PSA Hordain : le syndicat Solidarité déplore la réticence française vis-à-vis des salariés polonais

La réticence de la France à voir travailler des salariés polonais de PSA dans des usines françaises "remet en question l'unité du groupe et la coopération économique européenne", a dénoncé lundi dans un communiqué le syndicat polonais Solidarité.

© FRANCE 3

Le groupe automobile PSA avait annoncé la semaine dernière l'arrivée sur le site d'Hordain (Nord) de 270 Polonais de l'usine de Gliwice, ce que certains syndicats français ont dénoncé, accusant le constructeur automobile de "met(tre) sur le carreau ses intérimaires".

 

 

"Contrairement à ce que dit la CGT, les employés d'Opel Gliwice ne sont pas des 'nomades de l'industrie automobile' mais très souvent des employés riches de plus de 20 ans d'expérience", souligne le texte transmis par Mariusz Krol, le chef de Solidarité dans ces usines Opel du sud de la Pologne.

"Ils n'allaient pas à Sevelnord Hordain parce qu'ils aiment les voyages", insiste le texte.

 

"Assurer la pérénité de PSA"

Le gouvernement français avait demandé vendredi à PSA de renoncer à son projet, amenant le groupe à faire machine arrière et à réduire à 124 le nombre de salariés polonais qui seront accueillis jeudi sur le site d'Hordain.

PSA avait expliqué sa décision de faire appel à des salariés polonais en faisant valoir que la "crise économique brutale" générée par l'épidémie de Covid "nécessite de réagir avec agilité et efficience, afin d'assurer la pérennité du groupe".

 

 

"Promotion de la précarisation"

L'usine d'Hordain, proche de Valenciennes, produit pour les marques Peugeot, Citroën, Opel, Vauxhall et Toyota des utilitaires et des véhicules pour le transport de personnes. Elle a fermé de mi-mars à début mai à cause du confinement.

"Il n'est pas exclu que dans un an ou un an et demi le site de Gliwice ait lui aussi besoin de soutien" et de "personnel expérimenté venu d'autres établissements du groupe", assure Solidarité qui reproche aux syndicats français de promouvoir "la précarisation".

Les propos des syndicalistes polonais font écho à ceux du président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui avait estimé dimanche que faire travailler des salariés polonais de PSA dans des usines françaises était un "sujet de solidarité européenne".

 

 

"Si chacun se replie sur son égoïsme national, on n'y arrivera pas", a-t-il affirmé sur RTL, en soulignant que le projet de PSA prévoyait de payer les salariés polonais aux salaires français, donc sans dumping social.
  

 

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