Accident de manège mortel au Parc Saint-Paul : le passé trouble du Coaster Formule 1

L'accident qui a coûté la vie, samedi 4 juillet, à une jeune mère de famille au Parc Saint-Paul dans l'Oise pose la question de la sécurité des manèges. Depuis 2009, ils sont pourtant régulièrement contrôlés par des organismes agréés. 

Le Coaster Formule 1 du Parc Saint-Paul, à l'arrêt depuis le 4 juillet, le temps de l'enquête
Le Coaster Formule 1 du Parc Saint-Paul, à l'arrêt depuis le 4 juillet, le temps de l'enquête © Nagib Ben Ghezala / FTV
Le 4 juillet dernier, Elodie, 32 ans, une jeune femme originaire de Normandie, est morte au Parc Saint-Paul dans l'Oise en tombant du Coaster Formule 1, un manège de type "montagnes russes". C'est le quatrième accident en 15 ans dans ce parc, et le troisième sur ce même manège, qui a déjà fait 2 morts et 11 blessés depuis 2005.

Un manège acheté en Russie

"Douceur et adrénaline" : c'est ainsi que la Pax Company décrit le Coaster Formule 1, fabriqué dans son usine près de Moscou. L'entreprise est spécialisée dans la construction de manèges à très fortes sensations. Et affirme, sur son site internet, "répondre à la fois aux normes russes et européennes". Elle n'a mis en service que deux manèges de ce type : l'un se trouve à Moscou, l'autre au Parc Saint-Paul. Toujours selon le site internet de la Pax Company, elle aurait livré quatre manèges au Parc Saint-Paul entre avril 2000 et juin 2005.

Ce Coaster Formule 1, plusieurs visiteurs qui l'ont essayé au Parc Saint-Paul s'en plaignent, comme on peut le lire sur les réseaux sociaux. Lydia, par exemple : "Faut arrêter ce manège, il est très dangereux. On se soulève dedans car les barrières de sécurité ne bloquent pas bien. Une année j'ai cru que mon beau-père allait sortir du manège, et une de mes belles-filles a eu comme un coup du lapin." Ou alors Corinne : "Pas de ceinture de maintien des épaules, une barre uniquement, pas assez pour un manège à sensation."

Des contrôles rigoureux depuis 2009

Les manèges sont pourtant régulièrement contrôlés. Une obligation légale depuis 2009, suite à un accident mortel à la Fête des Loges de Saint-Germain-en-Laye. La réglementation distingue trois catégories de manèges. Le Coaster Formule 1, de type "montagnes russes" appartient à la troisième, la plus étroitement surveillée : un contrôle obligatoire chaque année, par un organisme agréé.
 
La société privée qui contrôle la quarantaine d'attractions du Parc Saint-Paul est la Socotec, basée à Lille. Injoignable, à ce jour, pour répondre à nos questions. Selon Gilles Campion, le directeur du parc, elle avait renouvelé son feu vert au Coaster Formule 1 en novembre dernier.

En revanche, le SNELAC, le syndicat professionnel national des parcs d'attractions, est plus loquace. Son président, Arnaud Bennet, par ailleurs président du Pal, dans l'Allier, assure que les contrôles réalisés par les équipes techniques des parcs sont extrêmement rigoureux : "La sécurité est notre priorité absolue. Nous y consacrons de gros moyens. Aujourd'hui, la technologie vient même en renfort : lasers, ultrasons, radioscopie sont capables de détecter des micro-fissures, ou une fatigue du métal à l'intérieur de la structure".

Selon lui, il incombe aussi au personnel du parc de vérifier que les passagers sont correctement attachés et en sécurité, avant la mise en route de chaque manège.

Gilles Campion exclu du syndicat des parcs d'attractions

Ce même SNELAC avait auditionné en 2005 Gilles Campion, le directeur du Parc Saint-Paul, suite au tout premier accident survenu sur le Coaster Formule 1. C'était quelques jours seulement après sa mise en service : une rupture du système de freinage avait entraîné la collision de 2 wagons, faisant 11 blessés. Suite à cette audition, Gilles Campion avait été radié du syndicat : "Il ne nous avait pas rassurés sur ses capacités à assurer la sécurité dans son parc", explique Arnaud Bennet.

Aujourd'hui, Gilles Campion affirme vouloir détruire le Coaster Formule 1 : "Ce manège nous porte la poisse. Il ne faut plus qu'il tourne. Nous le détruirons une fois l'enquête terminée". Mais Arnaud Bennet, le président du SNELAC, craint que ce nouvel accident au Parc Saint-Paul ne jette le doute sur toute une profession. Selon lui, fréquenter un parc d'attraction reste une activité familiale et sécurisante.


La fréquentation des manèges dans les parcs d'attractions en France est évaluée à plus de 100 millions de passagers transportés chaque année.

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