Bons pour la santé, économiques et écologiques : apprendre à fabriquer ses cosmétiques maison, c'est facile

Fabriquer ses propres cosmétiques, une activité réservée aux bobos ? C'est tout l'inverse selon cette association isarienne qui démontre, atelier à l'appui, tous les bienfaits de cette pratique à la fois pour l'environnement, le portefeuille, et surtout, pour la santé.

Balance, bols, fouets, plaques de cuisson, huile, miel… Cela ressemble aux outils et ingrédients nécessaires à un banal atelier cuisine. Pourtant, celui auquel participent des habitants de Creil samedi 18 mai 2024 est un peu différent. Ils sont ici pour apprendre à fabriquer leurs propres cosmétiques. 

16 produits cosmétiques par jour

L'opération a lieu dans le cadre du dispositif "la tribu du tri", qui réunit, de janvier à juin, 19 familles du territoire volontaires et désireuses d'apprendre à mieux trier et à consommer de façon responsable. Organisé par le Centre permanent d'initiatives pour l'environnement (CPIE) du Pays de l'Oise, l'atelier vise à sensibiliser la population aux dangers des cosmétiques du commerce et à prouver qu'il est facile et rapide de fabriquer ses propres produits. 

Une femme utilise en moyenne seize produits cosmétiques par jour, et un bébé six produits, selon une étude de l'Université de Bretagne Occidentale datée de 2018. Les produits conventionnels contiennent pour la plupart de nombreux composants chimiques aux effets nocifs pour la santé : cancérigènes, perturbateurs endocriniens, allergènes… Les cosmétiques que nous utilisons sont aussi suremballés et à usage unique, faisant déborder nos poubelles. 

"Les gens se mettent en danger avec des effets à long terme"

"Il faut vraiment se méfier. Même s'ils mettent 'hypoallergénique' ou 'testé sous contrôle dermatologique', ça ne veut rien dire", prévient Sarah Bonnenfant, chargée de mission environnement pour le CPIE des Pays de l'Oise, en introduction de l'atelier. La jeune femme apprend aux participants à lire les étiquettes, identifier les labels et à ne pas se faire avoir par les promesses des publicités. 

Sur la cosmétique, on a tendance à se faire avoir par le marketing.

Sarah Bonnenfant, chargée de mission environnement pour le CPIE des Pays de l'Oise

"Les commerciaux ont compris qu'on cherchait des produits naturels donc ils mettent en place des allégations. Et nous, on fait confiance, alors qu'ils ne nous disent pas tout. Les gens tombent dans le panneau et se mettent en danger avec des effets à long terme", déplore Sarah Bonnenfant. 

Si la chargée de mission estime que les populations sont de plus en plus sensibilisées à cette problématique, notamment grâce aux relais locaux, elle alerte contre la désinformation. "Plein de fausses informations circulent, via des gens qui pensent s'y connaître, mais qui font des erreurs. Sauf que ce sont parfois des personnes qui sont très suivies sur les réseaux et qui véhiculent des messages qui ne sont pas les bons.

"On est sûrs des produits qu'on utilise"

"Dans votre démarche de réduction des déchets, la cosmétique solide, c'est l'idéal", conclut-elle. Mais ce qui est encore mieux, c'est de fabriquer soi-même ses produits. En quelques minutes seulement, et grâce à quelques ingrédients naturels, sans aucun produit chimique, il est possible de fabriquer son propre baume à lèvres, dentifrice ou déodorant.

La dizaine de participants du jour découvre donc comment passer de la théorie à la pratique. Debout devant leur plan de travail, chacun suit une recette simple, pèse ses ingrédients, les mélange, les fait cuire, avant de les verser dans des pots en verre.

"Comme ça on est sûrs des produits qu'on utilise et qu'on met dedans, des bons produits naturels et bons pour la santé. Pour moi, c'est l'aspect le plus important", observe une participante qui fabrique de la crème hydratante à partir d'huile de chanvre. À ses côtés, un adolescent concocte un baume à lèvres à partir de beurre de cacao, de cire d'abeille et de miel. 

"Pas une problématique de bobo écolo"

Les recettes de Sarah Bonnenfant sont réalisables en cinq à dix minutes maximum afin de s'adapter aux emplois du temps les plus chargés. Pour elle, concevoir ses propres cosmétiques "n'est pas une problématique de bobo écolo". 

J'interviens beaucoup avec des personnes en situation de très grande précarité qui ont de tout petits revenus et pour qui acheter des cosmétiques ou des produits ménagers est compliqué parce que ça coûte très cher.

Sarah Bonnenfant, chargée de mission environnement pour le CPIE des Pays de l'Oise

Ses recettes sont plutôt "hyper économiques". Comptez un euro de composants pour fabriquer un baume à lèvres contre 4 à 10 euros pour un équivalent bio dans le commerce. La même économie est observable pour les produits ménagers. "Un bidon de lessive coûte autour de 11 euros aujourd'hui. Moi, pour un mois et demi de lessive, je vais en avoir pour deux ou trois euros. Donc ça doit encore plus intéresser les petits revenus", appuie Sarah Bonnenfant.    

De quoi amener les participants à réfléchir à deux fois avant de racheter leur gel douche préféré en grande surface. Les Picards jettent en moyenne plus de 340 kg de déchets par an et par personne. À la fin de l’atelier, chaque participant est reparti avec un composteur pour valoriser ses déchets organiques.

Avec Gabin Cransac / FTV

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