Villeneuve-d'Ascq : une Nordiste de 26 ans remporte le prix des jeunes entrepreneurs de l'Adie

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Pourtant, rien ne prédestinait Jessy Mandilou à devenir entrepreneure.

Par Q.V avec AFP

Coupe afro et boucles d'oreille créoles, la Nordiste Jessy Mandilou est tout sourire : à 26 ans, elle a reçu jeudi le prix "jeunes" du concours d'entrepreneurs financés grâce à un microcrédit de l'Adie, l'Association pour le droit à l'initiative économique.
 


En 30 ans, l'association a financé 155.000 entreprises, avec un prêt moyen de 4.000 euros. Outre le prix "jeunes" qui est doté de 2.500 euros, Jessy Mandilou a obtenu un crédit de 2.106 euros exactement, pour lancer sa petite entreprise de "community management" et "web marketing". 

"C'est plein de mots anglais, désolée", s'excuse-t-elle devant le parterre de cols blancs venus assister à la remise des prix Créadie à la Banque de France.
 

Rien ne la prédestinait à construire des sites internet et à promouvoir la "réputation en ligne" de ses clients: ses parents, "qui ne comprennent rien à internet", rêvaient plutôt de la voir salariée, ou mieux encore fonctionnaire.

 

Interdit bancaire

C'est la maison de l'emploi de Villeneuve-d'Ascq où elle habite qui l'oriente vers l'Adie. "Je n'aurais jamais obtenu un prêt auprès d'une banque, j'étais 'interdit bancaire' pour un prêt étudiant que je n'arrivais pas à rembourser", explique-t-elle.

Grâce au prêt Adie et à 1.000 euros accordés par la Maison de l'emploi, elle achète du matériel et lance ses démarches de prospection. Surtout, elle est accompagnée par l'un des 1.400 bénévoles de l'Adie, qui l'aide "à dédramatiser". Parce que les débuts sont laborieux: beaucoup de démarches administratives, des réponses qui tardent, la carte bancaire qui n'arrive pas, bref, "des hauts et des bas".

"Je décolle vraiment depuis janvier, alors que j'espérais démarrer en août dernier", dit-elle. Le prix "jeunes" va lui permettre d'acheter un super ordinateur.

L'Adie a pour objectif de rendre l'entrepreunariat accessible à tous: 43% des 17.000 entrepreneurs financés en 2018 vivaient sous le seuil de pauvreté, un quart n'avaient pas de diplôme. 45% des porteurs de projets sont des femmes, contre 28% de l'ensemble des créateurs d'entreprises en France.
 

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