Contraints de contenir un incendie dans l'Oise, comment les agriculteurs font face aux feux qui ravagent leurs champs : "pendant la moisson, le risque zéro n’existe pas"

En période de fortes chaleurs, de nombreux agriculteurs de l’Oise se mobilisent pour limiter les multiples départs de feux dans les champs de culture. Marqués par le difficile été 2019, ils ont développé des techniques avec les pompiers et investi dans du matériel pour stopper les incendies au plus vite.

"Vas-y ! Ça va le faire. On va le freiner… Ne t’inquiète pas", rassure l’un des agriculteurs à bord d’un tracteur tentant de stopper la propagation d’un important départ de feu, au milieu d’un champ de céréales. La scène, se déroulant mardi 19 juillet au Hamel, dans l’Oise, a été filmée et vue plus de 80 000 fois sur les réseaux sociaux.

"J’ai été prévenu par SMS de ce départ de feu. Lorsque je suis arrivé sur place, une vingtaine d’hectares avaient déjà brûlé", raconte Régis Desrumaux, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Oise.

20 tracteurs en 20 minutes

Accompagné d’un agriculteur voisin, Julien Verschure, ils ont labouré la terre "au plus près du feu" à l’aide d’une charrue afin d’enfouir les plantes sèches, extrêmement inflammables. Une technique pour retarder le feu jusqu’à l’arrivée des pompiers.

Comme lui, cet après-midi-là, une vingtaine d’agriculteurs du département ont répondu présent. "Vingt minutes après l’appel lancé, vingt tracteurs équipés de tonnes à eau, de charrues et de déchaumeurs [un outil agricole conçu pour l’enfouissement des chaumes, NDLR], sont venus jusqu’au Hamel pour nous aider", se souvient Régis Desrumaux. "Les agriculteurs de l’Oise ont fait preuve d’une belle solidarité."

Des moissons "le matin ou le soir"

Depuis le début de l’été, dans l’Oise, plus de 300 hectares, principalement de la culture, sont partis en fumée. La raison : des feux de champs pour la plupart, déclenchés pendant le moissonnage. Pendant les fortes chaleurs, une étincelle peut provoquer d’importants incendies.

C’est pourquoi, mardi 19 juillet, la préfecture de l’Oise a limité les travaux agricoles "aux seules personnes disposant de moyens de lutte contre l’incendie, à savoir une tonne à eau et une déchaumeuse", et recommandant aux agriculteurs de "privilégier les moissons le matin ou le soir".

Une règlementation à laquelle se plie la plupart des agriculteurs, toutefois obligés de faire les récoltes en période sèche : "Pendant la moisson, le risque zéro n’existe pas. Mais avec le réchauffement climatique, il va falloir s’adapter."

Géolocaliser les départs de feux

Mais tous ont en souvenir le douloureux été 2019. Plus de 1 500 hectares avaient brûlé. Un agriculteur y avait perdu la vie. Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, les agriculteurs se sont équipés. "Il y a un avant et un après 2019. Les incendies de cet été-là ont été un électrochoc pour les agriculteurs du département", explique Régis Desrumaux.

"La difficulté est de localiser les incendies. Or, perdre une minute pourrait être dramatique". Ils ont alors développé une application pour smartphone, Prévention incendie, qui permet d’envoyer aux sapeurs-pompiers les coordonnées précises du départ de feu.

À cet outil numérique s’ajoute des moyens techniques, comme les motopompes avec des tuyaux de 15 mètres branchés sur des cuves à eau et subventionnés à hauteur de 80% par le département. "Pour l’instant, 180 agriculteurs de l’Oise en sont équipés. J’aimerais qu’ils le soient tous", soutient Régis Desrumaux. "On a déjà prouvé que ça marchait. On va encore s’améliorer."

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