Des œuvres d'art monumentales s'installent sur les plages du littoral belge pour la 8éme édition de la Triennale Beaufort

La mer du Nord accueille cette année sur son littoral belge, la 8éme édition de la Triennale Beaufort. 18 œuvres aux proportions monumentales se sont installées dans plusieurs stations balnéaires, elles rejoignent celles des éditions précédentes pour former le plus grand parc d'œuvre d'art contemporain en plein air.

Depuis 2003, elles surgissent sur les plages, quelque part, le long des 67 kilomètres du littoral belge. De La Panne à Knokke, certaines font déjà partie du paysage d’autres viennent juste de s’y installer comme cette femme tenant dans ses mains un hareng. Avec ses 5 mètres de haut, elle est l’œuvre du sculpteur Flamand Johan Creten.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Creten Johan (@johan_creten)

Installée dans la zone des dunes de Coxyde, "The Harring" rappelle l’histoire de la côte belge occidentale qui durant des années a pu vivre grâce à la pêche aux harengs, si exceptionnelle dit la légende, que les poissons s’échouaient sur le sable, il n’y avait qu’à les ramasser. Une pêche vue comme inépuisable ce que nous rappelle cette œuvre en nous confrontant à la problématique de la durabilité des ressources et de l’écologie.

Même exploration pour Sara Bjarland, jeune artiste finlandaise travaillant à Amsterdam. Dans son œuvre, "Monobloc Moments", elle empile des chaises, 47, sculptées en bronze, mais imitant le plastique. 

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Sara Bjarland (@sbjarland)

"Avec cet empilement d'objet du quotidien qui symbolise les vacances, que l'on trouve dans le monde entier, je voulais parler de la production de masse. Parler de notre société du tout-jetable" explique Sara Bjarland. "et surtout rappeler que ces chaises en se dégradant forment des tas de petits bouts de plastique qui deviennent un grand problème de pollution."

À Coxyde encore, mais sur la digue, un clavier d'ordinateur géant, en béton et sans touche qui peut aussi faire penser à un immeuble désaffecté : "All the words in the world", une installation de Jorge Macchi.

La connexion, le fil rouge de cette 8 éme édition de la Triennale Beaufort comme nous l'explique Els Wuyts, commissaire de l'exposition : "À chaque Triennale, c'est un commissaire d'exposition différent, cette année c'est moi et je l'ai intitulée "‘Fabric of life’. Littéralement le tissu de la vie. Cette métaphore du tissu offre l'occasion de sonder certains aspects de la réalité actuelle, de réexaminer la fonction de l'espace public que nous partageons dans notre environnement immédiat et de le connecter à de nombreux autres mondes possibles, à des perspectives ou encore à des désirs" précise Els.

"Quelles sont les légendes, les histoires et les récits qui entourent les différentes stations balnéaires de la mer du Nord, qui y laissent encore des traces ? Cette année, je voulais même aller plus loin dans l'intérieur des villes, les ronds-points, les fontaines mais aussi dans l'intérieur des terres, dans les parcs, les Polders, toujours en travaillant avec les artistes, ce qu'ils nous disent, ce qu'ils devinent de ces espaces."

Installée à la frontière avec la France, près du canal Nieuwpoort-Duinkerke, reliant les Moeres à la côte, une "Capsule". Un assemblage de miroirs, de plus de 4 mètres de haut, comme un silo de stockage ou un bioréacteur. Œuvre de Maële Dufour, artiste belge, elle interroge le paysage, le progrès et son utilité dans la nature.

Des œuvres impressionnantes, mais à taille humaine comme une invitation à observer et partager ce qui nous rassemble comme dans le "Gazing Ball : Reflective Dialogues" du couple anglo-argentin, Lucy + Jorge Orta, installée dans le Normandpark à Middelkerke.

Une énorme boule d'acier inoxydable en verre miroir posée sur une sorte de "cage à poules", comme un lieu de rencontre avec quatre accès, ouverte, sans frontière et avec des bancs en pierre bleue venue des carrières belge. "C'est une sculpture architecture" explique Lucy "une œuvre sociale aussi qui créé des liens quand on s'y installe." "Oui, ce n'est pas une sculpture traditionnelle à regarder de loin" précise Jorge, "c'est solide, c'est fait pour les enfants et pour tout le monde."

"Attentifs ensemble", œuvre en bois et en acier du français Romain Weintzem. Installée sur la digue de Blankenberge, elle nous rappelle les formes nostalgiques et gracieuses de l'Art nouveau mais aussi plus rude, elle évoque la surveillance des uns envers les autres et la séparation par des cloisons de chaque personne assise sur ses sièges sans communiquer.

Il vous restera encore à découvrir le grand nœud dans le Burgemeester de Ghelderepark, du britannique Richard Deacon ou encore le mystérieux bunker "star of the sea" installé sous le sable de la plage de Zeebrugge d'Ivan Morison et la tour de guet de Jef Meyer sur la plage de Westende... Des artistes venus du monde entier qui explorent l'idée de connexion naturelle entre l'art et le littoral belge.

Pas d'inquiétude pour se déplacer, le tram du littoral, le plus long au monde, vous emmènera rapidement, tout le long de ce musée à ciel ouvert. Les plus courageux prendront le vélo, tout est accessible par les pistes cyclables.

Et si les 18 œuvres de cette année ne vous suffisent pas, profitez de celles des années précédentes. Gratuites, accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, elles sont 50 en tout ! C'est la force du vent de Beaufort 2024.