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VIDEO. Particules fines à Lille : l'heure de la mobilisation citoyenne

© MaxPPP
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Dans la Métropole lilloise on respire moins bien qu'en région parisienne. Les particules fines empoisonnent l'atmosphère et leur impact sur la santé est désormais connu. Mais la mobilisation citoyenne porte petit à petit ses fruits.

Par Gonzague Vandamme et de Jean-Marc Vasco

Dans la métropole lilloise, 1700 personnes meurent chaque année de la pollution de l'air; C'est près de 5 morts par jour et ça représente 14% des décès chaque année dans l'agglomération. 

"On dit aux victimes de pollution qu'elles doivent s'adapter. Il y a une forme d'injustice là-dedans qui me marque beaucoup..." résume Christopher Lienard. Avec différentes associations, ce militant écologiste multiplie les actions pour dénoncer ce scandale sanitaire.

Les 1700 morts chaque année. Ce bilan n'est pas issu d'une estimation d'associations militantes. C'est le résultat d'une étude d'un organisme d'État : Santé Publique France. Pour cette étude 20000 salariés ont été suivis pendant 20 ans.
 
Pollution de l'air à Lille
Un reportage de Gonzague Vandamme et de Jean-Marc Vasco


Et dans le Nord et le Pas-de-Calais, la pollution de l'air est pricipalement constituée de particules. Ce sont des poussières de moins de 10 micromètres, les plus grosses sont sept fois plus fines qu'un cheveu. Leur impact sur la santé est désormais scientifiquement prouvé.

"Ces particules, plus elles sont fines, plus elles peuvent aller loin dans les poumons, et donc passer dans le sang et circuler dans l'ensemble de l'organisme", résume Cécile Chenivesse, cheffe de service Pneumologie au CHU de Lille. Lors des pics de pollution, un afflux massif de particules peut déclencher des AVC ou des crises cardiaques.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un maximum de trois pics de pollution par an. En 2018, la métropole de Lille en a connu près de 60. À travers toute la région, des points de contrôle comme celui-ci traquent dans l'air ces particules même les plus fines.
 


"La particularité dans les Hauts-de-France, c'est qu'on retrouve des particules dans l'air toutes l'année. Dans les autres villes, c'est plus concentré", analyse Céline Derosiaux, qui travail à ATMO Hauts-de-France.

Dans la région, les particules sont produites à part égale par les moteurs, l'industrie, l'agriculture ou le chauffage, elles se propagent facilement grâce aux vents. C'est ATMO l'organisme qui collecte et analyse les données concernant la qualité de l'air. Grâce à ses analyses ATMO informe le public de la qualité de l'air. Sur le site internet de l'organisme il est également possible de constater en temps réel son exposition aux particules fines.

La population se mobilise


Depuis sept ans, Yves Leternay se déplace principalement à vélo. La pollution, il la ressent, et pas uniquement lors des pics. "En tant que cycliste, on les respire au quotidien et on sent vraiment la différence."

Alors, pour connaitre précisement son exposition aux particules, Yves utilise un capteur individuel qui mesure la pollution. "J'allume l'appareil et j'ai les résultats sur mon téléphone."

Avec d'autres membres de son association, Yves effectue régulièrement des relevés de pollution grâce à ce capteur fourni par l'université de Lille. Car face à l'ampleur de ce problème sanitaire, les scientifiques s'organisent. Il y a un an, des services de santé, des universités et écoles de la région ont créé un pôle de recherche spécifique. Parmi leur priorité, trouver des outils pour déterminer la composition de ces particules.

C'est désormais aux élus de prendre des mesures. 250 élus et experts se sont réunis pour envisager des mesures concrètes, comme par exemple la limitation des véhicules les plus polluants. Les premières mesures de ce plan devraient être votées en juin prochain pour la métropole lilloise, un premier pas car c'est toute la région qui est soumise à une pollution excessive.

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