Tournoi de France à Valenciennes : France - Pays-Bas à huis-clos, rattrapé par le coronavirus

La crise du coronavirus a rattrapé le Tournoi de France, compétition amicale de foot féminin dont le baisser de rideau est prévu mardi entre les vice-championnes du monde néerlandaises et les Bleues, sans public mais avec des enjeux sportifs.
Le stade du Hainaut sera vide pour la rencontre France - Pays-Bas mardi 10 mars à 21 heures.
Le stade du Hainaut sera vide pour la rencontre France - Pays-Bas mardi 10 mars à 21 heures. © BERTRAND THERY - FRANCE 3 NPDC
La ministre des Sports Roxane Maracineanu a confirmé lundi que les deux dernières rencontres du tournoi, Brésil - Canada mardi (19h00) à Calais et France - Pays-Bas (21h00) à Valenciennes, se disputeront à huis clos.

Toutes les compétitions à venir seront soumises à une jauge maximale de 1.000 personnes, selon le gouvernement. Mais le préfet peut aussi choisir d'interdir l'accès du public aux enceintes sportives, ce qu'il a fait ici.

Selon la Fédération française de football, 12.000 billets avaient été vendus pour France - Pays-Bas. Samedi, le stade du Heinaut à Valenciennes avait attiré plus de 17.000 personnes pour la réception du Brésil.
 


2 matches, 2 victoires


Dans un contexte sanitaire sensible, avec une vingtaine de décès recensée lundi en France, les enjeux sportifs demeurent, même s'ils apparaissent secondaires.

Les Bleues veulent prolonger face aux Pays-Bas leur série de six victoires consécutives, sans but encaissé, lancée après le Mondial et poursuivie sur les deux premiers matches du Tournoi de France face au Canada et au Brésil (1-0). Si la sélectionneuse Corinne Diacre a pu apprécier l'invincibilité de ses joueuses, elle n'a pas manqué d'observer les carences affichées dans la finition, un chantier qui mérite encore d'être peaufiné. Il faut "mettre plus d'impact physique, plus de mouvement et de rapidité dans nos transmissions", résume Amel Majri, milieu de Lyon très en vue dans cette première édition du Tournoi de France.

Face aux Néerlandaises, championnes d'Europe en titre, l'enjeu sera d'avoir "encore plus la maîtrise dans le jeu, essayer de marquer plus tôt parce qu'on a des situations", complète Wendie Renard, sa partenaire à l'OL.


"Pas des outsiders"


Pour ce choc au sommet, dernier test avant la reprise en avril des qualifications à l'Euro-2021, l'équipe de France devrait montrer encore un visage différent au coup d'envoi.

L'idée est de "faire tourner l'effectif pour que les joueuses du Paris Saint-Germain et de Lyon puissent être les plus fraîches possibles pour le match du 14 (mars)", duel au sommet du Championnat de France, a déjà exposé Diacre.

Dans cette configuration, la Bordelaise Estelle Cascarino (1 sélection) devrait disputer ses premières minutes dans le tournoi, en défense centrale. Sa jumelle Delphine, blessée face au Brésil, est forfait.

Les Pays-Bas comptent aussi une défection dans leur rang, et pas des moindres : l'attaquante d'Arsenal Vivianne Miedema, meilleure buteuse néerlandaise de l'histoire à 23 ans, est blessée à une cuisse.

Malgré les absentes et le huis clos, l'affiche reste alléchante entre la France, quatrième au classement Fifa, et les Pays-Bas, troisième nation mondiale qui prépare les JO-2020 de Tokyo. "C'est un match amical mais on le prend au sérieux. On va les respecter. On sait qu'il y a des très grandes joueuses mais il ne faut pas avoir peur", assure la milieu parisienne Grace Geyoro.

L'équipe de Lieke Martens (FC Barcelone) et Shanice van de Sanden (Lyon) "aime jouer, à l'image du Brésil, mais elles sont encore plus organisées. Ca va être un combat entre les lignes", prédit Wendie Renard.

Mais Kadidiatou Diani l'assure, "on a les capacités pour rivaliser. Je ne nous situerais pas comme des outsiders par rapport à elles", confie l'attaquante parisienne, révélation française de la dernière Coupe du monde.

La dernière opposition entre les deux nations remonte à avril 2017, un match amical remporté 2-1 par les Bleues d'Olivier Echouafni à Utrecht. La victoire était venue des pieds d'Eugénie Le Sommer qui avait alors inscrit son 60e but en sélection. La Lyonnaise en compte désormais 80, soit un de moins que Marinette Pichon, la meilleure marqueuse de l'histoire des Bleues.
 
Coronavirus - Sport : "Le huis clos peut devenir notre doctrine"
"Dans cette période, le huis clos peut devenir notre doctrine d'organisation des compétitions et du sport professionnel", a déclaré lundi la ministre des Sports Roxana Maracineanu, alors que PSG-Dortmund, mercredi en 8e de finale retour de Ligue des champions de football, se déroulera sans spectateur.

"Ce que je préconise est la continuité sportive, notamment pour les compétitions qualificatives aux Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo", a ajouté la ministre, alors que la 29e journée de Ligue 1, au programme le week-end prochain, sera soumise à la jauge des 1000 personnes annoncée dimanche soir par le ministre de la Santé Olivier Véran.

Ce sont les préfets qui auront le dernier mot pour tous les autres évènements sportifs, qui sont d'ores et déjà interdits dans l'Oise et le Haut-Rhin, deux zones "clusters" de l'épidémie.

Mais désormais, la possibilité d'imposer des tribunes vides pour les matches de football en L1, en L2 et même en National prend encore un peu plus de poids. Une réunion interministérielle est prévue lundi en début d'après-midi. 

Le rugby y voit lui aussi un peu plus clair. La dernière rencontre des Bleus dans le Tournoi des six nations prévue samedi au Stade de France face à l'Irlande faisait partie des événements dans le collimateur depuis dimanche soir. Le match a finalement été reporté lundi à la mi-journée, troisième match reporté depuis le début du Tournoi.

Inévitablement, tous les sports risquent d'être impactés par les dernières mesures gouvernementales.

Le Top 14 de rugby risque de se jouer avec des tribunes vides le week-end prochain, tout comme les matches de championnat de basket ou de handball, car tous sont concernés par l'abaissement de la jauge d'interdiction.
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