligne Coco.

Ils sont douze hommes âgés de 25 à 60 ans. Le tribunal correctionnel de Valenciennes a prononcé une peine de prison avec sursis pour deux d'entre eux au motif de sollicitation et détentions d'images pédopornographiques.

Les autres ont écopé de prison ferme pour "agression sexuelle sur mineure de 15 ans avec une différence d'âge d'au moins 5 ans." Le plus lourdement condamné, en raison du nombre de rapport avec l'adolescente, l'est à 30 mois d'emprisonnement dont 20 mois assortis de sursis probatoire.

Le tribunal a estimé qu'aucun des prévenus ne pouvait ignorer que la jeune fille avait moins de 15 ans au moment des faits. Tous ont également reçu une obligation de soins, une interdiction d'exercer pendant cinq ans une activité salariée ou bénévole en contact avec des mineurs, et une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes.

"À partir du moment où on va sur des sites pour parler avec des enfants et des jeunes filles, et où on a des relations sexuelles avec des mineurs, c'est qu'il y a un problème" a réagi Me Grégory Frère avocat des parties civiles après le délibéré. "C'est une obligation de soin pour rassurer les gens et la société"

Des faits correctionnalisés

Ces condamnations auraient pu être bien plus lourdes. "Ce sont des faits de viol qui ont été correctionnalisés" a pointé la présidente à l'issue du délibéré. Cela signifie que le crime a été requalifié en délit, ce qui accélère la procédure judiciaire en exposant à une moindre peine les prévenus.

"Si la loi le permet, c'est que les conditions étaient réunies en l'espèce" a souligné Pauline Maillard, avocate de la défense. "Vous ne pouviez pas laisser ces personnes-là pendant trois ou quatre ans dans l'attente d'un procès. Il y a eu ce choix du parquet, on le respecte aujourd'hui" poursuit Me Frère.

Vous ne pouviez pas laisser ces personnes-là pendant trois ou quatre ans dans l'attente d'un procès

Me Grégory Frère

Avocat des parties civiles

Si l'adolescente ne s'est pas rendue au tribunal de Valenciennes, la moitié des hommes mis en cause étaient présents, sous le regard des parents de la victime. Ils l'avaient rencontrée sur internet et notamment sur le site Coco "connu pour favoriser les relations sexuelles entre majeur et mineur" avait souligné la procureure. Ce même site était au cœur de l'affaire Philippe Coopman, tabassé à mort à Grande Synthe au mois d'avril.

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"Les sites comme Coco ont un système d'hébergement sur des pays ou des territoires qui ne sont pas atteignables par notre système judiciaire" analyse l'avocat des parties civiles. "Après il faut aussi se poser des questions sur les façons dont on peut les contrôler, voire les bloquer."

"Au regard de la personnalité et des faits qui étaient reprochés, beaucoup de questions subsistent dans ce dossier" rétorque Me Maillard, et assure que ses clients feront appel dans ce dossier.

Avec AFP