L'arrêté autorisant l'abattage de 1700 renards dans l'Oise suspendu par le tribunal administratif d'Amiens

Le tribunal administratif d'Amiens a décidé de suspendre l'arrêté de la préfecture de l'Oise autorisant l'abattage de 1700 renards jusqu'au 28 février 2022. Il est donc désormais interdit de prélever les renards jusqu'à ce que le jugement soit rendu sur le fond.

C'est un soulagement, ou du moins un temps de répit, pour les associations de protection animale. Le tribunal administratif d'Amiens a décidé de suspendre l'arrêté du 13 septembre 2021 autorisant l'abattage de 1700 renards dans l'Oise afin de réguler l'espèce. Un "véritable massacre" pour les associations One Voice, ASPAS et AVES qui avaient déposé un recours devant le juge administratif lundi 4 octobre.

"Cette décision montre que les chasseurs n'ont pas tous les droits, réagit Muriel Arnal, présidente de l'association One Voice. Les renards ne vont pas envahir la planète. Ce sont des arguments fallacieux qu'ils avancent pour justifier leur loisir."

Pour justifier son arrêté, la préfecture expliquait qu'une régulation de l'espèce était nécessaire compte tenu de "l'évolution favorable des populations" dont les prélèvements n'ont pas pu être effectués durant le confinement. Elle indiquait également dans que 153 signalements portant sur 109 communes avaient été effectués entre 2020 et 2021, soit près de 40 000 euros de préjudice, dus aux dégâts causés par les renards. 

Un argument contredit par les associations : "c'est compliqué de prôner une régulation quand on ne connaît pas exactement leur nombre. D'autant qu'on ne sait pas si ces dommages leur sont attribués. Pour nous, c'est vraiment de l'extermination, tous les moyens sont bons pour les faire disparaître", nous confiait Jessica Lefèvre-Grave, porte-parole de l'association One Voice.

"Ils ont toute leur place dans la nature"

La préfecture justifiait également le besoin de régulation par une raison sanitaire. Elle permettrait ainsi de réduire la diffusion de la maladie de Lyme, l'échinococcose alvéolaire, la néosporose, la leptospirose et la gale. Pour One Voice, c'est "une parfaite compilation des arguments aussi habituels qu’aberrants" d'autant que cela ne correspond qu'à très peu de cas. "Ils veulent jeter la psychose sur les maladies. Il y a 15 cas en France chaque année d'échinococcose alvéolaire et ça se soigne. On a plus de risques de l'attraper en se faisait lécher la figure par son chien s'il n'est pas vacciné", nous confiait Marc Giraud, membre de l'ASPAS en août dernier. À ce moment-là, la préfecture prônait l'abattage de 3000 renards sur 15 circonscriptions, avant de réduire ses préconisations de moitié.

En attendant le jugement rendu sur le fond, la suspension de cet arrêté est déjà une victoire pour les associations de protection animale. "Au-delà de leur "utilité" au sein des écosystèmes et de la biodiversité, ce sont des animaux extraordinaires qui ont toute leur place dans la nature et méritent d’être protégés pour eux-mêmes", défend One Voice.

Ce n'est pas la première fois que le juge va dans le sens des associations de protection animale. En mai dernier, le tribunal administratif d’Amiens avait annulé deux arrêtés préfectoraux qui permettaient "la destruction par tir de nuit" de 1600 renards. "On essaye d'attaquer tous les arrêtés qui essayent de faire disparaître les animaux, on a la population avec nous, les tribunaux voient de plus en plus le fondement des arguments qui sont avancés par les préfectures, sous la pression des chasseurs. Et ça ne passe plus", affirme Muriel Arnal.

Au niveau national, une pétition mise en ligne par l'association ainsi qu'Anymal et ASPAS rassemble à ce jour 477 000 signatures afin que le renard soit retiré de la liste des "espèces susceptibles d’occasionner des dégâts."

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