La maire de Beauvais Caroline Cayeux quitte Les Républicains

Caroline Cayeux en compagnie du maire de Troyes et président de l'Association des maires de France François Baroin, le 6 septembre 2017 lors de la conférence de presse du Bloc communal. / © Vincent Isore/MaxPPP
Caroline Cayeux en compagnie du maire de Troyes et président de l'Association des maires de France François Baroin, le 6 septembre 2017 lors de la conférence de presse du Bloc communal. / © Vincent Isore/MaxPPP

Caroline Cayeux, maire de Beauvais depuis 16 ans, ne renouvelle son adhésion au parti Les Républicains. Soutien de François Fillon lors de la présidentielle, elle se dit en désaccord avec Laurent Wauquiez. Elle compte briguer un 4e mandat de maire sous l'étiquette divers droite en 2020.

Par Valentin Pasquier

D'ordinaire volubile sur les réseaux sociaux - elle faisait partie du top 3 des maires les plus connectés en 2014 - Caroline Cayeux se fait aujourd'hui discrète. Alors que débute la rentrée politique, sans faire de vagues, la maire de Beauvais et ancienne sénatrice de l'Oise n'a pas renouvelé son adhésion au parti Les Républicains. Ce n'est pas un oubli : l'élue isarienne souhaite prendre ses distances avec la politique partisane.

Caroline Cayeux justifie son choix en affirmant vouloir se concentrer sur Beauvais. La décision pourrait aussi avoir été motivée par la ligne politique conduite par Laurent Wauquiez depuis son arrivée à la tête des Républicains, en décembre 2018. "Je ne partage pas sa façon de voir les choses," confie simplement Caroline Cayeux au Parisien à propos du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

La Ville de Beauvais reste donc la seule priorité pour celle qui a renoncé pour cela à son poste au Sénat. En 2020, elle compte briguer un quatrième mandat, mais sous l'étiquette divers droite. Libre de tout parti, elle se verrait bien former une liste composée de différentes influences politiques. Elle ne s'interdit pas de l'ouvrir à des membres de La République en marche... qu'elle avait tout de même comparé à la secte des Raéliens lors de la précédente campagne présidentielle.

Une figure de la droite dans l'Oise

Caroline Cayeux entretenait une longue histoire avec le parti et ses ancêtres, le RPR et l'UMP. Chargée de mission, de 1969 à 1973, au cabinet du gaulliste Yvon Bourges, secrétaire d'État aux Affaires étrangères sous De Gaulle et Pompidou puis ministre de la Défense sous Giscard d'Estaing, elle accède aux responsabilités politiques au sein du RPR au début des années 1980. Encartée en 1981, élue pour la première sous ces couleurs en 1983 et devient conseillère municipale à Blincourt (Oise), commune où elle réside toujours, puis dans la commune voisine de Choisy-la-Victoire.

Ancienne secrétaire de la 7e circonscription de l'Oise, elle coordonne alors les campagnes électorales pour le parti de droite dans le département à partir de 1984. Approchée par Philippe Séguin, elle est nommée secrétaire départementale du RPR et est élue maire de Beauvais trois ans plus tard. Elle rempile successivement en 2008 puis en 2014.


Soutien indéfectible de François Fillon

Passionnée par l'agriculture - métier de son mari - et la chasse, Caroline Cayeux est une proche de François Fillon, en qui elle voit la représentation du "gaullisme social [qu'elle a] connu avec Philippe Séguin". C'est de lui, alors ministre de l'Éducation, qu'elle reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur en 2005.
 


La maire de Beauvais est la porte-parole de l'ancien Premier ministre en 2012 lors de la campagne pour la présidence de l'UMP, puis son ambassadrice pour les primaires du parti en 2016 en vue de désigner le candidat à la présidentielle. Elle fut aussi l'une des principales animatrices de Force républicaine, association créée par François Fillon en 2001, lors de la renaissance de cette dernière en 2013.

 

À la tête de l'association "Beauvais pour tous", sa machine de guerre électorale, Carole Cayeux se targue d'avoir "fait du Macron avant l'heure" en travaillant avec des collaborateurs issus de différents clivages politiques. Plusieurs élus de sa majorité municipale s'étaient en effet déclarés en faveur de la candidature d'Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017.



 

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