De Compiègne à Abbeville, une commémoration du 11 novembre sous le signe de la transmission : "la jeunesse doit s'imprégner de cette histoire pour pouvoir construire l'avenir"

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Écrit par Romane Idres
À Compiègne, 200 élèves ont participé à la cérémonie de commémoration du 11 novembre.
À Compiègne, 200 élèves ont participé à la cérémonie de commémoration du 11 novembre. © FTV

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer était à la clairière de l'Armistice à Compiègne pour les commémorations du 11-Novembre, avec 200 élèves de primaire. Dans le même temps à Abbeville, des jeunes se préparant à entrer dans l'armée étaient mis à l'honneur. Une journée de mémoire, mais aussi de transmission.

"Je suis venu pour voir le défilé et aussi pour honorer les soldats morts pour la France. La guerre, c'est mal." La candeur de ces mots d'enfants était au centre des commémorations du 11 novembre à la clairière de l'Armistice de Compiègne cette année. 200 élèves de primaire y étaient pour assister au défilé, tenir les flambeaux et lire des textes sur la Grande Guerre.

Une journée autour de la transmission

Pour Laurence Liénard, directrice d'école à Compiègne, c'est l'endroit idéal pour travailler sur le devoir de mémoire. "J'emmène tous les ans mes CM2 ici, c'est important de garder des traces du passé. On doit avancer dans l'idée de sauvegarder la paix. (...) Ils sont très intéressés, ils posent beaucoup de questions, ça les marque énormément." Une curiosité qui permet aux enseignants de travailler tout au long de l'année sur ces questions, qui dépasse le simple intérêt historique.

Cette année, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer était d'ailleurs présent - premier membre du gouvernement à se rendre à la clairière depuis le centenaire de 2018. À nos journalistes présents sur place, il a assuré que les programmes d'histoire avaient été approfondis depuis son arrivée au ministère. "C'est important que les élèves se rendent compte qu'il y a des valeurs qui valent la peine de donner sa vie. Le devoir de mémoire, ça n'a rien de désuet ou de fermé, c'est quelque chose de très vivant qui doit faire prendre conscience de ce dont on hérite, et ce qu'on doit transmettre", a-t-il ajouté.

Encourager l'engagement des jeunes

Dans le même temps à Abbeville, la jeunesse aussi était au centre des cérémonies. Aux côtés des militaires et des officiels, des dizaines de jeunes qui se préparent à entrer dans la gendarmerie, la Marine nationale ou à devenir sapeurs-pompiers ont défilé sur la place Max Lejeune.

Une première impressionnante et émouvante pour ces adolescents âgés de 16 à 17 ans. "Je ressens plein de choses après avoir participé à ça, je trouve ça super !, confie Louna Chagnaud, qui se prépare à entrer dans la Marine nationale. J'ai adoré marcher, j'ai adoré la musique, et quand les enfants ont parlé, c'était formidable."

Dans leur formation pour entrer dans les corps armés, le devoir de mémoire tient une place importante. "On fait faire aux jeunes ce travail de mémoire et d'histoire, donc aujourd'hui, c'est l'occasion de mettre en application ce travail, explique Jean-Yves Cannesson, président de l'association des cadets de la gendarmerie nationale de la Somme. D'autant plus qu'ici à Abbeville ils ont la chance de défiler dans les rues de la ville, c'est une grande fierté pour eux et pour leurs familles."

Préparer l'avenir

C'est une volonté de la municipalité de les mettre à l'honneur. "Toute cette jeunesse rassemblée, c'est vraiment un moment très fort pour nous chaque année, assure le maire UDI de la ville Pascal Demarthe. Le devoir de mémoire, c'est bien sûr savoir transmettre l'histoire des conflits qui ont émaillé le XXème siècle et qui ont été très meurtriers, et la population, et la jeunesse en particulier doit s'imprégner de cette histoire pour construire l'avenir." 

Tout au long de l'année, des actions sont menées dans les établissement scolaires sur le sujet de la transmission de la mémoire. Un travail de longue haleine qui semble porter ses fruits. "On sait que les associations d'anciens combattants vieillissent, et je constate qu'on suscite de nouvelles vocations, comme porte-drapeaux par exemple, avec des jeunes qui n'hésitent pas à se rendre disponibles pour porter le drapeau des anciens combattants."

Avec le temps, les anciens combattants disparaissent, et le travail de mémoire évolue avec les générations. Mais cette journée l'a prouvé : la relève est assurée.

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