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Un réseau de passeurs à fort trafic de migrants démantelé entre Calais et Reims

Trois passeurs kurdes présumés, qui auraient convoyé 20 migrants par jour entre Calais et la Grande-Bretagne, via une aire d'autoroute près de Reims, ont été placés en détention provisoire et comparaîtront lundi devant le tribunal correctionnel de cette ville.
Des policiers effectuant des contrôles près de Calais (image d'illustration).
Des policiers effectuant des contrôles près de Calais (image d'illustration). © PHILIPPE HUGUEN / AFP
En janvier dernier, les gendarmes ont découvert sur une aire d'autoroute des migrants dans un camion, a relaté le procureur de Reims, Matthieu Bourrette. Ils y ont aussi ramassé un téléphone portable, et en ont exploité les données. L'enquête ouverte pour "aide au séjour irrégulier" a permis de conclure que des migrants étaient emmenés par des passeurs dans des camionnettes, depuis la "Jungle" de Calais jusque sur une aire d'autoroute de l'A26, près de Reims (Marne). Ils étaient ensuite transférés dans d'autres camions qui allaient en direction de la Grande-Bretagne.

20 personnes par jour pendant 5 mois

De quoi qualifier ce trafic de "système essuie-glace", avec "un grand patron" résidant probablement en Angleterre, selon le procureur. Dans le cadre de cette enquête, trois passeurs kurdes irakiens, âgés de 20 à 25 ans, ont été interpellés mercredi dans la "Jungle" de Calais - où vivent entre 6 900 et 10 000 migrants selon les sources - puis déférés à Reims pour "aide au séjour en bande organisée".

Ils ont été mis en examen, placés en détention provisoire et comparaîtront lundi après-midi, a affirmé M. Bourrette, précisant qu'un seul des trois avait reconnu les faits.  D'après ses déclarations, ils convoyaient 20 personnes par jour, ce qui, sur les cinq mois d'existence du trafic, pourrait représenter entre 1 500 et 2 000 migrants transportés. Le tarif exigé était compris entre 1 000 et 6 000 euros, en fonction du nombre de personnes à prendre pour le trajet. Le démantèlement de réseaux de passeurs intervient le plus souvent dans les Hauts-de-France. Depuis le début de l'année, plus de 500 trafiquants y ont été interpellés, et 29 filières démantelées, selon la préfecture du Nord. Mais le trafic s'est développé en amont, sur les aires de repos de l'A26.
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