Dans l'Oise, le Nord et le Pas-de-Calais, nouvelle semaine de mobilisation des agriculteurs

Alors que les négociations avec les grandes surfaces se poursuivent jusqu’au 1er mars, les Jeunes Agriculteurs de l’Oise, du Nord et du Pas-de-Calais maintiennent la pression en déversant du fumier devant les grandes et moyennes surfaces.

Dès 4h50 ce lundi 22 février, les JA de l'Oise ont déversé de la paille et déposé des pneus devant Auchan à Formerie.
Dès 4h50 ce lundi 22 février, les JA de l'Oise ont déversé de la paille et déposé des pneus devant Auchan à Formerie. © Gontran Giraudeau

Nouvelle action lundi 22 février à Formerie, dans l'Oise, entre 4h50 et 6h. Les Jeunes Agriculteurs de l'Oise ont déposé des pneus et de la paille devant les portes des grandes surfaces d'Aldi et d'Auchan ainsi que devant les abattoirs Bigard, rue Gaillefontaine.

Ils demandent toujours aux distributeurs une juste rémunération, alors que les négociations se poursuivent avec les grandes surfaces jusqu'au 1er mars.

"On ne veut plus être dans la négociation, on veut taper fort !", alerte la présidente des Jeunes Agriculteur de l'Oise, Gwenaelle Desrumaux. 

Samedi 20 février 2021, les agriculteurs ont déversé du fumier devant l'entrée du Leclerc à Crèvecoeur-le-grand dans l'Oise
Samedi 20 février 2021, les agriculteurs ont déversé du fumier devant l'entrée du Leclerc à Crèvecoeur-le-grand dans l'Oise © Jeunes Agriculteurs de l'Oise

Après avoir déversé du fumier devant trois supermarchés de Beauvais dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19, les agriculteurs ont renouvelé l'opération samedi 20 février, cette fois devant le Leclerc de Crèvecoeur-le-Grand, mais également devant Intermarché et Aldi à Grandvilliers. 

"Une loi que les agriculteurs n'attendaient plus"

En 2018, la loi Egalim "pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine" est promulguée. "Une loi que les agriculteurs n'attendaient plus", nous confie Gwenaelle Desrumaux. Cette loi permet de garantir au producteur une rémunération juste en prenant notamment en compte les coûts de production. Or, selon les agriculteurs, les distributeurs ne respecteraient pas leurs engagements.

"Les négociations commerciales se font entre industriels et distributeurs qui cherchent simplement à faire une baisse de prix. Le producteur devrait être payé en fonction du coût de revient, mais ils ne veulent pas le prendre en compte, dénonce la présidente des Jeunes Agriculteur de l'Oise. Il faut aussi qu'ils arrêtent de jouer sur le fait qu'ils travaillent avec des producteurs locaux alors qu'il n'existe que deux références dans le magasin, à côté des poulets qui viennent du Brésil et des tomates produites en Pologne."

Une situation difficilement acceptable pour les agriculteurs dont certains ne peuvent même plus générer de salaire. "Même au sein de l'Europe, il y a des différences. Il faut que tout le monde joue le jeu et il faut surtout que l'État veille à ce que cette loi soit appliquée et prenne des sanctions rudes", souligne Gwenaelle Desrumaux.

Au niveau départemental, les Jeunes Agriculteur de l'Oise réclament une table ronde afin de pouvoir discuter entre syndicats, distributeurs et industriels. "On est prêt à engager des partenariats, mais plus au profit des distributeurs", annonce-t-elle.

Dans le Nord et le Pas-de-Calais aussi, les Jeunes Agriculteurs se sont mobilisés tout au long de la semaine dernière. Du fumier a été déversé devant différentes grandes et moyennes surfaces, comme à Villeneuve d’Ascq, à Frétin, ou encore dans le Valenciennois.

"On veut de la transparence sur leurs chiffres"

Le président des Jeunes Agriculteurs du Nord et du Pas-de-Calais pointe du doigt une disparité entre les prix proposés par les grandes surfaces. "Carrefour et Auchan me proposent un prix de 40 à 50 centimes le chou quand mon coût de production est de 54 centimes. Tandis que Lidl et Aldi peuvent m’en offrir 80 centimes." Preuve selon lui, qu’il existe une marge de manœuvre pour ces surfaces. "On n'est pas là pour casser ou pour dégrader mais on vient passer un message. On veut de la transparence sur leurs chiffres, que ces groupes nous expliquent comment ils peuvent nous payer 45 centimes et proposer un chou à 2 euros en magasin", s’interroge Fabien Housez, qui vient de commencer la conversion de sa production vers le bio. "Si on nous paye pas au minimum au prix de notre production, comment peut-on financer notre conversion dans le bio et sans perspective de revenu acceptable, comment peut-on inciter les jeunes à devenir agriculteurs ?"

Les négociations commencées fin janvier arrivent à leur terme : "On n’est pas là pour faire la guerre aux grandes et moyennes surfaces, car ce sont eux qui vendent nos productions dans les magasins", rappelle le président des Jeunes Agriculteurs. Mais comme les autres, il reste dans l’attente et espère qu’un accord puisse être trouvé d’ici le 2 mars, sinon "on y retournera", prévient-il.

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